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La vérité sur les finances parisiennes : un antidote au bourrage de crâne municipal offert par le Delanopolis !



Chaque année, quand vient le mois de décembre, la propagande municipale entonne le même refrain : le maire, bon gestionnaire, forcément bon gestionnaire a fabriqué un budget du tonnerre de Dieu avec toujours les mêmes ingrédients vertueux, forcément vertueux : baisse des dépenses de fonctionnement, augmentation des dépenses d’investissement et, cerise sur le gâteau, stabilité fiscale (depuis deux ans, sur ce sujet, on a eu une petite modification de la mélodie : les impôts ont été « ajustés » pour financer la hausse des investissements).

Mais quand chaque année, en juin, le conseil de Paris examine l’exécution réelle du budget, ce qu’on appelle le « compte administratif » (CA), là, comme par hasard, il n'y a ni tambour ni trompette. Pas de grande conférence de presse, pas de graphiques triomphants, une modestie dans la communication à laquelle Delanoë ne nous a pas habitués.

Devinez pourquoi ?



La vérité sur les finances parisiennes : un antidote au bourrage de crâne municipal offert par le Delanopolis !
Bravo, vous avez trouvé ! Parce que l’examen des chiffres d’exécution du budget, les chiffres vrais, ceux qui ont été effectivement réalisés, pas ceux du monde de la communication merveilleuse de (béni) oui-oui, sont à l’exact opposé de la propagande municipale.

Ils parlent d’eux-mêmes :

1° D'abord, quid de ces fameux Investissements en très forte augmentation vantés par la propagande (c’est officiellement pour financer cette faramineuse hausse que des augmentations massives d’impôts ont été votées depuis deux ans à la demande de Delanoë ) ?

Effondrement, nous disent les chiffres réels :

CA 2007 : 1.844M€ de dépenses réelles ;
CA 2008 : 1.435 M€ de dépenses réelles ;
CA 2009 : 1.569 M€ de dépenses réelles ;

Bilan : - 15% entre 2007 et 2009 !

Si l’on intègre le département (la ville tient deux comptes du fait de son double statut, commune et département), c’est encore pire : 234M€ en 2007 ; 161 M€ en 2008 ; 183M€ en 2009. On est donc passé en cumul ville+département de 2.077M€ en 2007 à 1.752M€ en 2009.

Au total, le recul de l'investissement a donc été de 24,5% en deux ans.

Au passage, on peut remarquer que le pseudo colossal effort d’investissement n’a pas atteint les systèmes de protection contre le vol dans les musées municipaux auxquels, de l’aveu même du maire de Paris 1 (un) million d’euro est consacré chaque année !!!

2°- Et les impôts directs locaux pendant ce temps ? Ils ont connu "une hausse très modérée et destinée à financer les investissements municipaux" nous dit la propagande municipale.

En réalité, on a assisté à une tonte en règle des contribuables locaux :

CA 2007 : 1.579 M€ pour la commune ; 103M€ pour le département , soit un total de 1.682 M€ ;

CA 2008 : 1.613 M€ pour la commune ; 106M€ pour le département, soit un total de 1.719 M€ ;

CA 2010 : 1.807 M€ pour la commune ; 314M€ pour le département, soit un total de 2.121M€.

Autrement dit, l'impôt payé par les contribuables a augmenté de 26% en deux ans alors que l’investissement réel baissait de 25%.

Cherchez l’erreur !!!

3°- En même temps, l’emprunt continue d’augmenter inexorablement : il progresse à nouveau de 155M€ pour établir un record historique de 2.481M€ (pour mémoire, quand le phénix de la gestion publique a été élu maire pour la première fois, il y a bientôt dix ans, l’encours de la dette était de 1,4 milliard).

4°- Comment diable s’explique alors ce besoin de financement ? Tout simplement par deux raisons :

• la première, conjoncturelle, est que la mairie made in B.D. est devenue "addict" au produit de la fiscalité immobilière : plus les prix des logements flambent (2001-2008), plus la spéculation immobilière s’en donne à cœur joie, plus les citoyens lambda ont du mal à acheter à Paris … plus les impôts, proportionnels au prix de vente des logements, coulent à flot dans les caisses du maire de Paris. Si la bulle immobilière crève (depuis 2008), les impôts assis sur le prix de vente des logements s’effondrent (939,1M€ au CA 2007) ; 647,1M€ au CA 2009) … et le contribuable parisien, victime du bazooka fiscal de la mairie de Paris, est appelé à la caisse.

