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Crise immobilière : la fin du socialisme parisien est avancée


Le delanoisme - et son sous-produit du moment incarné désormais par Hidalgo - étaient en fait un des aspects de la bulle immobilière qui s'est formée dans Paris depuis plus de dix ans. Fort logiquement, c'est l'éclatement en cours de cette bulle qui provoquera la fin de cet épisode de parasitisme politique.



Entamée il y a un an, la baisse va s'accélerer
Entamée il y a un an, la baisse va s'accélerer

Amusons-nous à être un peu marxiste pour une fois. Plus que de savantes digressions sur la néo-classe sociale des bobos ou des analyses sur la société des loisirs ayant envahi Paris, la clé du succès du delanoisme a été une aisance financière considérable depuis le début des années 2000. Cette prospérité était due au fait que les caisses municipales étaient pleines sous Tiberi, que la dette a augmenté et les impôts locaux directs également.

Mais elle était surtout due à l'envol des droits de mutation liée à la hausse du prix de l'immobilier. Là où Tiberi disposait de 300 millions d'euros en moyenne par an, Delanoë put empocher plus de 800 millions. La différence était largement équivalente à celle du produit de la taxe d'habitation. Une vraie manne qui permit de financer sans trop de douleur pour le contribuable les dépenses clientélistes à outrance et les opérations de fête à Neu Neu qui ravissent tant les médias.

L'envol du prix de l'immobilier eut un autre effet, largement ignoré par les commentateurs politiques. Un "effet de richesse" selon la définition des économistes, c'est à dire le sentiment d'enrichissement d'agents qui s'estiment avantagés par une situation donnée.

Il y avait bien sûr les propriétaires n'ayant pas l'intention ou le besoin d'acheter plus grand. Mais il y avait aussi et surtout, pour les socialistes et leurs alliés, les locataires dans le parc social. Comment ne pas être content en observant que dans l'immeuble d'en face, dans le secteur privé, le mètre carré se louait trois fois plus cher que celui qu'on payait dans un immeuble de la ville ? Le sentiment de privilège était à son comble et irriguait l'esprit de nombreux logés sociaux, plus ou moins conscients du phénomène et reconnaissants à la mairie. D'où l'obsession quasi-névrotique des socialistes, à chaque conseil municipal, d'étendre le parc social par de ruineuses préemptions.

Que se passe-t-il maintenant que le prix de l'immobilier commence à décroître ? D'abord, les rentrées de droit de mutation vont baisser substantiellement, strangulant financièrement Hidalgo qui se débat dans la recherche de recettes de poche, la dernière étant une taxe poids lourd après son échec en matière de séjour hôtelier.

Mais le pire est à venir pour les socialistes : le jour où le prix des locations dans le social se rapprocheront de ceux du privé. Soudain, les écailles tomberont des yeux des électeurs/locataires sociaux/socialistes. Ils sont plus de deux cent mille à Paris, près d'un tiers du corps électoral. Ils verront que leurs immeubles sont mal entretenus, que les rues sont sales, que les impôts ont augmenté, que les festouilles sont infantilisantes, etc.

Cette prise de conscience aura du reste une dimension larvée et inconsciente.

Alors, bien plus que tous les efforts de l'opposition et des rares voix discordantes, le delanoisme apparaîtra pour ce qu'il a toujours été : une vaste mais provisoire entreprise de dilapidation clientéliste des richesses de Paris qui aura fait prendre à la ville deux décennies de retard sur les grandes métropoles internationales.

Comment disaient Montand et le Nouvel Obs il y a longtemps déjà .. ? Vive la crise !

Lundi 22 Septembre 2014
Serge Federbusch






1.Posté par Alablanche le 24/09/2014 23:40
Personne ne le dit mais c'est ça sinon pourquoi contraindre les promoteurs immobiliers à intégrer des logements sociaux dans leur projet payés par les autres propriétaires?

2.Posté par Olivier FEUTRY le 28/09/2014 10:19
C'est une bonne chose d'encourager le mixité sociale dans le parc privé d'habitation car, grâce à cela, les propriétaires privés veillent régulièrement aux respect du bon état de l'immeuble par les locataires sociaux. Tous les pays performants de l'OCDE (c'est-à-dire tous les pays occidentaux sauf la France lol), comme le Canada par exemple, le font. Et ce même s'il existe un surcoût par rapport à des logements 100 % privés.

Il faut pousser maintenant la logique dans le sens inverse. Concrètement, les bailleurs sociaux doivent vendre massivement des lots afin d'avoir un nombre substantiel de propriétaires privés dans le parc locatif dit social.

Mais bien sûr, là, il y a un hic pour nos chers rentiers socialistes.

Ils ne souhaitent pas en effet voir des personnes privées s’immisçaient dans la gestion d'un système géré de manière soviétique, véritable fromage pour petits bourgeois socialistes soucieux d'améliorer leurs fins de mois tout en veillant au passage à se créer une clientèle électorale.

A ce sujet, il faut absolument lire le bouquin de Philippe ALEXANDRE et de Béatrix DE L'AULNOIT intitulé HEUREUX COMME UN SOCIALISTE EN FRANCE chez PLON. Edifiant ! Ce livre relate des faits généralisés sur tout le territoire national où le parti socialiste se livre de manière directe ou indirecte à des détournements de fonds publics massifs. La condamnation en appel de Sylvie ANDRIEUX, députée des Bouches du Rhône, il y a quelques jours, ne devrait être en la matière que le début d'une longue saga judiciaire si les juges font leur travail, c'est-à-dire cessent de de se comporter en militants socialistes mais au contraire redeviennent des magistrats indépendants soucieux de juger au nom du peuple français.

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