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Paris : les mensonges budgétaires de la mairie passés au crible du Delanopolis !





On peut penser ce que l’on veut des bolcheviks mais il faut leur reconnaître une chose : ils voulaient agir. « Que faire? » se demandait Wladimir Ilitch, dans un ouvrage resté célèbre.

Les Delanochviks qui règnent sans partage à Paris n’ont, eux, qu’un mot d’ordre : « Que dire? »

Depuis plus de dix ans, leur discours était simple : avant eux, c’était mal (pas d’investissements ; un « système » condamnable ; des impôts en hausse ; des égoïstes au pouvoir ; un clientélisme corso-corrézien suspect, etc., etc.).

Depuis 2001, grâce à Bertrand, King of the Beach, Paris est redevenue une cité dynamique, festive, exemplaire, conviviale, solidaire, attractive, vertueuse, attachante, merveilleuse, ouverte, probe, tolérante, en un mot, alterophile.

Problème: les maladroits de droite qui étaient aux manettes au gouvernement ont été battus il y a près d’un an et les garnements de gauche ont osé élire un Corrézien de synthèse. Le Grand Méchant Etat est maintenant aux mains de François II le souriant et il est compliqué d’en dire du mal.

Deuxième problème : quand on tient tous les pouvoirs municipaux depuis le début du siècle, on peut difficilement faire le coup de l’héritage, même les vieilles ficelles finissent par s’user.

Troisième problème : quand on a passé dix ans à recruter et à distribuer des subventions, grâce à l’argent tiré de la rente foncière (droits de mutation et impôts locaux), il est difficile d’investir dans l’avenir quand le grisbi commence à manquer.

Car il commence à manquer ... Comme chaque année, le Delanopolis vous dit la vérité que vous ne lirez nulle part sur le gaspillage de l'argent des Parisiens.



Paris : les mensonges budgétaires de la mairie passés au crible du Delanopolis !
Ne vous réjouissez pas trop vite, l'argent qui fait défaut n'est pas celui des impôts et autres redevances, tarifs ou taxes divers que les Parisiens paient. Non, cet argent là ne cesse de rentrer dans les caisses municipales et de façon encore abondante :

- Fiscalité : 4857 millions d'euros en 2012 ; 5010 en 2013… soit +3,1% et la barre des 5 milliards d’euros prélevés par une collectivité locale est passée pour la première fois dans l’histoire de notre pays …

Pour fixer les ordres de grandeur, rappelons que le coût de la nationalisation impossible de Florange a été estimé par M. Ayrault de Nantes à 1 milliard d‘euros, soit cinq fois moins.

Si ce ne sont pas les impôts qui font défaut, ce sont donc les recettes tirées de l’exploitation des équipements et services publics ? Que nenni :

- Produits d’exploitation : 914,9 millions en 2012 ; 984,6 en 2013…. Soit + 7,6% !!! On voit que les droits divers et variés ponctionnés se portent plus que bien.

Il faut croire que les salaires et pensions de retraites des Parisiens ont augmenté bien plus vite que ceux du reste de la population pour s ‘apprêter à subir de tels taux d’augmentation dans la joie et la bonne humeur !

Mais alors, lecteur attentif, vous allez nous dire : si ni les impôts ni les recettes tarifaires ne baissent, comment la ville-département de Paris pourrait-elle avoir des problèmes de recettes? Mais très simplement , mes bons amis : les concours de l’Etat s’effondrent !

Dotations de l’Etat :1352 millions en 2012 ; 1308,6 en 2013 (-3,3%) ;

Prélèvements de "solidarité" au profit de l'Etat : 1124 millions en 2012 ; 1168 en 2013 (+4%)

Soit au total une perte de presque 100 millions d'euros d’une année sur l’autre … et ce n‘est qu’un début !

Assez curieusement, Delanoë, qui n’avait jusqu’au mois de mai 2012 pas de mot assez durs pour critiquer les attaques de l’Etat contre les finances de la ville, alors même que les concours de l’Etat continuaient d’augmenter, s’est désormais transformé en mime Marceau.

Pas une critique ; pas une attaque ; tout juste le regret de M. Gaudillère, adjoint aux finances, que « sur l’un des fonds » le département des Hauts-de-Seine soit nettement moins mis à contribution que la ville de Paris (interview « 20minutes » du 6 décembre).

Bon. Tout cela relève du jeu politicien dont Delanoë est un addict.

Les lecteurs attentifs nous feront observer que les pertes de recettes en provenance de l’Etat (c’est à dire des impôts de tous les Français(ses) sont tout de même moindres que les augmentations tirées des impôts et autres tarifs payés par les Parisiens.

