Merci à Incognitoto ( dont le blog est consultable en cliquant
ici ), d'avoir préparé cet édifiant exercice d'arithmétique.
"Le Vélib' fête ses trois ans d'existence.
Quelle "excellente" idée pour un service "public", ô combien vital, d'avoir échangé les coûts d'exploitation des Vélib' contre des recettes publicitaires, en essayant de nous faire croire que ça ne coûterait rien aux Parisiens…
Tout d'abord, quelques chiffres - issus, en partie, d'un article du Canard du 21 juillet 2010, page 8, intitulé "Vélib'erté chérie" par "D.F." - sur les données du problème, (je sais que vous détestez ça, mais vous verrez, c'est très instructif) :
- les recettes publicitaires en question ont été estimées à 570 millions d'euros pour 1.628 panneaux publicitaires, dont la concession a été octroyée pour 10 ans à JC Decaux (oui, le même que la gauche combattait, quand elle était dans l'opposition municipale) !!! Soit 57 millions d'euros de recettes publicitaires non perçues par an, dont 5 % de redevance reviendrait cependant à la Ville de Paris, soit 2,85 millions d'euros par an (cette dernière info reste cependant à confirmer) (Note du Delanopolis : 5 % c'est un minimum),
- bon an mal an, il y a 20 600 vélos mis à la disposition des usagers (Note du Delanopolis : en réalité, il y en a moins du fait des dégradations non immédiatement réparées, ce qui devrait conduire à augmenter encore tous les ratios par bicyclette détaillés ci-après) ,
- en 3 ans, 80 millions de trajets ont été effectués,
- le nombre d'abonnés est passé de 200.000 à 162.000 en deux ans,
- d'après l'exploitant (JC Decaux) 1.500 vélos doivent être réparés tous les jours, ce qui représente, toujours d'après l'exploitant, un coût de 1.000 euros par vélo et par an !!! Soit 20,6 millions d'euros. Fin octobre 2009 et depuis juillet 2007, 80 % des 20 600 Vélib' mis en service avaient subi des actes de vandalismes ou des vols (dernier chiffre connu de fin 2007 : 1 000 vols de vélo, dont certains se retrouvent jusqu'en Roumanie !) ; et ces chiffres sont toujours en augmentation…
- l'abonnement annuel est actuellement de 29 euros par an, soit un budget annuel de 4,698 millions d'euros pour 162 000 abonnés. La mairie envisage de le passer à 40 euros en allongeant le temps de trajet gratuit (d'une demi-heure à trois quarts d'heure), dans le but de faire face aux coûts de réparation supplémentaires réclamés par l'exploitant, mais également, paradoxalement, pour endiguer la baisse des abonnements (oui, oui, il fallait y penser, augmenter un prix quand la demande baisse : "gloire à nos magnifiques dirigeants qui ne savent plus quoi inventer pour faire gober leurs décisions absurdes")…
Avertissement : pour les questions qui vont suivre, en l'absence de données fiables (qui se chiffrent en milliards (!!!) d'euros, quand même...), nous ne tiendrons pas compte :
- des coûts initiaux des différentes "concertations", enquêtes et études bidons qui ont été nécessaires pour passer de "l'idée" à sa réalisation,
- des coûts de voiries (pistes cyclables, balisages, aménagements urbains, coûts (directs et indirects) de ces travaux et d'emprises sur la voirie, et cetera, et cetera) qui ont été nécessaires pour "transformer" tous les Parisiens (et bientôt les banlieusards) en cyclistes. Bons Princes, nous considérerons que tous ces (saccages) travaux profitent à tous les vélocipédistes, même s'ils (emmerdent et pénalisent) ne profitent guère au reste de la population,
- des coûts de communication et de lancement de cette (tartufferie) opération destinée à éduquer les masses aux grands principes écologiques et à faire faire du sport (à cette bande de fainéants) aux citoyens, surtout pour Paris qui est très adapté à ce genre de transport pour tous, vu que ça monte et ça descend tout le temps et que les périmètres de déplacement sont extrêmement étendus,
- des investissements concernant l'installation des 1.205 stations Vélib' parisiennes (hors banlieue) ; de la mise au point et de l'acquisition des 20 600 tanks vélos destinés à durer ; ainsi que de l'installation des 1.628 panneaux à publicité déroulante ; ce qui permet de multiplier par 3 le nombre de messages publicitaires des 1 280 (de 2m²) et 348 panneaux (de 8m²) supplémentaires obtenus par JC Decaux. On remarquera au passage pour ce dernier point, la grande (imbécillité) cohérence qui consiste à faire financer un dispositif censé être issu des idéologies écologistes par de la publicité commerciale qui pollue le paysage urbain et qui pousse à la consommation !!!
- des coûts d'exploitation indirects : gestion et administration du dispositif, communication, décisions politiques, et cetera…. générés par (ce délire) cette "révolution",
- des coûts directs et indirects induits : augmentation des accidents, augmentation des infractions routières dues aux vélos, embouteillages, allongement des temps de transport pour les autres usagers de la voirie, pollution supplémentaire, pertes d'emplois dans Paris intra-muros, et caetera… générés par (ces conneries) cette "révolution",
- de l'excédent brut d'exploitation (bénéfice, incluant les amortissements, avant charges financières et charges exceptionnelles) de JC Decaux, ni même de la ville de Paris (pas de chiffres du CA généré par les trajets au-delà d'une demi-heure, ni des recettes publicitaires complémentaires) qui semblent, de toute façon, négligeables, puisque l'exploitant affirme qu'il en est de sa poche pour gérer le dispositif, (ses recettes publicitaires complémentaires ne couvrant pas les charges et amortissements directs) et que la ville de Paris n'envisagerait quand même pas d'augmenter l'abonnement annuel, si elle gagnait de l'argent avec sa "brillante" idée (mais sait-on jamais ?...).
Ouf… vous y êtes, c'est bien clair, on y va ?
Alors, à vos calculettes et passons maintenant aux questions (niveau CM1, je vous le rappelle) :
- Question 1 : quel est le coût de revient moyen d'un trajet en Vélib' depuis 3 ans ?
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La bonne réponse : 2,31 euros.
Démonstration : [ 57 millions (le coût de l'exploitant) + 4,698 millions (le coût de gestion de la Ville de Paris) ] / [ 80 millions (nombre de déplacements pour 3 ans) / 3 (pour ramener ce nombre à une année) ] - Rappelons au passage, qu'un trajet de métro (1,4 milliards de déplacements annuels) n'est subventionné pour l'ensemble des dessertes de l'IDF, qu'à hauteur de 0,85 euros (presque 3 fois moins).
Sans même rapporter ces chiffres au kilomètre parcouru, ni même à la proportionnalité du nombre d’utilisateurs, qui démultiplierait la disparité, on remarque quand même qu'il y a "comme un problème" que nous illustrerons simplement par ce tableau :