• La seconde, structurelle, la plus importante et la plus gênante, est que Delanoë continue, malgré ses discours, de faire augmenter les dépenses de fonctionnement de façon non maîtrisée. Qu’on en juge : chaque année, en décembre, la mairie explique qu’elle fait baisser les dépenses de fonctionnement. Alors, regardons les chiffres réels, ceux qui peuvent être constatés par quiconque ne se réfère pas aux communiqués de presse mais aux documents budgétaires (les communiqués de presse de la Voix de son maire sont aux chiffres ce que les chansons de Chantal Goya sont à la description du monde contemporain : des bluettes agréables à entendre pour certaines oreilles mais assez éloignées du monde réel).

Quelques illustrations concrètes :

Total des dépenses de fonctionnement 2007 de la ville : 4.650M€
Total des dépenses de fonctionnement 2008 de la ville : 4.750M€
Total des dépenses de fonctionnement 2009 de la ville : 5.057M€

Soit + 9% sur les dépenses de fonctionnement municipales en deux ans (pour une inflation de 3% sur la période).

Dépenses de personnel : 1.701M€ en 2007 ; 1.755 en 2008 ; 1.795 M€ en 2009 (+5,5%) ;

Indemnités des élus : 5,9M€ en 2007 ; 6,3M€ en 2008 ; 6,9M€ en 2009 (+17%... il est vrai que ce n’est que la poursuite d’un mouvement engagé dès juillet 2001 quand le maire fraîchement élu fit voter une augmentation des indemnités (dont les siennes) de 20%...).

Dépenses des services (le « train de vie de la ville » : 860M€ en 2007 ; 907M€ en 2008 ; 943M€ en 2009 (+10%, soit plus de trois fois plus que l’inflation sur la même période).

Inutile pour Delanoë de faire le coup du désengagement de l’Etat : ses concours sont restés stables entre 2007 et 2009 : 1.326M€ en 2007 ; 1.322M€ en 2008 ; 1.317M€ en 2009.

Bref le système D. n’a visiblement aucune envie de ralentir l’augmentation incessante des dépenses de fonctionnement, n’arrive plus à endiguer la montée inquiétante de l’endettement et fait baisser les dépenses d’investissement. Delanoë n’a plus qu’une prière à faire : que la spéculation immobilière redémarre pour que les impôts qui y sont liés repartent aussi à la hausse.

Il était une fois à Paris ...

Mercredi 9 Juin 2010
Serge Federbusch






1.Posté par Maurice le 14/06/2010 09:02
Merci de rappeler les augmentations faites par Delanoë et sa clique lorsqu'ils sont arrivés aux pouvoirs municipaux, c'est trop souvent oublié !
Le plus désolent, c'est que les élus des communes de la région ont fait de même. (pas tous, mais beaucoup)

L'image me plait bien pour illustrer des articles, est-elle libre ?

2.Posté par Gaspard GROGNARD le 14/06/2010 11:03
Dans les dépenses inutiles peut-on inclure les énormes travaux de voirie destinés à « réduire » le nombre de véhicules à 4 pattes (roues, excusez !), agrandir les trottoirs qui sont ensuite livrés au 2 pattes, comme les
« Vélib'cyclètes ».
Dernière trouvaille coûteuse, l'implantation de couloirs réservés pour ces derniers, en sens interdits avec adjonction de feux tricolores spécifiques.


3.Posté par Martien vert le 14/06/2010 11:17
Que j'aime M. Federbush! Il mériterait de remplacer l'ensemble des journalistes aux ordres ou incompétents, ce qui revient au même...Merci pour la clarté et l'objectivité de vos informations...

4.Posté par julien le 14/06/2010 20:36
On comprend mieux pourquoi ce petit saligaud de Delanoe nous a augmenté nos impôts à coup de trique. Et l'opposition UMP, qu'est-ce qu'elle fout, où est la Panaf', on croit qu'elle a pris sa retraite et on apprend qu'elle se frite avec le toubib du 16. Ils se moquent de nous et pendant ce temps Bebert se rempit les poches.

