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L'ardente Chapelle


Que se trame-t-il sous la Chapelle ? Cette question un peu technique, qui ne semble pas passionner les élus et les médias, est pourtant un des sujets sensibles de l'urbanisme parisien aujourd'hui.

Jacques Gauthier est allé poser un cierge pour y voir plus clair. Face à un maire qui biaise et ne joue pas franc jeu , il dénonce les cachotteries municipales et entr'ouvre la porte de la Chapelle.



L'ardente Chapelle
La photo ci-contre représente le pont-rail de la porte de la Chapelle qui semble posé sur la chaussée. Il ne s'agit pas d'une illusion d'optique mais d'une réalité topographique. Le centre du croisement de l'avenue de la porte de la Chapelle et du boulevard Ney est le point le plus élevé du carrefour car il surplombe le passage souterrain du boulevard dont le comblement est programmé pour le début de l'année 2010.

Or, le passage routier du bd Ney est dans le collimateur de la mairie, un des 4 ouvrages d'art à supprimer pour faire passer le tramway T 3, les trois autres étant le viaduc de la porte de Vitry, le passage souterrain de la porte de Charenton et le viaduc-terrasse de l'entrepôt Macdonald.

Mais le comblement de ce passage routier pose un problème scandaleusement éludé lors de l'enquête publique sur l'extension du T3, dont l'instruction justifierait à elle seule l'organisation d'une enquête complémentaire : il est contradictoire avec l'enfouissement de la ligne du train Charles de Gaulle-Express, réclamé aujourd'hui par Delanoë dans sa querelle avec l'Etat (voir par exemple en cliquant ici ).

Petit rappel en effet : le dossier de candidature PARIS JO 2012 prévoyait, tout au contraire des intentions actuelles, d'utiliser ce passage pour les navettes de CDG Express et de permettre la suppression du pont-rail qui bloque les élans de la mairie. Celui-ci commence au niveau du Périphérique et se termine à l'entrée de la gare de Chapelle charbon. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'un vrai tunnel mais d'une galerie couverte de 500 mètres de longueur comparable à celles du RER C à Pereire ou quai Saint-Bernard. Son tracé est décalé au sud par rapport aux ponts-rails qu'elle remplace pour utiliser au maximum le volume du passage routier souterrain.

Ce projet avait été validé par la mairie de Paris lors de sa communication à la commission d'évaluation technique du CIO venue visiter les sites olympiques en mars 2005 et exposé dans le numéro 36-37 de la revue Paris Projet réalisé par l'APUR intitulé " Renouvellement urbain et JO ". Le coût des travaux d'enfouissement des voies ferrées avait été estimé en 2004 à la somme de 87 M €.

Le maire de Paris a donc la mémoire courte, alors qu'il demande à cor et à cris au gouvernement cet enfouissement, de ne pas exposer au public le dossier des JO qu'il présenta fièrement aux membres du CIO et, dans le même moment, d'oeuvrer au comblement du tunnel.

Ce dossier mériterait du reste d'être entièrement retravaillé car, depuis l'enquête publique sur l'extension du T3 au printemps 2008, deux événements sont intervenus : le premier est l'annonce en février 2009 de l'installation de la nouvelle université Condorcet porte de la Chapelle (site de la gare Dubois) qui pourrait justifier une station supplémentaire sur la ligne CDG Express et le second est la signature du protocole d'accord entre la ville de Paris et Plaine Commune en octobre 2008, qui associe étroitement cette communauté d'agglomération aux travaux d'aménagement de la porte de la Chapelle.

Quelles seront les conséquences de la suppression du passage routier sur les déplacements entre Saint-Denis et Paris ? Le sujet n'a pas été abordé au printemps 2008 et une enquête publique complémentaire serait la bienvenue pour tenir compte de ces éléments nouveaux.

Bertrand Delanoë, qui vide les poches des Parisiens pour combler le passage souterrain de la porte de la Chapelle, fera-t-il l'effort d'une enquête complémentaire ?

On le chante désormais sur les fortifs :

"Porte de la Chapelle, un tunnel sommeille
C'est celui de Roissy qui cherche de l'oseille
Bertrand le portier se bouche les oreilles
Et dit : n'insistez pas, elle est vide ma corbeille ! "


Dimanche 6 Septembre 2009


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par andrei le 11/10/2009 14:29
Le vrai problème posé par la disparition du tunnel routier à cause du tramway, c'est la faiblesse du report modal. Plus précisément, trop peu d'automobilistes chevronnés délaissent leur tuture adorée au profit des transports en commun.

