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LA VILE HÔTESSE




Christiane Chavane tire sur l'Olympe !



Faites le taire !
Faites le taire !
Notre Khmeresse est allée faire un gueuleton à nos frais à Lima pour fêter sa grande victoire : nous aurons les Jeux Olympiques Jupitériens en 2024. Victoire facile puisque toutes les autres villes ont déclaré forfait, la dernière en lice étant Rome qui a eu le tort de demander à ses citoyens ce qu’ils en pensaient. Stupidalgo n’aurait jamais commis une telle erreur. Quant-à Los Angeles qui rivalise de boboïsme avec Paris, ils auront ceux de 2028, et ils ont réussi à se faire payer par le CIO pour les préparer (enfin quand je dis le CIO, je me demande si Paris n’y est pour rien et si ça ne va pas se traduire par une subvention de la France pour payer les infrastructures des Américains). L.A. ne voulait pas faire le plaisir à Trump de faire les jeux pendant son mandat. Quelque part je pense que Trump s’en fiche éperdument.

Donc les joyeux drilles qui nous ont préparé cette horreur se sont exclamés : « les jeux sont faits ». En général c’est là qu’on ajoute : « Rien ne va plus » !

Pour fêter ça Notre Drame de Paris aurait débaptisé la station de Métro Hôtel de Ville. Je dis « aurait » parce que je ne suis pas allée voir sur place. Elle s’appellerait désormais : Ville-Hôte, Paris 2024. La Ville Basse c’est pour la prochaine crue de la Seine. J’espère que ça ne va pas aller jusqu`á changer tous les plans de métro y compris à l’intérieur des rames.

Du coup notre Mairesse devient Vile Hôtesse. CQFD.


LEVOTHYROX

Une véritable hystérie s’est emparée des utilisateurs (3 millions) de ce médicament. D’autres en profitent pour fustiger les vilains laboratoires pharmaceutiques… Dans ce pays toute modification est en général assortie d’une absence totale d’information sérieuse et se termine en cris de délires. Alors je voudrais remettre ici les pendules à l’heure.

- Ce n’est pas le laboratoire Merck qui a décidé de changer de formule, mais l’ANSM (agence nationale pour la sécurité des médicaments) qui le leur a imposé. En 2012. La raison : le lactose désactivait le principe actif au bout de 6 mois, et en plus c’est un allergène. Logiquement ça ne dérangeait pas grand monde puisque la sécu interdit aux pharmaciens de délivrer plus de 1 mois de traitement à la fois, ce qui interdit tout stockage, et puisque, depuis au moins 50 ans que cette spécialité est sur le marché il n’a jamais été rapporté de problème allergique. Mais nous sommes au pays du principe de précaution.

- Le Levothyrox dont le principe actif est la lévo-thyroxine sodique est indispensable aux personnes souffrant de carences thyroïdiennes, ou ayant été opérées de la thyroïde. Il en existe deux formes sur le marché : le Lévothyrox en comprimés avec différents dosages, et la lévothyroxine sodique en gouttes, très peu vendue, réservée à des cas particuliers : enfants qui ont du mal à prendre des pilules par exemple, et de préférence pour de faibles dosages.

- Il n’existe pas de générique en France. Le seul qui existait a été retiré du marché. Le produit d’origine est très bon marché, Merck perd de l’argent à chaque boîte vendue, la SS fixant des prix indécents. Merck se rattrape sur les autres marchés où existent par ailleurs des génériques.

- Merck a mis 5 ans pour mettre au point la nouvelle formule car la Lévothyroxine est très difficile à stabiliser. Le Mannitol et l’acide citrique qui remplacent le lactose sont très régulièrement utilisés en pharmacie. Cela dit le dosage est très difficile à mettre au point, chaque patient réagissant à sa façon, et il était à peu près évident qu’un changement de formule ne serait pas sans conséquence pour certains utilisateurs.

