Dans le rôle du méchant : Michel Gaudin, en charge de la police.
Delanoë a fait mine de s'énerver quand Gaudin, à l'occasion de l'opération de communication dite "rendre les voies sur berges aux Parisiens" a fait son travail, à savoir se soucier des conditions de circulation et d'évacuation d'urgence sur cet axe d'intérêt national. Contrairement à ce qu'affirme la mairie, il ne s'agit pas uniquement d'une opération d'aménagement mais également d'une question de circulation sur une voie qui ressortit de la compétence préfectorale et qui est au coeur du Grand Paris.
Ce que demande Gaudin, à savoir une expérimentation du dispositif envisagé par la mairie, relève de la plus élémentaire logique. Du reste, Lepetit avait réclamé haut et fort un même dispositif quand la préfecture a voulu réserver une voie du Périf' nord aux taxis. Ce qui vaut pour le Périf' vaut naturellement pour les berges.
Ajoutons que la place de la République nécessite également que les projets ubuesques de la mairie soient testés avant d'être inscrits dans le bitume. L'association Vigilance-République n'aura de cesse de réclamer cette épreuve de vérité.
Cette question de l'expérimentation est hautement significative. Il est plaisant de constater que Delanoë & Co est tout agité dès qu'on évoque le principe de réalité. Poussée dans ces retranchements, la Voix de son Maire, affirme que, si le tramway avait été expérimenté avant son lancement, on ne l'aurait pas réalisé. Mais ce "raisonnement" est absurde de bout en bout. D'une part, on ne pouvait expérimenter un moyen de transport qui n'existait pas. Alors que pour les berges ou la République, il ne s'agit que de réaménager des espaces. Le test est logiquement possible et peu coûteux.
D'autre part, le bilan réel du tramway est escamoté par la mairie qui ressasse son prétendu succès. Mais il est pitoyable : peu de passagers supplémentaires transportés par rapport à l'ancien bus PC, des reports de circulation polluants et un coût exorbitant ( voir notre dossier tramway ). Enfin, précisément, si l'expérimentation n'est pas concluante, c'est bien qu'il faut renoncer à un mauvais projet !
Face à l'enlisement des Halles, des Batignolles et de tous les grands chantiers parisiens, l'opération "reconquête" des berges n'est en réalité destinée qu'à détourner l'attention des médias et amuser la galerie. Une fois de plus, l'effet à court terme des annonces est privilégié sur les besoins à long terme de la ville et de son agglomération. Et c'est aux deux préfets de défendre l'intérêt général contre une pseudo-légitimité "intra-périphérique" qui n'est que démagogie.