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Brut'halles


Nos lecteurs, sans doute titillés par les images de synthèse de la Canopée publiées par le Delanopolis, essaient de donner des représentations plus proches de la massive réalité de ce bubon que les perspectives lointaines ou biaisées fournies par la mairie.



Brut'halles
Jean Pierre Martin, un riverain, membre du comité de concertation et du conseil de quartier des Halles et président du conseil syndical des 5 et 7 rue des Innocents, nous a envoyé un long texte, dont nous publions de larges extraits, contenant deux photomontages encore imparfaits mais qui ont le mérite de traduire ce que donnera réellement un volume de 14 mètres de haut sur 100 de large à cet endroit de Paris.


Brut'halles
"Le projet de Berger / Anziutti : une méduse urticante échouée sur un hangar de commerces supplémentaires qui fait disparaître un quart du jardin.

Par son emprise commerciale dite culturelle, ce projet ne correspond pas aux souhaits clairement exprimés des riverains et des usagers ni aux besoins du quartier. Plus du quart du jardin est purement et simplement balayé par l’installation d’un échafaudage de verrières supprimant les perspectives sur l’église Saint-Eustache et la Bourse du commerce. Quant à la rue Berger, elle n’est plus une promenade en bordure du jardin mais devient une rue bordée par un bâtiment de 14 mètres de hauteur (initialement prévu à 9 mètres). Un toit « aussi beau soit-il » ne pourrait être agréable que vu du ciel, or nous ne ferons que contourner des vitrines.

Le jardin, annexé par le centre commercial, devient un espace d’animation. Il est isolé du quartier. La place René Cassin est actuellement une voirie. Sa destruction future pour rajouter quelques mètres supplémentaires au jardin est un faux-semblant puisque l’espace gagné sera mangé par le ramblas, boulevard piéton de 11 mètres de large. De plus, deux autres allées sont prévues dans l’axe est-ouest. Elles réduiront là aussi un espace important et ces voiries seront considérées comme un jardin.

En fait, les projets Berger / Mangin font du jardin un lieu d’animation annexé au centre commercial UNIBAIL, séparé du quartier par une plinthe au sud et un talus devant Saint-Eustache (quelle hauteur 5, 10 mètres… ?), isolant les commerces du quartier de la clientèle du centre commercial.

Il parait évident que la politique d’UNIBAIL est de favoriser les grandes marques et d’éliminer les commerces indépendants. Dans les plans, nous ne voyons plus apparaître les commerces de surface actuels qui pour la plupart ne sont pas affiliés à de grandes chaînes. Ceux-là ne verront pas leurs baux renouvelés.

Rien ne justifie le nivellement du jardin et la création d’une plate pelouse compartimentée à la demande. La suppression des treillages, du jardin Lalanne, des serres tropicales, des locaux des jardiniers et la couverture des sorties Louvre et Saint-Eustache sont des travaux pharaoniques totalement injustifiés et vraiment très coûteux pour les contribuables. Des coûts justifiés par l’arbitraire et le désir fou de Mr CONTASSOT qui a voulu marquer son zélé passage comme adjoint au maire chargé de la propreté ( ?) et des jardins, et qui a laissé le jardin depuis années sans entretien pour justifier sa destruction.

Les travaux devraient paraît-il commencer prochainement alors qu’après cinq ans d’étude, nous ne savons toujours pas comment serait réalisé ce jardin. Aucun plan définitif ne nous a été communiqué. Si Monsieur MANGIN est aussi inspiré qu’il le fut pour son jardin du bld Richard Lenoir, nous pouvons craindre le pire.

A-t-il le droit de massacrer le travail des architectes de l’ancien et du nouveau forum et de supprimer les pergolas végétales de Lalanne ... Le mépris et le dénigrement de Monsieur MANGIN pour ces architectes qui avait construit des pavillons éphémères, n’est pas acceptable, lui qui n’a jamais prouvé son professionnalisme.

Mr. François-Xavier LALANNE vient de disparaître et nous nous devons de sauver son œuvre artistique et respecter son jardin de treillages ainsi que le jardin des éléphants de Mme Claude LALANNE. Ces ouvrages mériteraient leur classement et devraient être correctement entretenus.

Parlons de l’hypocrisie qui annonce des surfaces dites culturelles alors qu’il s’agit en réalité d’espaces commerciaux : espace bien être 2000 m2, café du XXI ème siècle 2000 m2, espaces jeunes créateurs 500 m2, village des saveurs 500 m2, café littéraire 400 m2, billetterie spectacles de150 m2 etc, ...

La raison majeure de la réhabilitation du quartier des Halles était de régler les problèmes de sécurité dans les espaces du RER, du Métro ainsi que dans le centre commercial (suite aux craintes d’attentats). Or, on nous propose de densifier les commerces et de doubler la fréquentation de ce quartier qui est pourtant à sa complète saturation notamment le samedi Si un incident grave devait se produire, il est évident que même en surface la sécurité serait loin d’être assurée.

Monsieur Mangin, grand coordinateur, indiquait dans son projet initial vouloir disperser les usagers des transports en commun dans le centre commercial. Il le dit et il le fait en supprimant l’escalator direct dit « Tube Pierre Lescot », alors que plus de la moitié des usagers l’empruntent (voir enquête IPSOS). Au lieu de le supprimer, ne vaudrait-il pas mieux rééquilibrer son trafic en envisageant de créer d’autres « tubes » alors que nous savons que les flux seront en augmentation. du fait de l’attractivité renforcée du centre commercial.

Brut'halles
Les voiries souterraines sont en grande partie fermées pour la construction d’un espace supermarché contrairement aux promesses de Monsieur Caffet :
- Suppression de la sortie rue des Halles pour permettre le développement de la surface commerciale.
- Suppression de la voirie souterraine Louvre pour aménager des ateliers pour les jardiniers en sous sol et un local de 400 m2 en rez de jardin (aucune description du futur projet). Pourquoi détruire les locaux actuels qui sont insérés dans une butte de jardins fleuris et pourquoi raser les serres tropicales ?
- Suppression rue Coquillière de la voirie souterraine pour implanter une déchetterie. En dehors des risques toxiques, cela amène à introduire des camions au centre de la capitale !

Ces suppressions des voiries souterraines vont reporter en surface la circulation de transit et augmenter ainsi sérieusement les embouteillages et la pollution. Aucune étude n’a été entreprise sérieusement sur la continuité de la zone piétonne entre les Halles et Beaubourg. Un passage souterrain pour les voitures boulevard de Sébastopol aurait été judicieux.

Aucune réflexion, aucune étude d’urbanisme pour l’aménagement de l’ensemble du quartier n’a été faite. Rien n’a été prévu pour les adolescents qui constituent pourtant l’essentiel de la fréquentation mais intéressent peu UNIBAIL. Le personnel du centre commercial, les marginaux et SDF ont été largement ignorés dans les projets

Bien sûr, cette liste est loin d’être exhaustive...

La démocratie participative a été totalement bafouée lors des consultations de la concertation des Halles. Nous avons le sentiment d’avoir été roulés par des empaqueteurs ingénieux. Nos souhaits, nos mises en garde, nos objections n’ont pas été entendus. Nous savons que trop d’argent a été investi et dépensé. Nous demandons donc à Monsieur Delanoë d’arrêter ce vandalisme et de sauver notre quartier des Halles, d’arrêter cette opération politico-mercantile. Opposons nous à ces travaux et à leurs permis de démolir et de construire.

Ne soyons pas les complices d’un tel massacre. Réagissons et diffusons ces informations."

Dimanche 8 Février 2009


Serge Federbusch
Serge Federbusch

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