- Les pharmaciens qui délivrent le produit auraient dû prévenir leurs clients qu’en cas de problème il fallait aller voir son médecin, ils ne l’ont pas fait, ils se sont contentés de dire que les boîtes avaient changé de couleur. Pharmaciens ou épiciers ?
Le résultat ne s’est pas fait attendre : environ 9000 personnes ont été recensées comme subissant des effets secondaires avec la nouvelle formule, ces effets provenant de sous-dosages ou de sur-dosages. Mais nous sommes en France, le pathos prend le pas sur la raison. Chacun y est allé de sa complainte sur internet, les gens se sont montés le coup les uns les autres, une pétition a été mise en ligne, même le show-Biz s’y met. Tout le monde devient docteur…

Or il n’y a qu’une chose à faire : si l’on se découvre un souci avec le nouveau Levothyrox, il faut aller voir son médecin qui prescrira une analyse sanguine, fera doser les hormones thyroïdiennes et réajustera le dosage en fonction des résultats. C’est tout !
C’est aussi le rôle du médecin et de lui seul de faire remonter au comité de pharmacovigilance, et au laboratoire pharmaceutique concerné, les problèmes rencontrés, et ce sur la base d’analyses réelles et non de « j’ai l’impression que ».

Or qu’on fait les patients qui ne supportent pas le changement ? Certains ont trouvé des médecins complaisants qui leur ont prescrit des gouttes, créant ainsi une pénurie sur une formulation importante pour les gens qui ne peuvent faire autrement. D’autres n’ont rien fait du tout et se plaignent alors qu’il serait urgent pour eux d’aller faire un bilan hormonal. Notons que les médecins qui sont rentrés dans ce jeu sont des gougnafiers, ils n’ont pas fait leur boulot, ont abondé dans le sens des crieurs pour accuser le laboratoire afin de se faire bien voir de leurs clients.

Que fait la ministre, affolée par le problème : elle met tout d’un coup des génériques sur le marché : des produits refusés en France depuis des années mais acceptés ailleurs. Elle oublie une chose : les patients qui sont correctement dosés avec une formule ne le seront peut-être plus avec une autre : on ne passe pas impunément d’un générique à l’autre : quand on tient le bon, on le garde. Elle va réautoriser l'ancienne formule aussi, qui pourtant ne plaisait pas à l'ANSM. C’est encore une fois la politique de Gribouille.

Il faut reconnaître que dans ce triste pays, utiliser la voie logique ne mène qu’à des impasses. Il faut gueuler pour être entendu, même quand on a tort.

Quant à Merck ils s’apprêtaient à retirer l’ancienne forme du marché partout en Europe, parce que perdre 38 millions d’euros en études pour un produit qui ne se vend qu’en France n’a aucun sens et qu’ils ne vont pas garder deux productions différentes. Sans doute attendront ils que cette affaire soit réglée, et feront-ils en sorte qu’ailleurs en Europe, la communication soit moins lamentable.

Dimanche 17 Septembre 2017


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par Hauben Meise le 18/09/2017 09:27
Merci Christiane pour la mise au point.
C'est bien le seul article qui explique les choses clairement et qu'on attendait. En effet, les imprécations multiples et désordonnées incitaient à la plus grande circonspection, d'autant plus qu'il est d'usage (et tellement facile), désormais depuis des lustres, de rendre les laboratoires responsables de tous les méfaits.

2.Posté par Maurice le 19/09/2017 06:24
Je viens de lire d’où venait le problème de ce médicament, je ne l’ai pas lu ailleurs de façon aussi détaillé, c’est à ce genre d’article que l’on reconnaît ceux qui font des recherches pour informer au lieu de modifier des copiés collés à la va-vite !
Ce qui ne va pas pour la vente, en France de ce médicament, c’est qu’il est encore en vente avec l’ancienne formule dans d’autres pays, pourquoi faut-il attendre 2 ou 3 semaines pour qu’il le soit dans nos pharmacies ?
N’y aurait-il pas des stockes à vider comme pour le sang contaminé ?
Des entreprises auraient-elles mis dans le plateau de la balance des suppressions d’emplois voire des fermetures ? (ils sont capables de tout pour liquider les stockes)
Une question :
la ministre n’était-elle pas dans l’organigramme de société pharmaceutique avant le poste qu’elle occupe actuellement et peut-être a-t-elle encore des intérêts chez eux ?

