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Les aventures de Stupidalgo (5) : zizanie à la Concorde !


Souiller pour exister : c'est la malédiction des rustres, de ceux qui au fond d'eux-mêmes savent qu'ils ne sont pas dignes d'un lieu ou d'une personne. Cela avait commencé avec Delanoë, cela continue avec sa successeuse, qui n'est décidément qu'un clone caricatural.

A ce propos, l'excellent Didier Rykner a parfaitement résumé la lente privatisation et la dégradation de l'espace public au bénéfice des copains de Stupidalgo.

Dans la lignée des troubles relations avec Unibail, Decaux, Bolloré, LVMH, les propriétaires de Beaugrenelle, la Fnac et l'inénarrable Marcel Campion, "patron" des forains, la mairie multiplie les concessions douteuses au grand Kapitaaal.

La com' a en effet un ardent besoin de ce type de soutien et il ne faut pas oublier que la quasi totalité des organes de presse qui couvrent les affaires municipales appartient désormais à des oligarques. L'Autorité de la concurrence vient d'autoriser le rachat du Parisien par Bernard Arnault : préparez vous à lire des reportages émouvants sur la future Samaritaine !

En attendant, rien n'arrête ces iconoclastes et certainement pas un ministère de la culture aux ordres de la mairie.

Paris est atteint, humilié, martyrisé.

La preuve par le Palais-Royal et la Concorde.



D’abord, la place du Palais-Royal.

Située entre le Conseil d’État, monument classé, et le Louvre, monument classé, cette place parisienne est désormais transformée régulièrement en showroom pour différentes marques ou pour la promotion de régions ou de pays, qui se succèdent à un rythme régulier. Début septembre, c’était l’Azerbaïdjan, d’ailleurs pays hautement démocratique, qui venait faire sa publicité en annexant la place. Puis il y a eu encore on ne sait combien de ces foires marketing, au moins une en tout cas car voilà l’état dans lequel la place se trouvait le 6 octobre dernier, après le démontage d’une d’entre elles. Et, actuellement, c’est le Printemps qui fête ses 150 ans avec une « exposition dédiée à l’élégance française1 » : « 66 images tirées des catalogues ou des affiches produites par le grand magasin racontent cette histoire ». Et avec qui l’exposition se fait-elle ? Avec Jean-Claude Decaux, l’un des partenaires les plus actifs de la Mairie de Paris, qui remplit la ville de son mobilier urbain et de ses panneaux publicitaires toujours plus envahissants. Quelle surprise !

Ensuite, la place de la Concorde, l’une des plus belles places du monde, théoriquement archiprotégée, devient elle aussi un champ de foire. Au début du mois d’octobre, c’étaient des tentes « Forum pour l’emploi 2015 » qui s’installaient, puis c’est une exposition de quatre pavillons « Sensations Futures » (sic), tout à la gloire de l’entreprise Saint-Gobain (ce n’est pas son 150e anniversaire, mais le 350e !) qui vient envahir l’espace du 15 au 30 octobre (sans compter les périodes de montage et de démontage). Une grande construction temporaire s’y ajoute, pour vanter la maison mère. Ajoutons à cela les grandes bâches publicitaires qui cachent les échafaudages de la façade de l’Automobile Club de France (un chantier qui dure depuis de nombreux mois et une nouvelle construction en cours, « Phares » (qui ressemble d’avantage à une pyramide en acier), une œuvre de Milène Guermont qui devait à l’origine s’installer (pour la Nuit Blanche et jusqu’au 16 février 2016) autour de l’obélisque, mais qui sera montée finalement à côté en raison du refus de la Commission nationale des monuments historiques. Le ministère de la Culture, évidemment, n’est pas allé jusqu’à l’interdire. Bien mieux, on apprend à la lecture du procès-verbal de la Commission nationale des monuments historiques que Fleur Pellerin avait apporté dans une lettre son soutien à l’opération prévue à l’origine. Précisons que les débats de la CNMH démontrent que cela menaçait gravement la sécurité et la conservation de l’obélisque.

Tout cela : pyramide en acier de Milène Guermont, publicité sur le monument de Gabriel (seule pollution visuelle dont la Ville de Paris n’est pas directement responsable), côtoiera joyeusement jusqu’en février la grande roue de Marcel Campion qui, une fois de plus, va venir s’installer sur la place de la Concorde. Et, comme l’a révélé le Parisien et le Canard Enchaîné du 7/10/15, cette occupation du sol aura lieu cette année au moins jusqu’en juillet 2016, avec une roue encore plus grande qu’auparavant, et un écran de télévision célébrant la Coupe d’Europe de football placé en son centre !

