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Voie Georges Pompidou : la via dolorosa d’Anne Hidalgo !



Une tribune de Serge Federbusch pour Figarovox !



Englouties !
Englouties !
Tout, dans cette affaire de fermeture de la voie sur berges rive droite, démontre le sectarisme, le penchant irrépressible pour la manipulation des chiffres et des informations, l’obstination crasse d’un pouvoir dogmatique aux abois.

N’ayant que des échecs à son passif, i.e. la saleté de Paris, son endettement, le ratage urbain des Halles ou des Batignolles, la gestion pitoyable de la question des clandestins ou des sans-abris, la salle de shoot et autres joyeusetés, Anne Hidalgo s’est rabattue sur une politique qu’elle croit identitaire et emblématique : la guérilla aux automobilistes. A croire que son admiration pour le Che lui donne l’envie de frémir aux sensations des combattants.

Elle a donc décidé, il y a trois ans, de fermer complètement la circulation sur la voie Pompidou alors que son prédécesseur, Delanoë, avait admis quelques années plus tôt qu’il ne pouvait s’en prendre qu’à la rive gauche, du côté du musée d’Orsay et des Invalides, car une interdiction sur la rive droite poserait trop de problèmes de congestion et de reports de circulation. L’Atelier parisien d’urbanisme, pourtant à la solde de la mairie, passait son temps, à longueur de rapport, à écrire qu’il ne fallait pas s’engager dans une voie aussi périlleuse.

Las ! Le dogmatisme et la démagogie l’emportèrent. Hidalgo fit litière des conclusions de la Commission d’enquête publique qui, fait rarissime, émit une avis défavorable sur ce projet. Les arguments des enquêteurs étaient simples et convaincants : l’impact de la fermeture de la voie Pompidou n’était pas sérieusement étudié. En particulier, le périmètre d’analyse circonscrit aux arrondissements centraux évacuait inconsidérément les conséquences sur tout Paris et même sur la région Île-de-France d’une telle décision.

La réalité est simple et cruelle, rappelée par une étude conduite par le professeur Carli à la demande du Conseil régional : les reports de circulation sont terribles sur les quais hauts, le boulevard Saint-Germain et jusqu’au périphérique. Ensuquées dans les embouteillages, les automobiles polluent plus. Pis encore, les émissions de CO2 et particules fines sont déplacées d’un endroit où nul n’habite à des lieux où résident des milliers de Parisiens.

Tout à son déni, Hidalgo convoqua une fumeuse théorie de l’ « évaporation » pour prédire un changement d’attitude des usagers de la voirie. Mais c’est négliger que le monde n’est pas peuplé que de bobos travaillant dans le para-culturel vers République et logés en HLM par la ville du côté du canal Saint-Martin. A défaut de solution praticable pour tous ceux qui se déplacent beaucoup avec des charges lourdes ou des handicaps, le véhicule individuel motorisé reste indispensable. L’égoïsme et l’ignorance qui caractérisent les partisans de la politique municipale, qui ne veulent surtout pas imaginer les difficultés de ceux qui vivent dans des banlieues mal connectées et sont livrés à des transports publics sales et défaillants, sont sans limite.

Le jugement du Tribunal administratif de Paris est donc on ne peu plus mérité et argumenté.

Que va donc faire l’ultra-dogmatique Hidalgo, connue pour ne croire en la justice que quand elle lui donne raison ? Aller en appel bien sûr. Sauf que ce pourvoi n’est pas suspensif. Elle va donc aggraver son cas en prenant un nouvel arrêté de fermeture, dit-elle. Mais on ne voit pas bien sur quel fondement elle peut le faire puisque le socle même de toute cette procédure, à savoir l’enquête qui conditionne l’utilité publique, est viciée par l’usage qu’en a fait la mairie. Une nouvelle interdiction n’aurait aucun fondement légal.

Du reste, la préfecture de police a clairement indiqué que l’opération d’aménagement devait cesser et la logique veut que la voie soit rendue à la circulation dès que possible.

Hidalgo risque de devoir recourir à des subterfuges grossiers comme prétendre que des travaux de rempotage de fleurs ou de peinture sur la chaussée justifient la prolongation de la fermeture. Mais la ficelle serait trop grosse. Elle est à la merci d’une injonction de réouverture que le Tribunal pourra prendre à la demande de requérants ayant de la suite dans leurs idées. Sûr qu’il y en aura.

Son seul atout est désormais le caractère complexé de l’opposition parisienne actuelle, à qui la propagande socialo-écologiste a fait croire que les Parisiens adhéraient à cette guerre contre l’automobile. Dix sept ans de mensonges ont réussi à masquer le fait que le recul de la pollution à Paris doit tout aux nouvelles motorisations et carburants et rien à la politique municipale. Le métro a été négligé au bénéfice de modes de transport ruineux et peu efficaces comme le tramway des Maréchaux et surtout à des aménagements de voirie contre-productifs qui ont enlaidi le magnifique patrimoine légué par Haussmann.

La voie Georges Pompidou, Chemin des dames de l’écologie et Via Dolorosa d’Hidalgo, sera bien le lieu de la bataille ultime dont elle rêvait. Mais elle sera aussi le théâtre de sa défaite.

Vendredi 23 Février 2018
Serge Federbusch






1.Posté par la droite libre le 23/02/2018 10:31
Excellente analyse, et La Droite Libre est prête à soutenir toute action pour la réouverture.

