DELANOPOLIS
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Vandalopolis ... la suite


L'article du pseudonommé Philippe Buchon, Parisien entre les Parisiens, sur le massacre de la halle "De Dion" aux Batignolles, a connu la semaine dernière un très vif succès.

Lorsqu'il a vu la piètre contre-offensive de la mairie dans les colonnes du Paris-Obs, le sang de ce bretteur n'a fait qu'un tour.

Le voilà donc une seconde fois dans nos colonnes pour un texte fort vigoureux !




Vandalopolis ... la suite
"La « bonne presse » amie des vandales

Embarras du côté de l’Hôtel de Ville : prise en flagrant délit de vandalisme urbain sur les terrains Cardinet avec la destruction de la Halle 4 de l’ingénieur Henri de Dion (Expo Universelle de 1878), la municipalité fait profil bas. Mais, piquée au vif par les révélations parues dans Delanopolis, elle a recours à une méthode éprouvée : lâcher la presse de complaisance aux basques des esprits chagrins, des francs-tireurs critiques.

L’autocélébration delanoïste a été amorcée par le panégyrique du Moniteur du 31 octobre, digne d’une république bananière, où l’on peut découvrir des perles que Bouvard et Pécuchet n’auraient pas démenties. C’est une surenchère de lieux communs :

- B. Delanoë : « Faire de Paris une grande métropole du XXIe siècle… » ;
- L’architecte François Leclerq : « Lier une suite d’insularités… » ;
- L’architecte François Grether à propos de l’aménagement Clichy-Batignolles : « Le projet urbain est conçu à partir de principes forts mais sans formalisme excessif, permettant une certaine souplesse des aménagements. (…) Les premières architectures doivent être particulièrement significatives pour exprimer l’ambition du projet et enclencher une dynamique qualitative, en particulier, en termes de développement durable ».

Au-delà des banalités, il y a l’aveu désarmant d’Anne Hidalgo : « Notre idée est d’avoir dans Paris, y compris dans le cœur historique, des gestes architecturaux qui relèvent d’une approche véritablement contemporaine. Je voudrais que les promeneurs dans les rues de la capitale soient surpris. Nous ne voulons pas remettre en cause le style haussmannien mais là où nous pourrons avoir des projets innovants, qui répondent à un programme intéressant pour la municipalité, nous devrons prendre le risque de l’audace ».

Après Homais, c’est Emma Bovary chavirée par la modernité… On aimerait en savoir plus sur ce que signifie une « approche véritablement contemporaine » et sur les « surprises » qu’elle souhaite réserver aux promeneurs. S’agit-il de la canopée molle du projet Mangin pour les Halles ou des tentes éphémères régulièrement montées, démontées, sur le parvis de l’Hôtel de Ville ?

Sycophante de service

Faute d’un discours structuré sur l’urbanisme, la Mairie de Paris dispose d’une phalange de sycophantes pour mettre en doute la parole des contradicteurs de Delanoë. La semaine dernière, «Paris Obs» s’était chargé des basses œuvres. Sous la plume d’un certain Arnaud Gonzague (homonyme de « l’infâme duc de Gonzague » que le vaillant Henri de Lagardère voulait empêcher de nuire), on peut lire ces propos méprisants pour les défenseurs de l’architecture industrielle française et, singulièrement, de la Halle 4 des terrains Cardinet : « Au patrimoine de la Ville, où l’on n’est guère convaincu de la valeur du bâtiment, ni inscrit ni classé aux Monuments historiques, on chuchote que la mairie du 17ème est surtout embêtée de construire à sa place, des logements, dont quelques-uns seront sociaux »… Cette prose fielleuse aurait pu figurer dans « Le Bossu » de Paul Féval. Ah ! Qu’il est professionnel et déontologique ce « on chuchote » !

La vérité, on peut la découvrir dans le plan publié par le dossier spécial du Moniteur où l’on voit, sans discussion possible, que les espaces libérés par la destruction du chef-d’œuvre du centralien Henri de Dion, père de l’architecture métallique moderne, seront dévolus à des bureaux. Des bureaux qu’aucun promoteur n’a les moyens, aujourd’hui, de bâtir en raison de la récession, de la dépression immobilière !

Déstabilisé par sa déconvenue au PS, Delanoë n’a plus les moyens de mentir davantage. Même sur ses chimères… Pendant ce temps-là, les SDF, qui auraient pu être hébergés dans la Halle 4 pendant tout l’hiver, cherchent des abris de nuit.

Philippe Buchon"


Dimanche 9 Novembre 2008


Serge Federbusch
Serge Federbusch

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