Bien vu. Alors, où passe l’argent?

C’est pour payer la hausse des investissements dit Delanoë !

Faux : les crédits de paiement de « dépenses réelles » (c’est à dire les crédits d’équipement qui sont réellement dépensés dans l’année et financés par le budget parisien) étaient de 1633 millions en 2012 et sont prévus pour 1638 en 2013 soit une reconduction pure et simple en euros courants.

C’est pour la solidarité dit Delanoë !

Largement faux :

- Subvention au centre d’action sociale : 316,9 millions en 2012, 315 en 2013, soit une baisse due, je cite, à «  la prise en compte en année pleine des recettes liées à la carte Emeraude" et « à la révision des modalités de versement de l’allocation paris Forfait Familles ». En d’autres termes, les personnes âgées paient plus pour leurs titres de transports et les familles reçoivent moins d’aides du centre d’action sociale.

- Programme départemental d’insertion : 381 millions en 2012 ; 378 en 2013, soit une baisse de 1%.

- Fonds de solidarité logement : 19,5 millions en 2013 comme en 2012.

En fait, le seul poste qui augmente fortement est celui de l’aide sociale légale, qui relève de l’application de textes nationaux, et qui passe de 618 millions en 2012 à 680 en 2013 mais, à hauteur de 25M€, en raison d’un changement de périmètre comptable ! Hormis ce jeu d’écriture, le facteur essentiel d’augmentation concerne les frais d’hébergement des mineurs étrangers isolés (+23,82 millions) … dont M. Gaudillère souhaite (interview 20 minutes déjà citée) « que l’Etat mette en place une plateforme d’orientation pour que Paris et la Seine Saint Denis ne soient pas les seuls départements à les prendre en charge. La solidarité, camarades, y a des limites…

Alors, qu’est-ce-qui augmente vraiment ?

Comme d’habitude.

Les dépenses de personnel : elles passent de 2134 millions en 2012 à 2189 en 2013 (dont 41,6 millions transférés sur l’établissement public des musées), soit une hausse de presque 3%. Comme rigueur on a vu plus sévère !

Idem pour le train de vie de la ville, qui passe de 691 millions en 2012 (en neutralisant les crédits des musées) à 707 (+2,4%). Vous nous direz que c’est moins déraisonnable qu’autrefois. Certes. Mais justement : ces dépenses ont tellement augmenté jusqu’alors qu’une stabilisation en euros courants aurait pu être espérée.

A noter, pour le symbole, que les indemnités et frais de mission du maire, des adjoints et conseillers passent de 8,8 millions à 10,5 (+19,7%) car ceux-ci doivent désormais payer des cotisations sociales sur leurs indemnités au-delà d’un certain seuil.

Les crédits dont bénéficie le maire pour « frais de représentation » (en complément de ses indemnités de maire et de sa retraite de sénateur) n’ont pas été baissés de 30% contrairement au salaire du chef de l’Etat et demeurent fixés à 269 700€, soit 22475€ par mois, soit 750€ par jour. A ces montants, on espère qu’il mange bio et qu’il s’habille français et pas chinois.

Comment conclure sans évoquer les subventions? Une fois encore, elles augmentent :239,8M€ pour la ville et le département (en ne tenant pas compte de la nouvelle subvention à l’établissement public des musées), soit +1%, sachant que les secteurs de la culture et de l’intégration augmentent de façon conséquente tandis que tous les autres secteurs (personnel ; économie ; tourisme ; sécurité et prévention ; etc. baissent ou stagnent).

En fait, ce budget donne vraiment le sentiment d’un bateau sans cap ni capitaine. On profite encore de la manne fiscale, on se fait toiser par l’Etat sans rien dire, on n’a pas de politique innovante à conduire. L’équipage obéit à quelques réflexes conditionnés mais semble définitivement préférer les délices de Capoue à l’action municipale – et cela d’autant plus qu’aucun Scipion ne menace sur l’aile droite !

Bref, le processus de muséification se poursuit gentiment et en toute bonne conscience.

La ville, ses deux millions d’habitants et ses quelque 8 milliards d’euros de budget mériteraient tout de même mieux


Dimanche 9 Décembre 2012
Serge Federbusch






1.Posté par parisien le 10/12/2012 10:17
il serait intéressant de connaitre le patrimoine de ce maire avant sa prise de pouvoir et maintenant.
je suis certains qu'il a subit une hausse qui du fait de placement off shore échappe a l'impôt.

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