2.Posté par Christophe le 23/02/2018 11:28
Je remercie Serge de son article.Mon rêve:(re)circuler sur les voies sur berges.A titre personnel,je reste persuadé que le prochain maire sera contraint de revenir à la situation anté.La politique de Madame Hidalgo et des écolos est tellement nulle que les Parisiens ou ce qu'ils en restent et tous ceux qui fréquentent cette ville se rallieront à la réalité.

Mais que de fric et de procédures judiciaires et d'énergie dilapidés pour rien!

3.Posté par eddy le 23/02/2018 14:14
Belle analyse mais vous vous trompez sur la raison de la passivité des élus de l'opposition au conseil de paris.
Ils ont été tout simplement amadoués par quelques présidences ou vice présidences de commissions divers

4.Posté par Ichbiah le 23/02/2018 17:12 (depuis mobile)
Je n’aurai pas pu mieux dire, mais ce n’est qu’une etape et il ne faut pas lui lacher la bride, et la suivre encore et encore pas par pas.
La lutte continue continuons le combat ! »mai 68 »

5.Posté par guillomeau le 23/02/2018 17:31
une chose dont personne ne parle : la polution sur Paris a bien diminue depuis plus de 30ans . beaucoup d'usines ont quittè la region . Citroen dans le 15e , à Levallois , à St Denis , Renault à L'ile Seguin , SIMCA à Nanterre et j'en oublie . et l'automobile a fait beaucoup de progres . ma C3 essence actuel pollue moins que les 2 ch de 70 . en 70 quand je parcourais 500 kms entre Saintes et Paris , je consommais 7,5 l aux 100 et maintenant avec un confort bie superieur avec ma C3 je ne consomme que 5 l aux 100 .

6.Posté par Béret vert le 23/02/2018 17:53
La voie Pompidou est exposée plein sud, l'idéal pour le teint des parisiennes. Regardez la photo...

7.Posté par phidias le 23/02/2018 21:52
Merci à Serge pour ce bon papier non polémique qui met bien les choses en perspective. En insistant Hidalgo engagerait avec la Justice administrative, un bras de fer qui ne peut que lui nuire, Sera-t-elle suffisamment sidérée d'elle même, ou du besoin de soutiens de ses faux écolos, pour le tenter ? Possible, mais elle ne peut ignorer que ce serait son chant du signe, car le Raminagrobis de Macron est déjà en chasse dans ses phéromones politiques, et distribue dans son dos les tickets-bouffe d'une victoire, aux dépends de la dame, qu'il lorgne sans vergogne. Hidalgo commence à être cernée par sa propre insuffisance, certes elle va mordre, griffer, pérorer sur de nouveaux mensonges, monter des associations pour dire du bien d'elle et de ses ratages, mais à la fin des fins, l'odeur de la mort politique est déjà sur elle, et le public sent très bien ce genre de choses, il s'en réjouira pour s'exonérer de la réflexion sur les raisons d'avoir porté à la Mairie de Paris un personnage aussi peu respectueux des règles de la démocratie, de l'honnêteté, et de la bien-séance. Alors ce sera : Hidalgo delenda est.

8.Posté par Bertrand le 23/02/2018 23:51
@ Guillomeau

7,5l/100 km avec une 2CV ? La mienne fait 4,5l/100 km (et contrairement à la 2CV de 1970, elle a un carburateur double corps). Quant à ma DS23ie, elle fait un 8l de SP98 aux 100km sur les nationales qu'on peut encore parcourir à 90 km/h.

Trêve de plaisanteries. L'amère de Paris ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Et, malheureusement, je ne suis pas réellement sûr qu'elle ne soit pas réélue en 2020. Le scrutin est un scrutin de listes indirect qui peut ménager un certain nombre de surprises d'appareil.

9.Posté par abbé cane le 24/02/2018 18:20
mais qui a marqué le point ?
un essai mais pas transformé !
Une association de riverains des quais ? 40 millions d'automobilistes ?
Le préfet ? mais lequel ? police ?, département 75 ? région idf ? La région ?
Une solution: réduire les pouvoirs de la Mairie, en réduisant Paris aux 11 arrondissements centraux.
Et donc créer 4+1 territoires supplémentaires du Grand paris
cela contribuerait à rééquilibrer le fonctionnement du Grand Paris.

10.Posté par Ichbiah le 26/02/2018 19:23
La dernière facéties de Madame Hidalgo
la Seine est montée en janvier
Les voies sur berges inondées du 16eme ont été fermées.
la Seine est revenue dans son lit depuis le 16 février
Les voies restent fermées aux autos par des barrières mais ouvertes aux vélos.
Pour nous , elles n'ouvrent plus
Jusqu'a quand?
pour nous obliger à prendre de nouvelles habitudes
Nous mettre à nouveau devant le fait accomplit?

11.Posté par Alablanche le 26/02/2018 22:12
Bien d'accord ! Très bon résumé des actions de cette bonne femme qui se pense intouchable !

12.Posté par Levisalles Eric le 27/02/2018 00:53
Bonsoir,

J'aimerais rajouter que Mme Hidalgo est une catastrophe pour Paris et ses environs tant sa guerre contre les automobilistes ne fait que rajouter des embouteillages et augmenter de manière importante la pollution dans les rues de Paris et sur certains axes routiers proches de Paris. Les voix sur berge ont toujours été le poumon de Paris et les empêcher de fonctionner ne peut aboutir qu'à une pollution massive des quais, des rues et boulevards qui se retrouvent saturés d'embouteillages à toute heure du jour.

La maire de Paris et son équipe forment un escadron de dangereux imbéciles dont les mauvaises décisions portent atteinte à la santé des jeunes enfants et personnes âgées qui, vivant dans Paris, sont confrontés à un air de plus en plus pollué.

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