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Grands Boulevards : l'autodéroute


« Ce projet va redonner vie aux boulevards qui avaient fini par ressembler à une autoroute".

Le propos de Rémi Féraud, maire (PS) du Xe, rapporté par le Parisien, au sujet de la mise en double sens des Grands boulevards, a de quoi laisser rêveur sur sa connaissance du monde hors du Boboland parisien.



Un point de comparaison ...
Un point de comparaison ...
La mise en double sens des Grands boulevards, associée au projet dantesque de réaménagement de la place de la République, à la fermeture d'une partie de la voirie souterraine des Halles, au blocage partiel des voies sur berges et au projet de la Samaritaine, vont plonger la circulation dans Paris dans un chaos indescriptible et durable dès l'an prochain.

La possibilité de tourner à gauche depuis le début du boulevard Saint Martin jusqu'à la rue de Richelieu, déjà réduite à la rue Saint Martin et à la rue Poissonnière, va être encore compliquée par le fait d'avoir à croiser un flot de véhicules venant en sens contraire. Le moindre chantier sur la chaussée des grands boulevards, comme actuellement au niveau de la rue du Faubourg Montmartre ou près de boulevard de Sébastopol, provoque un engorgement immédiat. Vous pouvez donc imaginer ce que donneront les feux et poteaux nécessaires à ce futur aménagement ...

Le plus drôle est d'entendre Rémi Féraud parler d'"autoroute" pour définir les Grands boulevards actuels. A-t-il jamais vu une autoroute ? Au vu de la vitesse de circulation sur cet axe, dont le maire du 10ème arrondissement doit être un des rares à ignorer les embouteillages fréquents, on se demande comment il a pu imaginer pareille comparaison. Par ailleurs, ce projet nécessitera la suppression des places de stationnement du côté sud des boulevards alors que les possibilités de se garer dans ces quartiers sont déjà très faibles. Circuler sans pouvoir stationner, n'est-ce pas précisément la définition d'une autoroute ?

A noter aussi que, toujours selon Féraud, cette mise en double sens aura pour mérite de : "considérablement simplifier les choses pour les automobilistes venant de la gare Saint-Lazare et des grands magasins qui doivent aujourd’hui effectuer un trajet compliqué via les rues La Fayette et Réaumur pour rallier la place de la République. » Curieux, car les nouveaux aménagements de ce "trajet compliqué" sont sans sans cesse vantés par le même Rémi Féraud !

Mais enfin, il est difficile d'espérer logique et cohérence dans la déraison urbaine qui frappe la politique de circulation de la Voix de son maire ® , conçue uniquement à des fins de communication.

Lundi 28 Mars 2011
Serge Federbusch






1.Posté par parisien le 29/03/2011 09:40
Cet élu a raison. La mairie doit aller au bout de sa logique et rendre piéton l'ensemble de Paris intra muros. De toute façon les entreprises sont déjà parties s'installer en banlieue (Issy, Levallois, St Denis, St Ouen, etc.). Comme ça ne resteraient à Paris que les bourgeois du XVIème et VIIème qui n'ont pas besoin de travailler, les bénéficiaires du RSA logés en habitat social, les animateurs sociaux, festifs et conscientiseurs. La ville continuerait à favoriser les fêtes fastueuses et Paris deviendrait un nouveau Versailles avec ses courtisans oisifs et fidèles au Roi soleil.

2.Posté par Eustache le 30/03/2011 11:31
Je voudrais réagir sur le commentaire posté par "parisien" le 29/03. Je suppose qu'il faut le lire au second degré. Mais je trouve un peu simpliste (s'il veut bien me permettre ce terme utilisé sans aucune arrogance à son égard) de partager Paris en "bourgeois du 16ème et du 7ème" avec le reste qui serait constitué de "bénéficiaires du RSA logés en habitat social, les animateurs sociaux, festifs et conscientiseurs".
Ces derniers qui ne sont pas seulement des "animateurs sociaux" (sauf à en donner la définition) peuvent être reconnus sous l'appellation "bobos" (joyeusement décrits et dénoncés dans les différentes rubriques de ce merveilleux blog), sont bel et bien eux aussi des "bourgeois", au sens classique mais aussi marxiste du terme, dans son acception la plus désagréable et méprisable du "parvenu", avec son cynisme, son arrogance et son obsession à vouloir donner des leçons à tout ce qui est étranger à son monde, et qu'elle ne veut surtout pas s'appliquer à elle-même. Ils sont légions à Paris (aussi bien de droite que de gauche, il fait bien le reconnaître, mais plutôt de gauche par essence). Que les entreprises disparaissent de Paris, que les petits commerçants de proximité disparaissent eux aussi et que les quartiers jadis populaires soient aujourd'hui dévoyés à leurs ghettos, les indiffèrent totalement, puisqu'ils ont le pouvoir et l'argent (définition du mot "bourgeois")... Peu importe, du moment qu'ils sont protégés socialement et qu'ils peuvent continuer à vivre dans un monde festif, dont Paris est le vrai terrain de jeu et d'élection !

3.Posté par GROGNARD Gaspard le 02/04/2011 09:20
« le parisien » est amusant et drôle dans sa description d'un futur (presque présent déjà dans certains lieux) Paris, festif et joyeux mais aussi alcoolisé, abandonné par les êtres vivants et travaillant chaque jour, apportant à cette ville, comme pour toutes une vie riche et variée.
La disparition progressive des petites industries et du commerce de gros est inéluctable. Rentabilité suppose accessibilité et lieux de chargement et déchargement des marchandises.
Le réseau des voies étroitisées accompagnées d'un ensemble inextricable de sens interdits rend la tâche impossible aux véhicules de transport.
Les interdictions de stationner dans des pistes cyclables à contre sens compliquent encore les choses.
Or, dans les banlieues, on trouve des zones spécialisées pour le commerce et négoce, comme pour les petites industries et artisanat. Ces zones sont accessibles depuis les grandes voies nationales et offrent de grands parcages pour véhicules de toutes sortes.
On peut comprendre que les entités économiques s'enfuient de Paris.
Quant à la disparition du commerce de proximité, c'est une autre affaire. Dans les banlieues aussi, il disparait. Les grande surfaces les tuent petit à petit.
Ces grandes surfaces arrivent à Paris. Les « Monop », « Franprix » et autres « Dia » chassent les commerces indépendants.
Cela est une conséquence de l'évolution de la distribution. Est-ce un bien ? Ça, pour l'instant, personne ne peut l'affirmer pas plus que le contraire.
Enfin, le Paris qu'on aime, qui fait parcourir des milliers de kilomètres à des touristes pour venir voir cette ville, fameuse dans le monde entier, ce Paris qui est celui de Napoléon III mis en forme par Haussmann, est tout doucement transformé en un immense terrain de festivités futiles et bien ternes.
Comme ce triste Paris Plage qui, de plus, coûte une fortune.



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