3.Posté par Challier le 20/09/2017 01:38
La station s'appelle bien comme cela.
Mais sur un panneau sur deux, pour les murs de la station.
Pour les autres panneaux, comme les sorties, il reste Hôtel de Ville qui est là depuis le moyen âge (la maison aux colonnes du prévôt des marchands). Les exécutions avaient lieu en place de Grève avec mise au pilori, pour que les passants puissent cracher sur les condamnés, les jours précédents.
Pour les crimes honnêtes, c'était la décapitation, et pour les crimes malhonnêtes c'était la pendaison, mort infâmante : voyez ce que je veux dire.

4.Posté par Didier le 25/09/2017 16:58
Un point me pose question sur ce qui s'est passé avec le levothyrox.

Si je comprends bien, dans la nouvelle formule ce sont donc ce qu'on appelle les excipients qui ont changé. Donc avec cet exemple, il s'avère que le changement des excipients dans un médicament peut avoir des conséquences importantes. Donc les excipients ont une raison d'être dans une forme galénique donné.

Du coup une petite chose me taquine, les excipients c'est pas ce qui diffère entre les médicaments de marques et les génériques?

Mon pharmacien (oui oui celui qui recoit une prime de la part de la sécu s' il me vend des génériques) m'a assuré que les excipients s'ils sont modifiés c'est pas grave, ca change juste la couleur du comprimé et ça n'a aucun impact sur le traitement!

Du coup je me dis que le problème du lévotyrox et le discours de mon pharmacien (qui m'a bien expliqué que lui il sait et que moi pôvre ignare je ne sais pas) sont incompatibles!

Donc j'en arrive à la conclusion suivante, soit les excipients ca sert bien à quelque chose et le discours de mon pharmacien (formaté par notre sécurité sociale) est faux et dans ce cas là je me pose la question des génériques, de leur efficacité voire de leur toxicité soit les problèmes de santé des 9000 personnes (qui ont changé de formule de levothyrox) ne sont que pure coïncidence!

Bon d'accord mon raisonnement ne tient qu'avec un unique exemple et cela peut être considéré comme une argumentation faible!

Mais cela me rappelle les histoires avec le plavix dont le générique a été retiré du marché. Je vous invite à regarder les journaux scientifiques à ce sujet (Bioequivalence in the Real World Is a Complex Challenge The Case of Clopidogrel publié dans Journal of the American College of Cardiology Vol. 61, No. 5, 2013). ll semblerait même que cela aurait eu pour conséquence de voir les médecins conseils de la secu demander aux médecins prescripteurs de ne pas prescrire le générique du plavix

Au passage je vous invite à lire cet article du journal Le Monde (journal tout a fait sérieux) où il est expliqué que le laboratoire qui produit le plavix est condamné à payer 40 million d'amende pour avoir décrié le générique (http://mobile.lemonde.fr/entreprises/article/2016/10/19/une-amende-de-40-millions-d-euros-contre-sanofi-confirmee-en-cassation_5016493_1656994.html?xtref=https://www.google.fr/).

Mais rassurons nous, la justice est indépendante dans ce pays et que les politiques publiques ne sont faites que dans l'intérêt des citoyens.