Porte d'Italie, où le tunnel a été comblé pour faire place au tram, on a droit à de beaux embouteillages en heure de pointe, et à un joyeux bazar même le week-end. On peut parier que le même scénario se reproduira à la Chapelle.

La faute à qui, la faute à quoi ?

Premièrement, au manque cruel de transport lourd en surface. Le métro est pertinent pour certains volumes de voyageurs, l'autobus articulé pour d'autres. Entre les deux, nous avons le tramway. Mais, des lignes de tramway, en Ile de France, il n'y en a pas des masses. Ce qui nous vaut des bus articulés surchargés sur la ligne 183, par exemple. Alors, entre s'entasser dans des autobus à la limite de l'explosion et traîner assis dans leurs tutures, les parisiens et les franciliens ont vite fait leur choix.

Deuxièmement, la faute de la mentalité "tout auto" de certains. Si nous les écoutions, l'intégralité du transport en commun devrait se faire en souterrain, pour ne pas gêner l'égoïste parisien qui va acheter sa baguette en 4x4.

Troisièmement, à une certaine inertie de l'Hôtel de Ville face aux transports en commun. Avoir obtenu que l'intégralité des bus parisiens soient accessibles aux personnes en fauteuil roulant dans X mois, c'est très bien. Avoir fait des couloirs de bus et des systèmes de priorité aux feux, très bien aussi. Quant au tram des Maréchaux, n'en parlons pas, tout le monde l'ovationne, même sur Delanopolis. Mais, BD aurait pu faire mieux. Plutôt que de dépenser 200 M€ dans un stade dont personne ne veut, il pourrait étendre le tram des Maréchaux jusqu'à Maillot. Il aurait pu négocier avec le STIF et la SNCF, et affecter des moyens financiers pour obtenir un tram sur la Petite Ceinture Est, éventuellement relié aux banlieues Sud-Est et Nord. Les raisons tiennent plus de sa personnalité que de la raison cartésienne.

2.Posté par Alain le 19/07/2011 21:23
Arrêtez un peu de nous bassiner avec le tout-transport-public. Lorsque je travaillais (installateur d'antenne), je devais transporter en permanence un poids important de matériel, câbles, matériel technique, matériel de mesure, outillage, antennes, accessoires, échelle 3m en deux éléments, etc) êtes vous assez stupide pour prétendre que j'aurais pu faire cela dans un transport public ?

Non seulement je devais transporter le matériel que j'installais, mais je devais aussi prévoir du matériel supplémentaire pour les cas particuliers, les "surprises" (il y a toujours sur les chantiers), et les dépannages éventuels.

Qu'ai-je vécu au cours des dernières années, et particulièrement avec les délires de l''équipe Delanoé ? des rues bloquées, des sens uniques inversés, un stationnement de plus en plus difficile (non, pas par l'augmentation du nombre de véhicules, mais par le sabotage systématique du stationnement dans Paris), les contraventions, le risque de fourrière, etc, Paris est devenu un enfer, j'ai honte en voyant que Delanoé a encore des admirateurs, je ne le comparerai pas à Staline, mais ce n'est l'envie qui me manque.

J'ai résolu le problème en partant ailleurs, loin, et finalement en prenant ma retraite, loin aussi. Mais aujourd'hui, lorsque je passe par Paris et que j'invite au restaurant ma chère Maman (100 ans et 8 mois, ça compte, en juillet 2011), je ne peux pas lui infliger le métro et ses escaliers (oui, je sais on construit des escalators et des ascenseurs aujourd'hui, mais au début du métro, c'était déjà un immense progrès d'avoir ce réseau sousterrain), si je veux prendre ma voiture, c'est encore et toujours avec le stress des flics postés à tous les coins de rues et les PV qui pleuvent. A ce propos, un exemple du racket actuel : ne pas présenter son certificat d'assurance était passible d'une amende de 35 euros qui sautait si le document était présenté dans les trois jours, trop beau, maintenant c'est 135 euros ! Messieurs les racketteurs, allez vous faire foutre.

3.Posté par Tram'man le 20/01/2012 09:32
Bel exemple de "raisonnement" égoïste et, finalement, stupide. "Moi j'ai besoin de me déplacer en voiture, donc toute la ville doit s'adapter à Moi"... On dirait du Gérard Massip converti à l'automobile !

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