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Désinfo-Santé


Le personnel de la ville de Paris est de moins en moins convaincu par le déni municipal des risques pour sa santé en matière d'ondes électromagnétiques. Et quand la ville ajoute l'intox médiatique à la toxicité médicale, c'est l'overdose !



Désinfo-Santé
"La Ville dérape sur les questions de santé : les défaillances de la démocratie municipale.

Madame Errecart, adjointe au maire en charge des ressources humaines, s’en est pris à l’intersyndicale SUPAP-FSU, CGT, FO, UNSA en l’accusant de ne pas se préoccuper de la santé des agents. Elle a également critiqué, moins vertement cependant, la CFTC et l’UCP. Bref, la quasi totalité des organisations syndicales de la Direction des affaires culturelles a subi son ire !! Curieusement, elle a oublié de rappeler à l’ordre la CFDT qui, pourtant, a fait savoir très officiellement qu’elle ne siégerait plus dans les CHS de cette direction tant que le respect des lois et des représentants serait réduit à la portion congrue. Les représentants des personnels avaient demandé la tenue d’un CHS extraordinaire pour traiter, enfin, d’un certain nombres de points jamais abordés. Le président de l’instance a refusé de nouveau toutes les questions inscrites à l’ordre du jour par les membres du personnel, concernant les ondes electro magnétiques. Que pouvaient faire les organisations syndicales une nouvelle fois méprisées, sinon boycotter un CHS mis sous tutelle ?

Miroir déformant : Les députés socialistes viennent de faire la même chose à l’assemblée nationale et M. Fillon s’en prend à eux comme madame Errecart aux syndicats. Le boycott est, pour ces élus, une preuve de démocratie, de liberté, de courage mais devient, aux yeux de madame Errecart, quand les organisations syndicales l’utilise, synonyme d’inconscience et d’irrespect des agents !!

Monsieur Girard, soutenu aujourd’hui par Madame Errecart, prétend sélectionner les problèmes de santé. D’un côté, ceux qui sont compatibles avec l’orientation du Maire, de l’autre, ceux qui ne le sont pas. Ils instaurent une discrimination entre les sujets dignes d’être traités et ceux qui ne le sont pas, parce que politiquement jugés incorrects par la municipalité.

Encore un peu d’histoire : suite aux problèmes dans les bibliothèques et au moratoire adopté en 2008, le Conseil de Paris a décidé d’une conférence citoyenne. C’était certainement une bonne idée ! Sauf que, depuis des mois, cette conférence, dont le but est de proposer un débat, un réflexion sur ces mêmes questions, est instrumentalisée par les adjoints au maire et l’administration pour empêcher les organisations syndicales et les personnels de la Direction des affaires culturelles de
s’exprimer sur ce sujet.

Pourquoi les représentants élus du CHS devraient-ils être dessaisis des problèmes de santé vécus par les personnels et dépendre des décisions de cette conférence ? Nous attendons une réponse publique à cette question. Pourquoi refuser la mise en place d’un groupe de travail impliquant la ville, les syndicats, des scientifiques, médecins comme les syndicats l’ont demandé ?

De quoi ont peur monsieur Girard et madame Errecart ?

Pour nous, la Ville doit être capable d’assurer la sécurité de ses agents et
respecter le principe de précaution. Nous sommes tout à fait favorable à la création d’un tel groupe également dans le cadre du CHS central. D’autant que, si le sujet du wifi peut paraître complexe, des solutions alternatives simples existent (le filaire) pour répondre aux besoins des usagers. Il ne serait pas absurde de réfléchir à la création de zones blanches pour protéger les plus sensibles comme il a existé des zones « non fumeur » dans des temps plus anciens, avant que la cigarette soit reconnue comme dangereuse pour tous.

Madame Errecart, monsieur Girard, monsieur Delanoë n’ont même pas attendu cette conférence citoyenne, ses débats, et ses préconisations pour décider de rebrancher les bornes Wifi dans les bibliothèques. Dans le même temps, ils nous opposent la tenue de cette conférence pour nous empêcher de traiter de ce problème dans le cadre strict de la santé au travail! Il leur fallait absolument passer en force ! Au nom de quels intérêts ?

Belle marque d’incohérence politique et de pratique autoritaire ! Beau mépris pour les personnels ! Où est donc le fameux dialogue social tant vanté par la municipalité ? Depuis des mois, nous demandons un débat serein détaché d’enjeux politiques, économiques, idéologiques. Depuis des mois, la Ville nous le refuse, refuse les experts que nous nommons. Depuis décembre, elle évince les personnels qui ont des soucis de santé et ont fait valoir leur droit de retrait. Le fonctionnement paritaire et démocratique du CHS de la DAC est remis en cause de séance plénière en séance plénière, la ville bafoue sans vergogne les règlements et pratique le coup d’état permanent ."

Il est curieux que cette dégradation impressionnate du climat social à la ville de Paris ne soit pas signalée dans les gazettes, n'est-il pas ?

Jeudi 29 Janvier 2009


Serge Federbusch
Serge Federbusch

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