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Edfiche


Malgré ses premières dénégations, la mairie a dû reconnaître qu'il y avait bel et bien un fichier contenant d'étranges mentions à la direction des parcs et jardins.



Edfiche
Accusé de surenchère préélectorale par la mairie, le syndicat SUPAP-FSU a répliqué de manière circonstanciée en donnant des exemples de mentions illégales contenues dans un fichier de la ville sur ses agents :

" Dans un article du Parisien du 8 novembre relatif à l’utilisation du logiciel GESPER+ à la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (DEVE), le cabinet de l’adjointe au Maire chargée des personnels affirme que le SUPAP FSU fait de «la surenchère verbale préélectorale ».

Pour se justifier, le cabinet de l’adjointe chargée des personnels indique dans cet article que « les données nominatives se limitent à celles strictement indispensables pour organiser le service et adapter les permanences à la situation de famille de l’agent et à la distance entre son lieu de travail et son domicile »

C’est malheureusement inexact. Les personnels de la DEVE travaillent en roulement, quelque soit leur situation familiale. Leur affectation est décidée par le service des ressources humaines de la DEVE, à partir du logiciel RH 21 comme pour tous les personnels de la Ville. Par ailleurs, les agents du service des ressources humaines de la DEVE n’ont pas accès à ce logiciel !

On se demande bien d’ailleurs en quoi des fiches du style origine « Liban » ou « plusieurs enfants de mères différentes » comme nous en avons trouvé, contribueraient à cette gestion.

Contrairement à ce qu’indique la Ville de Paris dans le Parisien, l’accès aux données privées n’est pas limité à des cadres supérieurs qui d’ailleurs n’organisent pas le roulement des 750 agents concernés. Des fonctionnaires de catégories B ont accès aux données et deux d’entre eux, administrateurs du logiciel, encadrants de plusieurs dizaines d’agents sur le terrain, ont non seulement accès aux données mais un droit de modification sur tout le fichier. C’est ce qu’indique la note de service du 23 octobre 2008 qui a suscité notre intervention. Les personnels de la Ville de Paris ne manqueraient pas d’être preneurs d’une application informatique qui permettrait de mieux gérer les affectations qui actuellement relèvent plutôt du bricolage. Il ne s’agit donc pas de cela !

Le logiciel GESPER+ est utilisé par de nombreuses entreprises et administrations pour des fonctions RH. Le problème pour les agents et le SUPAP FSU, c’est qu’il n’est pas utilisé dans ce cadre et que les droits d’accès et les données ne sont pas
suffisamment encadrés. "

Voilà qui est clair. Et, pour enfoncer le clou, le syndicat a réussi à contraindre l'adjointe en question à reconnaître qu'il y avait bien des mentions inappropriées dans ce fichier, au cours d'un entretien sur Canal + dont voici le script :

ANNE-SOPHIE LAPIX

Alors, il y a eu une intervention de l'Etat qui a soulevé un tollé, c'est la
création du fichier Edwige. Il a finalement été retoqué, mais aurait-il des petits
frères? Le fichier des personnels qui s'occupent de la surveillance des parcs et
jardins de Paris contient ainsi 700 noms. Sur les fiches, on peut lire des
informations sur la polygamie, les origines ethniques, ou la santé.

BENEDICTE DELFAU

Au coeur de la polémique, cette semaine: les agents de surveillance des
parcs et jardins de la Mairie de Paris. Ils ont découvert qu'un logiciel de gestion
des équipes était truffé d'informations personnelles, sur leur santé, leur origine,
ou leur statut familial. Après le fichier Edwige, Big Brother se cacherait donc
derrière les buissons parisiens? L'accusation est portée par le syndicaliste
Benjamin POIRET. Pour la défense, Maïté ERRECART, adjointe au maire
chargée du personnel. Alors, la Mairie de Paris fiche-t-elle certains de ses
agents? Attention, c'est parti !

BENJAMIN POIRET, SYNDICATSUPAP-FSU

Il se trouve qu'un certain nombre d'agents de la Ville de Paris ont
considéré que c'était un petit Edwige. Le problème, c'est qu'il contient des
données qui ne servent en aucun cas à l'objet de ce fichier.

MAi'TE ERRECART, ADJOINTE A LA MAIRIE DE PARIS

Ben non, pas Edwige. Ça n'a vraiment rien à voir. Ce n'est pas parce
qu'on trouve, dans une fiche, qui est tenue dans un atelier local, une information
qui ne devrait pas y être, qu'on peut considérer que nous sommes en train de
nous transformer en une organisation destinée à mêler la vie privée des gens et
la vie professionnelle.

BENEDICTE DELFAU

Ces fiches individuelles sont remplies par des chefs de brigades, et
doivent servir uniquement à organiser les plannings des agents de surveillance
des jardins de la ville. Elles existent depuis 15 ans, mais le syndicat a été alerté
il y a quelques semaines.

BENJAMIN POIRET

Là, vous avez une fiche où il ya marqué « problèmes physiques », les
vaccinations. Bon, on ne voit pas très bien en quoi des documents de la médecine du travail sont utiles à l'organisation du roulement. Là, vous avez un agent dont est aussi notée l'origine. Le fichier du personnel n'a pas à contenir ce genre de données, pas des données sur l'origine. Les gens sont des
personnels ... ils sont tous français.

BENEDICTE DELFAU

Par exemple, celle-ci: «Ayant plusieurs enfants à charge, de mères
différentes », en note rajoutée. Qu'est-ce que vous en pensez?

MAlTE ERRECART

Bon, ça n'a aucun intérêt, effectivement. Ce n'est pas du tout l'objet de
ce renseignement. Et donc, je vous dis, s'il y a des dérapages, la direction va
reprendre ... ça a été renseigné uniquement au niveau local, si vous voulez.


BENEDICTE DELFAU

A la Mairie, on ne s'en fait pas trop - et pourtant, les agents concernés
pourraient poursuivre leur employeur. "


Lundi 17 Novembre 2008


Serge Federbusch
Serge Federbusch

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