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La friche pas mal


Un train nous passera-t-il sous le Ney ?

Dans "Voyage au bout de Lagny", Jacques Gauthier a révélé que les friches de Charonne-marchandises pourraient, grâce à la construction du futur dépôt de bus RATP, voir pendant 7 mois passer les trains de déblais du chantier. Ce n'est pas le seul exemple de ce que le site et les infrastructures de la petite ceinture permettraient dans Paris. En voici un autre.



Gare de la Chapelle-Charbons. Ce n'est pas la place qui manque et c'est dans Paris.
Gare de la Chapelle-Charbons. Ce n'est pas la place qui manque et c'est dans Paris.
Charonne marchandises n'est pas la seule gare de la petite ceinture désertée par les trains. Le 13ème arrondissement en aligne deux sur la carte de Paris. D'abord, la gare des Gobelins, encafouinée sous les Olympiades : à part le transport de riz cantonais on distingue mal le fret qui pourrait lui donner un deuxième souffle. Ensuite, celle de la place de Rungis, qui a été vendue à la ville de Paris pour y construire logements, bureaux et équipements collectifs. On a gardé la plate-forme ferroviaire, mais sans trop savoir qu'en faire.

Dans le Nord parisien, c'est l'inconnu car, malgré les incantations du PADD ( plan d'aménagement et de développement durable ) et du PDP ( plan des déplacements de Paris ) en faveur d'un FFF ( fret ferroviaire frétillant ), question projets, c'est le wagon-sleeping. Quel fret ? Pour quels clients ? Comment ça marche ? Combien ça coûte ? Il semble qu'aucun élu parisien ne se soit jamais posé ces questions... Le débat mollement entretenu sur le fret est un moyen de noyer la question de l'avenir réel de la petite ceinture.

Une friche en tout cas fait exception, celle de la gare de Chapelle-Charbons sous l'entrepôt Ney (18ème arrondissement), gare marchandises quasiment à l'état neuf car ni les voies ni les quais n'ont vu passer beaucoup de trains.

RFF, son propriétaire, a imaginé une solution new look. Il s'agit de transformer ce cénotaphe en atelier-garage de tram-trains à faire rouler sur la petite ceinture. La place est suffisante pour y loger tout le monde et il n'y a rien à craindre des voisins car, au-dessus, l'activité logistique fait autant sinon plus de bruits que l'atelier-garage n'en causerait.

Un dortoir et un centre de remise en forme de tram-trains ? Bravo ! La petite ceinture vaut mieux, en effet, que le seul usage de fret que le STIF, dominé par la région "socialiste", veut lui imaginer. Mais pour quel modèle de tram-train? Faut-il prévoir des wagons panoramiques ? Des wagons breakfast avec eggs and bacon ou des wagons p'tit déj. avec tartines beurrées et café crème ? On reste dans le flou car la nomenklatura a décidé de s'en désintéresser.

Le combat continue. Plutôt qu'un T3 ruineux et quasi-inconstructible, il faut garder un bus de proximité avec arrêt tous les 300 mètres environ sur les maréchaux et un tram-train réinventé sur la petite ceinture, entre pont Cardinet et Austerlitz avec 26 ou 27 stations.





Samedi 4 Avril 2009


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par Angerie Jacques. le 06/04/2009 12:42
J'ai connu la petite ceinture active : voyageurs de Pont Cardinet à Auteuil, "elle était très fréquentée matin et soir; je la prenais pour aller au lycée. L'horaire était parfait et régulier.
Si non la plupart des gare accueillaient le fret SNCF. La nuit des wagons de marchandises étaient chargé et déchargés à Auteuil, Batignoles, Pereire-Levallois, Buttes Chaumont et abattoirs de La Villette, Belleville, Bercy, etc...
Tous les jours vers 14h le "Londres Vintimille" traversait le parc des Buttes Chaumont dans des volutes de vapeur.
C'est curieux, mais malgré les machines diésel USA alors en usage pour la partie fret, les riverains ne se plaignaient pas et étaient heureux d'avoir un terminal pour leurs colis près de chez eux.
Le passage des rames "Standard" électriques rythmaient la vie des hôtels particuliers du 16° arrondissement et le passage des rames qui allaient au dépôt des Invalides rassemblaient les élèves de l'école Gerson, avenue Henri Martin.
Pourvu que les RER D et E arrivent au stade de régularité et d'exactitude qui était de mise alors!
Si le viaduc d'Auteuil n'avait pas reçu une bombe pendant la guerre, peut-être la boucle serait toujours en place.
Et puis pour finir, histoire de continuer à embêter les automobiles, pourquoi ne pas rétablir le tramway (par ailleurs bucolique) de Trocadéro à Versailles par la porte de Saint Cloud et Ville d'Avray!
Mais c'est devenu de l'histoire, et c'est comme la culture, nos cher élus en manquent cruellement.

2.Posté par andrei le 03/07/2009 15:44
"Et puis pour finir, histoire de continuer à embêter les automobiles, pourquoi ne pas rétablir le tramway (par ailleurs bucolique) de Trocadéro à Versailles par la porte de Saint Cloud et Ville d'Avray!"

Ce tramway allait, il me semble, du Louvre à Versailles. Aujourd'hui, c'est l'autobus 72 qui en a repris une bonne partie du trajet : Hotel de Ville - quais rive droite - Porte de St-Cloud - Parc de St-Cloud. L'autre partie, c'est le bus 171 Pont de Sèvres - Versailles.

Rétablir un tramway entre HdV et Versailles, en fusionnant plus ou moins le 72 et le 171 ? Intéressant, à condition que la fréquentation de ces lignes le justifie, ce qui n'est pas le cas. Et, pareil investissement serait plus utile pour faire un tramway à d'autres endroits, où il y a vraiement urgence : par exemple, entre la Pte de Vitry et Orly.

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