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La mairie de Paris enterre le plan climat pour mieux vendre le patrimoine (dans tout les sens du terme) !



Le malaise s’installe de plus en plus chez les agents de la Direction des Affaires Culturelles ...



Mine d'enterrement ...
Mine d'enterrement ...
La Maire de Paris a décidé de démanteler les services centraux de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) hébergés depuis de nombreuses années rue des Francs Bourgeois dans le IVème arrondissement. En substance, la direction elle-même, les ressources humaines, et les services associés à l’art contemporain (cinéma, photographie, arts plastiques) resteront dans le quartier du Marais, alors que le patrimoine et l’histoire iront rue du Pré, porte de la Chapelle (XVIIIe).

Cette décision est lourde de conséquence, les agents travaillant dans la sous-direction de l’histoire et du patrimoine intervenant quotidiennement sur les chantiers de restauration des édifices cultuels appartenant à la Ville (96 édifices en tout), notamment les églises, certains agents vont passer des jours entiers dans les transports en commun ! Un déménagement qui pour les personnels et l'intersyndicale CGT, FO, SUPAP, UCP et UNSA en dit beaucoup sur ce qui se passe dans la municipalité dirigée par Anne Hidalgo.

Décryptage…..

La Ville est incapable de gérer son parc immobilier : elle a vendu l’hôtel de Coulanges (35-37 rue des Francs Bourgeois) en 2014. Un bâtiment qui abrite une partie des services centraux de la DAC. Pourtant depuis cette date, la municipalité n’a pas été capable de reloger quiconque, où que ce soit. Mais devant livrer ce superbe hôtel particulier à son nouveau propriétaire en août 2017, elle a décidé de reloger les services gérant le patrimoine et l’histoire, dans une certaine précipitation et sans concertation avec les agents directement concernés, porte de la Chapelle !

Le siège du Crédit municipal de Paris loué à du privé : le Crédit municipal de Paris, filiale à 100 % de la Ville, possède un gigantesque siège social en plein centre de Paris. Les services de la Ville qui y étaient logés, doivent laisser leur place à des locataires privés qui paieront beaucoup plus cher. Les loyers permettent ainsi de pallier la situation financière délicate que vit actuellement le CMP (la Ville a dû recapitaliser la banque en 2015).

Observons les conséquences de cette impécuniosité, créée par les dépenses et gaspillages d'Hidalgo dans d'autres domaines.

Le plan climat est enterré : les services du patrimoine et de l’histoire devant intervenir quotidiennement dans le centre de Paris, ce déménagement improvisé implique des déplacements continuels des agents entre la porte de la Chapelle et le centre de Paris. Le plan climat n’est pas suivi par la Ville elle-même. Pour cinq jours de travail, certains agents passeront une journée entière dans les transports en commun et en voiture par semaine, ce qui ne fera qu’augmenter la pollution et les embouteillages. Pour mémoire, un agent du patrimoine et de l’histoire devant se rendre dans les salles d’expositions allouées par la DAC (bibliothèque Forney, Hôtel de Ville) perdra 1h30 dans les transports. Pour les ingénieurs et les conservateurs chargés de la restauration des églises, cela représente parfois jusqu’à deux heures de perdu par déplacement entre la porte de la Chapelle et les édifices eux-mêmes (Saint-Pierre de Montrouge, Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles).

Le plan église est suspendu : en octobre 2015, la Maire de Paris annonçait un plan de restauration des églises de Paris pour un montant de 80 millions d’euros. Ce plan est aujourd’hui purement et simplement impossible à atteindre. Un tel déménagement suppose une perte de charge allant jusqu’à 30 % pour la seule mandature. Le plan église ne pourra de toute façon pas être appliqué durant la mandature, la Ville elle-même le reconnait. Une promesse de la Maire qui ne sera donc pas tenue.

Le malaise s’installe de plus en plus dans les services de la Ville : cette improvisation dans la gestion de la Ville, puisqu’il faut dire les choses clairement, provoque un profond malaise. Les services de la DAC déménagent à peu près tous les cinq ans, impliquant des coûts de déménagement, des travaux d’installation, au budget exorbitant. Elle suppose une constante désorganisation des services par la mutation d’une part importante des agents. Elle provoque une incompréhension des agents devant des arbitrages autoritaires et non négociables.

Une hiérarchie de la culture au sein de la Ville ? On finit tout de même par se demander si ce déménagement n’est pas une sanction ? Observez que les services qui gèrent la création, l’art contemporain, la Nuit Blanche, le cinéma, ceux qui sont et budgétairement et médiatiquement les plus avantagés depuis le début de la législature, c’est le moins que l’on puisse dire, restent au centre de Paris alors que les services gérant le patrimoine, l’archéologie, l’histoire, la conservation ceux qui ont fait l’objet de nombreuses polémiques dans les médias, nous ne reviendrons pas sur les serres d’Auteuil, la halle Freyssinet, Notre-Dame du Lorette, ou la Commission du Vieux Paris, sont finalement sanctionnés, budgétairement et humainement.

Lire aussi ICI.

Mercredi 16 Novembre 2016


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par Parisien le 16/11/2016 16:50
Cette municipalité est d'une incompétence flagrante , incapable de géré correctement le budget, jetant l'argent par les fenêtres dans des aides disproportionnés pour des populations n'étant pas ressortissant européens , empruntant a tour de bras , frayant avec des individus louches (suivez mon regard vers la plus belle place de paris) , accordant des permis de construire avec une facilité déconcertant même le plus blaser des investisseurs.
Voila que maintenant elle brade de plus en plus vite le patrimoine parisien sous la pousser des banques qui veulent récupéré leurs prêt . Il est temps que les parisiens et parisiennes demandent devant la justice la destitution de cette vandale .

2.Posté par Phil75 le 20/11/2016 09:23
Même avant l'installation du centre à clandestins d'Hidalgo, le quartier de la porte de la Chapelle se dégradait à vitesse grand V depuis plusieurs années. J'y ai longtemps habité, ce n'a jamais été certes un quartier luxueux mais du moins c'était "vivable" jusqu'à il y a une vingtaine d'années. Aujourd'hui je n'y retournerais plus.

La rue du Pré est une minuscule ruelle en impasse qui peut assez vite se transformer en coupe-gorge. Visualisez-là sur Google Street View et vous comprendrez. Le jour où des salariées de la DAC se feront agresser par des clandestins en rut, comme en Allemagne, il sera trop tard pour se lamenter.

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