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Arrêt Buffet en gare d'Austerlitz



Depuis 5 ans, le sort du buffet de la gare d'Austerlitz est en suspens, menacé par les planificateurs enlisés de la Zac Paris Rive Gauche. Une étude, commandée par une SEM de la ville, semble dire tout et son contraire. Pour les uns (les associations), elle démontre la possibilité de le sauver, pour les autres (mairie et SNCF) elle exclut son maintien.

Jacques Gauthier vous aide à y voir plus clair et à comprendre comment cette histoire révèle surtout l'incapacité municipale à achever correctement l'aménagement de cette zone.



Arrêt Buffet en gare d'Austerlitz
Le buffet, vu depuis l'avenue Pierre Mendès-France, coupe assurément la perspective ouest de cette artère bâtie sur pilotis, bordée d'immeubles de bureaux et plantée d'arbres vivotant dans des bacs en béton aménagés dans l'épaisseur de la dalle-mère de la ZAC Paris Rive gauche. Sa conservation, demandée par le comité permanent de concertation de PRG a fait l'objet d'une étude confiée par la SEMAPA, aménageuse du site, à deux architectes Messieurs Brès et Mariolle. Il s'agissait de savoir si ce buffet pouvait servir d'entrée monumentale à la gare d'Austerlitz pour les voyageurs déboulant de l'avenue PMF ou du pont Charles de Gaulle.

Les conclusions de cette étude en date du 15 juin 2009 sont en réalité, il fallait s'y attendre, sans appel : le buffet est trop long (il ne permet pas d'évaser l'avenue PMF sur le quai d'Austerlitz), il est trop étroit (sa largeur est insuffisante pour en faire un lieu de passage et absorber les flux piétonniers) et le plancher du premier étage est mal placé (il n'est pas au niveau du trottoir pour assurer commodément la liaison entre gare et voie publique).

Ainsi, même conservé à l'état de simple coquille ouverte à tous les vents comme un gibet, le buffet resterait indigeste aux managers de la gare d'Austerlitz. Démoli, il permettrait aux employés des bureaux de l'avenue PMF (la ville haute dans le jargon urbanistique de la mairie de Paris) d'avoir une vue plongeante sur le viaduc de la ligne 5 du métro, comme cette avenue leur offre déjà une vue sur celui de la ligne 6, bd Vincent Auriol.

L'avenue PMF se terminera donc, en balcon sur la cour du départ de la gare d'Austerlitz avec des rampes pour y descendre les valises à roulettes, rampes qui feront le bonheur des rolleurs et des skateurs !

Cette vision idyllique de l'urbanisme sur dalle est peu convaincante. Ainsi, pour remonter vers la "ville haute", on n'a pas prévu d'escaliers mécaniques et les voyageurs désireux de rallier la gare de Lyon devront ahaner sur les rampes pour charrier leurs bagages comme ils le font depuis longtemps dans l'escalier de la rue d'Alsace pour aller de la gare de l'Est à celle du Nord.

L'affaire du buffet n'est cependant qu'un détail dans les travaux de la gare d'Austerlitz dont la composante principale demeure son aménagement intérieur repoussé continuellement depuis le démarrage de la ZAC PRG en 1991. Alors que la gare abrite la station de la ligne 5 du métro et que celle de la ligne 6 est située sous la cour de l'arrivée, les voyageurs sortis du métro sont obligés de faire de longs cheminements dans des couloirs labyrinthiques pour accèder au quai des départs de la gare.

Même observation pour les passagers du RER C qui sont tenus de passer par une salle d'échanges basse de plafond encafouinée sous la station pour ensuite remonter à l'air libre dans la gare alors que la voûte de la station du RER s'étend sous les quais.

Il serait plus simple de faire converger toutes les connexions en coeur de gare pour faciliter la vie des voyageurs et, pour activer cette mutation, il serait bon d'en confier le pilotage à la future société d'aménagement du Grand Paris dont la mission principale sera justement de mettre en oeuvre les nouvelles gares de la rocade francilienne. Ainsi, l'impéritie municipale sera sanctionnée et les choses pourront enfin avancer dans la bonne direction. Il faut bien qu'un jour ou l'autre, sur des sujets aussi importants pour le bien être quotidien de tous les Franciliens et au-delà, la "nullitude" de la mairie, pour employer un vocabulaire poito-socialiste, soit contournée.

Quant au futur buffet, Delanopolis suggère de l'installer sous la grande halle avec vue plongeante sur le quai transversal et passerelle de liaison entre buffet et ville haute.


Samedi 26 Septembre 2009


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par Pierre MOINE le 07/02/2012 20:40
Le buffet de la Gare d'Austerlitz a rendu l'âme en ce début de février 2012. Terminus, tout le monde descend, Bertrand m'a tuer. La gauche plurielle devra un jour rendre des comptes sur les méfaits architecturaux de la ZAC Rive gauche.

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