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Les deux lièvres


Comment ne pas effaroucher le militant du PS moyen, avant le congrès, tout en brossant dans le sens du poil le Parisien moyen, quand ces deux espèces ne sont pas du même avis ? Cet exercice d’équilibrisme fut répété deux fois, cette semaine, par Delanoë.



Les deux lièvres
Retour sur une politique en zigzags où l’on voit le maire de Paris courir après deux lièvres en même temps.

Premier motif d’agitation municipale : le service minimum à l’école les jours de grève des enseignants. Tiraillé entre une rhétorique pro-gréviste à destination du congrès socialiste et les attentes d’une majorité de parents de la capitale, Delanoë le Rémois a d’abord dit qu’il ne voulait pas briser les grèves. Puis Delanoë le Parisien s’est déclaré décidé à appliquer la loi avant, enfin, d’appeler les parents à garder leurs enfants à domicile sous prétexte qu’il craignait le chaos.

Patatras ! Lesdits parents ne l’ont pas entendu de cette oreille et une large majorité d’entre eux a envoyé leurs enfants à l’école. Du reste, ils ne furent confrontés à aucun chaos. Sur 661 établissements parisiens, seuls 312 devaient appliquer le service minimum du fait d’un pourcentage de grévistes supérieur à 25 %. Et seules trois écoles durent rester fermées. La mairie ne cessa pourtant de se référer à ces trois-là et elle évoqua le nombre mystérieux de « 2 à 3.000 enfants » qui auraient été renvoyés à leur domicile faute de pouvoir être accueillis. Pourtant, aucun calcul précis n’étaye ce nombre. Les faits sont têtus : les imprécations catastrophistes de la mairie ne se sont pas traduites par la pagaille qu’elle espérait.

Qu’à cela ne tienne. Confronté aux annonces d’autres communes socialistes et au radicalisme de ses alliés du PCF, Delanoë le Rémois a finalement décidé qu’il n’organiserait plus le service minimum du fait des risques qu’il a lui-même inventés !

Darcos, qui louait jusque là l’attitude du maire de Paris, fut contraint de changer de discours en catastrophe. Et le Préfet conduit à introduire un référé contre la ville. La seule défense évoquée par cette dernière : jusqu’à présent, les communes qui ont refusé d’appliquer la loi n’auraient pas été condamnées. Bref, si nous comprenons bien la doctrine juridique de Delanoë le Rémois, tout ce qu’un tribunal ne traduit pas par des peines contraignantes est désormais autorisé.

Deuxième motif d’agitation : la vidéosurveillance. Autrefois conspuée au PS comme liberticide, elle est désormais désirée par un nombre croissant d’habitants, si l’on en croit un converti d’importance : Roger Madec, le maire PS du 19ème arrondissement, théâtre ces derniers mois de violences aggravées. Autre converti : Delanoë lui-même, qui avait refusé le vote, en juillet 2007, lors d’un conseil de Paris, d’un projet présenté par l’opposition sur le même sujet. Voilà désormais que Delanoë le Parisien se proclame pragmatique et réclame 1.000 caméras ! Petite nuance toutefois, qui révèle son double langage : lorsqu’il s’adresse à un auditoire national, c’est le silence radio sur le sujet. Il ne l’évoque que lors de déplacements intra-périphériques, avec la presse locale et en y donnant le minimum de publicité.

Petite interrogation : quid si Delanoë le Rémois comme Delanoë le Parisien n'attrappent aucun lièvre ?


Dimanche 19 Octobre 2008
Serge Federbusch





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