On pourrait à bon droit critiquer Marcel Campion dont le Canard révèle une nouvelle fois les pratiques discutables et la manière dont il a ensuite tenté d’intimider son journaliste (voir le numéro du 14/10/15). Mais les vrais responsables sont ceux qui lui déroulent un tapis rouge, soit la Mairie de Paris, et ceux qui laissent faire, soit le ministère de la Culture qui semble se moquer comme d’une guigne qu’on défigure ainsi, même temporairement (et d’un temporaire qui dure et qui se renouvelle chaque année), la place de la Concorde. La Mairie de Paris est bien celle qui passe commande chaque année d’une grande roue à cet endroit, elle est bien celle qui a demandé qu’elle soit encore plus haute que les années précédentes, et elle est bien celle qui a prévu - dans un appel d’offre auquel seul Marcel Campion a répondu ! - qu’elle reste encore plus longtemps que les années précédentes. Pourquoi pas toute l’année d’ailleurs, on finira bien par y arriver puisque c’est ce que souhaite le « roi des forains » comme il nous l’a d’ailleurs confirmé.

Cette privatisation de l’espace public et des plus belles places de Paris en faveur de manifestations publicitaires ou commerciales est mise en place de manière très insidieuse. À aucun moment la Mairie de Paris n’a annoncé clairement son projet de transformer la place du Palais-Royal ou, maintenant, celle de la Concorde, en champs de foire. On en organise une, puis une autre, puis encore une autre. Il faut passer régulièrement par ces endroits pour prendre la mesure du caractère répétitif de ces événements organisés sous le regard complice du ministère de la Culture. Résultat : personne ne parle de la lente transformation de Paris en foire à Neu-Neu (tiens, encore une affaire Marcel Campion). On pourrait parler aussi de la fête foraine au cœur du jardin royal des Tuileries (Marcel Campion à nouveau), du marché de Noël des Champs-Élysées (Marcel Campion toujours)... Rien n’arrête la maire de Paris.

Lire aussi ICI.






Mercredi 21 Octobre 2015
Serge Federbusch






1.Posté par Parisien le 21/10/2015 16:49
il semblerait , non c'est une certitude ; "LE" Marcel Campion a visiblement annexé, pris possession at vitam aeternam (espérons que non ) de la place de la concorde avec la complicité de la personne qui ce dit être maire de paris, du moins en avoir l'apparence . Mes pensées vont a ceux et celles qui ont fait paris avant que cette iconoclaste de bas étage ainsi que ses sbires ne la défigure pour en faire un lunapark pour bobo-écolo en mâle de verdure.

2.Posté par menfin le 22/10/2015 12:27
Dans la rubrique : les copains de la mairie, il y a aussi VINCI.
Hidalgo vient de céder à Vinci immobilier un terrain pour construire un hôtel, sans qu'il y ait la moindre concertation au conseil de Paris. Encore une oeuvre de destruction massive puisque le dit hôtel sera construit sur un terrain coincé entre le périphérique et l'ancien musée des arts africains et océaniens, rebaptisé "intelligemment" (lol) musée de l'immigration.

3.Posté par isa le 22/10/2015 18:05
Même Libération commence à lacher la favorite :http://www.liberation.fr/debats/2007/01/24/la-destruction-de-paris_82786
incroyable le bobogochoparigo commence a détester sa ville ??!!!

4.Posté par vu de sirius le 26/10/2015 11:34
c'est l'ére des espaces temporaires, qui se marient si bien avec les divers chantiers provisoires, le tout décoré de reliefs divers (restes d'échafaudages, cartons, prospectus, cannettes, bouteilles, etc) échoués là à la suite de ces "événements"....

5.Posté par Pierrot le 27/10/2015 20:42
Dimanche, Paris entièrement bloquée, coupée en deux. Impossible de passer d'une rive à l'autre, et tout ça pour une p.... de course de vélos... Et c'est comme ça tous les week-ends désormais, foutre la kermesse histoire de pourrir la vie du vilain automobiliste.

Comme le titrait si justement Le Point, Hidalgo c'est vraiment le degré zéro de la politique.

En revanche, ce qui me choque profondément, c'est que la Préfecture de Police cautionne cela. Le doigt sur la couture du pantalon.
Ce n'est pourtant pas le rôle de la police de participer à ces blocages de rues intempestifs et démagogiques. Le rôle de la police doit être d'assurer la liberté de circuler !

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