5.Posté par Maurice le 26/09/2017 06:15
Il ne fait aucun doute que les génériques ne sont pas exactement pareil, dans leur composition, que les médicaments d’origine, j’en ai fait la malheureuse expérience.
Comme beaucoup de patients, il m’a été proposé de prendre du générique à la place de l’original c’était pareil et cela m’évitait d’avoir à payer je ne sais plus quoi et d’avoir à attendre que la sécurité sociale me rembourse ; bien mal m’en a pris !
J’ai eu des problèmes dits secondaires au point que j’ai arrêté de prendre le médicament pendant un mois car il n’est pas faisable de revenir tout de suite à l’original en cas de problème, maintenant le médecin inscrit « non substituable » en rapport de la prescription du médicament en question ; je suis loin d'être le seul patient à être dans ce cas.
NOTRE santé nous regarde, personne ne devrait avoir le droit de nous obliger à prendre des médicaments qui ne conviennent pas en devant payer ! Si c’est une question d’économie, il y a bien d’autre possibilité d’en faire et pas besoin de chercher tant les cas de gabegies sont nombreux.

6.Posté par Lisa le 28/09/2017 17:36
Bonjour,
Juste quelques remarques concernant le levothyrox!

Si l'ancienne formule était instable au bout de six mois, pourquoi l'ANSM n'a pas demandé de raccourcir la date de péremption.

Si des malades de la thyroïde avaient des problèmes avec le lactose, pourquoi les médecins et endocrinologues n'ont pas prescrits des gouttes. Parce que c'est bien la raison qui a été invoquée dés que les problèmes avec la nouvelle formule sont parus dans les médias. Et encore heureusement qu'Annie Dupeyay prend du levo!

Ensuite, la raison de cette hystérie collective serait le manque d'information!
He bien, justement ce manque d'information prouve que les utilisateurs de la nouvelle formule qui ont problèmes ne sont pas des hystériques puisqu'ils ne savaient pas que les excipients avaient changés!

Les malades de la thyroïde ont mis parfois des mois ou des années pour arriver à trouver un équilibre avec leur traitement. Les dosages sont une chose et le set point en est un autre.
Ce qui signifie qu'aujourd'hui que des personnes parfaitement bien pendant des années voient leur mal être nié et on leur dit refaite des dosages et ça va s'arranger!

C'est inhumain d'entendre cela encore cette semaine à la radio!

Les hormones thyroïdiennes, ce n'est pas comme un manque de fer. C'est bien plus complexe que ça.

Si je prends du levothyrox, c'est parce que ce médicament m'est indispensable pour faire fonctionner tous les organes qui me permettent de vivre. Si on n'a plus de levo.........on meurt à petit feu.

Qu'est ce qui justifiait ce changement de formule? Je ne sais pas et on ne le saura probablement jamais.

Les 3 millions de malades servent de cobayes à l'industrie pharmaceutique et tous nos responsables politiques français et autres font silence sauf pour jeter l'opprobre sur ceux qui ne sont pas bien avec la nouvelle formule! C'est de leur faute, qu'ils fassent la prise de sang!
Ils n'ont même pas honte.

7.Posté par Maurice le 29/09/2017 05:34
-- Qu'est ce qui justifiait ce changement de formule? --
Vous le dites :
le lactose et la date de préemption de 6 mois.
--
Modifier une formule de médicament sans prévenir les patients est le signe du peu de considération qu’ont les responsable de cette entreprise de médicament, seul le profit compte !
Dans d’autres pays ce médicament continuait d'être vendu fabriqué avec l’ancienne formule, il est donc faisable de retirer ceux nouvelle formule pour importer ceux de l’ancienne formule, d’ailleurs les patients connaissant les pays où il est vendu vont en acheter, des reportages l’ont confirmé.

Devoir attendre pour que le médicament ancienne formule soit remis en vente me fait penser au sang contaminé, souvenez-vous que l’utilisation du sang contaminé à été une question de fric ! Il fallait « écouler les stockes », et une fois le scandale connu ses même stocks ont été vendu à des pays moins regardant, là encore pour ne pas perdre trop !
À chaque fois (ou presque, les cas contraire sont si rare ...) c’est le fric qui est la cause du problème.

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