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DELANOPOLIS
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Culturissimo, le dernier sprint culturel du Delanopolis à Paris !



Au menu cette semaine : Degas, Target, 38 témoins, Helmut Newton, Benoit Grimbert et la Beauté animale, dans l'ordre ou le désordre ...



Le mateur et l'amateur
Le mateur et l'amateur
Vous pouvez commencer par vous remémorer à quel point Edgar Degas était un artiste exigeant, novateur et passionnant en allant admirer les nus que le musée d'Orsay a rassemblés. Pas une de ses oeuvres ne cède à la facilité, ne reproduit une recherche ou une intuition déjà formulée précédemment. Degas, c'est la révolution plastique permanente. La sublime série des monotypes âpres et noirs, à peine rehaussés de subtiles couleurs, fait des maisons closes des temples où le laid et le beau expriment la domination physique et sociale. Il n'est pas un détail du moindre pastel qui n'explore une façon de montrer le corps humain dans sa plasticité étonnante.

Beaucoup plus fixes sur le plan formel, les photographies d'Helmut Newton, au Grand Palais, sont des moments de franches réjouissances. L'ironie est omniprésente, une insouciance et une légèreté que l'univers vain et déglingué du luxe procure aisément. Newton s'est amusé comme au gamin au milieu de ces top-models, de ces célébrités de l'injuste milieu, sorte de Daumier du glamour. Qu'il est drôle de voir la mine décontenancée des bobos passant devant le magnifique portrait de Jean-Marie Le Pen, installé sous un chapeau : "les fameux et les infâmes que j'aime et que j'admire" ! Quand on pense que beaucoup de ces superbes clichés avaient été promis à la France, ainsi que la collection personnelle du débonnaire Helmut, et que nos conservateurs de musée en avaient refusé le legs, on se dit qu'il faudrait interdire définitivement aux fonctionnaires de se mêler de culture.

Dans un genre fort différent, Benoît Grimbert, aux Archives nationales, expose les paysages péri-urbains décousus qui font le cadre de vie quotidien d'une majorité des habitants de cette planète. Celui qui voudra comprendre dans quelles conditions vivait le peuple, à l'aube du 21ème siècle, pourra, dans le futur, revoir ces images sans concession ni pathos. Les scènes viennent de Stains et des alentours, là où les Archives nationales vont être déménagées. Ici et là, des jeunes gens zonent, pour employer une merveilleuse expression inventée par les banlieues qui traduit à la fois le faire et l'être, les lieux et les hommes.

Du côté des salles obscures, signalons d'abord la surprenante bonne surprise de "Target", qui pourrait aisément passer pour un navet à destination des adolescents attardés mais qui est un film acidulé et drôle dépeignant avec une ironie bien camouflée les codes, us et coutumes des jeunes gens friqués de L.A. Le personnage de l'amie-confesseuse de l'héroïne, au langage plus cru qu'un régiment de charretier, est à retenir.

38 témoins, de Lucas Belvaux, confirme le savoir-faire et l'exigence professionnelle de ce réalisateur qui cherche, de film en film, à nous montrer la France d'aujourd'hui sans fard mais sans nous barber. Le thème de la lâcheté collective est traité avec un brin d'invraisemblance, mais l'exercice est quand même mené efficacement avec un Yvan Attal déjà bien dirigé dans "Rapt" quand il s'agissait d'évoquer les déboires du baron Empain.

Et c'est en confessant une légère déception après la visite de l'exposition sur la beauté animale au Grand Palais que nous vous quitterons, très provisoirement. Il eût été plus intéressant de profiter de ce magnifique sujet pour scruter plus profondément les relations entre la représentation de l'homme et celle de ceux qu'il nomme les animaux. De même, l'absence complète d'oeuvres d'Amérique, d'Afrique ou d'Asie, ouvre une béance dans l'intérêt scientifique de l'exercice. L'animal a été traité bien différemment par ces autres "civilisations" qui se valent toutes dès lors précisément qu'elles sont des civilisations.




Dimanche 8 Avril 2012
Serge Federbusch






1.Posté par Gaspardgrognard le 10/04/2012 11:42
Il reste que, pour qu'un artiste soit reconnu et intéresse nos concitoyens qu'il soit mort.
Et la fébrilité de ne pas faire partie de ceux qui « n'ont point vu » le simple pékin accepte d'attendre une heure, voire plus, pour se précipiter dans ces expositions.
Mais quand on évoque devant eux les artistes actuels, qui n'œuvre pas nécessairement avec un pinceau ou un ciseau de sculpteur, nos pékins préfèrent regardez un match de foot ou de rugby à la télévision.
L'art est toujours difficile, comme la peinture à l'huile !

2.Posté par Hipstagazine.com le 11/04/2012 16:00
"Un éléphant qui se balançait
Sur une toile, toile, toile, toile d'araignée
Trouva ce jeu tellement amusant
Que bientôt…

La peinture à l'huile
C'est bien difficile
Mais c'est bien plus beau
Que la peinture à l'eau ! "

Le Delanopolis innove !

Comme sur le pont d'Avignon, l'on y chante...
Nous, on déchante.

Monsieur Delanopolis,

Vous, notre Petrone...
Vous avez heurté nos regards.
Homme de goût dont HIPSTAGAZINE loue chacune de vos
élégances...
L'iconographie de votre dernier sprint cul-turel
nous déçoit fort.
Vous eussiez dû opter pour des trains arrière
plus callipyges.
Qu'est-ce à dire ?



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