5.Posté par Dard de Ville le 15/06/2010 14:39
Il faut rendre Delanoe responsable de la situation sur ses propres deniers et lui prendre sa maison en Tunisie et tout l'argent qu'il a du mettre de côté. Les hommes politiques en général devraient être comptables de la situation de leurs mandats sur leur propre patrimoine. Quand il partira il nous laissera une ville ruinée.

6.Posté par Gaspard GROGNARD le 15/06/2010 16:23
Ho, ho, comme vous y allez !
Delanoë commet et a commis bien des erreurs qui ont coûté, et coûte très cher aux Parisiens.
Cela dit, parmi les dirigeants de la nation, c'est un « bricoleur ».
Notre président, avec certains de ses ministres comme Roselyne comme exemple, on dépensé, en pure perte des sommes autrement considérables.
Voulez-vous aussi, leur prendre tous leurs biens ?
Je ne suis pas contre, mais dans ce cas, tous les responsables, (dirigeants d'entreprises, de banques, et de sociétés nationales et privées) qui ont mené ces entreprises vers des difficultés qui ont fait disparaître certaines d'entre-elles et ont mis au chômage de nombreuses personnes, devraient rendre des comptes et rembourser sur leurs biens.

1789 et confiscation des biens des aristocrates !

7.Posté par George V le 15/06/2010 21:08
merci pour vos éclairages si pertinents mais qui me laissent à chaque lecture dans un état d'écoeurement et de révolte face à autant de vérités toutes plus navrantes les unes que les autres et dont je ne m'explique pas pourquoi elles ne sont pas davantage relayées par la presse "grand public" ...
que peut-on faire afin que ces chiffres soient davantage expliqués et que BD cesse de figurer dans les personalités politiques les plus populaires ?

8.Posté par Severine Lahaye le 15/06/2010 22:06
Pourquoi pas de groupe Facebook pour réclamer des comptes à Delanoë ? Un apéro géant anti-mairie ? Le problème c'est la passivité et vous pourrrez faire tout ce que vous voulez mon cher monsieur, tant que les gens goberont les mensonges vous vous énerverez inutilement. Allez chercher le peuple ou il est.

9.Posté par Maurice le 16/06/2010 06:57
Tout à fait Gaspard GROGNARD, il faudrait que les politiques soient redevables sur leurs biens de ce qu'ils font leur de leurs mandats, beaucoup seraient moins prolixes à faire tout ce qui leurs passes par la tête ou faire plaisirs aux copains/coquins !

Tous les biens, même ceux qui ne sont pas en France, ce serait trop facile.

-- —

@ Severine Lahaye

Le peuple comme vous écrivez, il est sur les blogues ! Delanopolis est tout à fait là ou il faut. Quant à faire un apéro géant sur la place de la mairie... pour être à la mode Bourg Beauf ?

10.Posté par Gaspard GROGNARD le 16/06/2010 10:00
La plus grosse difficulté, aujourd'hui, pour faire prendre conscience au peuple qu'il pourrait reprendre l'initiative des affaires du pays (tout autant dans les autres) c'est qu'il faudrait qu'il se réveille, endormi comme il est par l'hystérie footbalistique, la pipolatrie et la méfiance envers les organisations qui sont censées mieux le représenter.
Les syndicats, les communes, certains partis politiques issus du tiers-état, origine lointaine et bien oubliée.
Parfois, lassé des turpitudes, des lâchetés, des complaisances et aussi de la concupiscence de certains dirigeants, ce peuple se donne à des mouvements radicaux, dont pourtant, l'histoire nous a montré où cela mène.
Le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne, le fascisme aussi en Italie, et l'usurpation du communisme dévoyé en URSS et autres « démocraties populaires », tout cela devrait laisser à réfléchir.

11.Posté par Astor le 18/06/2010 11:11
Il existe paraît-il une cour des comptes et une chambre régionale des comptes, que font-elles ? Avec Migaud, socialo à sa tête, sûr qu'elle ne va pas trop s'exciter contre la ville de Paris. Et les journaux ? Le Canard emmerde Dati parce qu'elle a un mois de retard pour ses charges et jamais un article sur les malversations de delanoe à jean bouin, le nouveau trou des halles et tous les autres scandales.

12.Posté par Claudine le 18/06/2010 20:00
Quand Paris sera en faillite Delanoe sera en Tunisie. Ne restera plus qu'à attribuer son nom à une chiotte decaux pour honorer son action.

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