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Mascarade pour la République


Réunion de « bilan de la concertation », le 1er avril, à la mairie du 3ème arrondissement au sujet du réaménagement de la place de la République. L’association Vigilance-République était au rendez-vous. Elle avait rudement raison car tout était préparé par la mairie pour endormir la salle, orienter les conclusions du débat et enfumer les médias. Contacté par notre rédaction, le président de cette association nous a toutefois assuré de sa totale sérénité : la vigilance ne se relâchera pas. Hé, hé !



Mascarade pour la République
Malgré la publicité minimum faite sur cette réunion et la volonté de circonscrire les débats aux trois arrondissements riverains, la salle des fêtes de la mairie du 3ème était pleine. Tout commença par les sempiternels exercices de congratulations croisées des maires du coin, à peine relevées d’une critique contre d’affreux citoyens qui avaient osé distribuer un tract dénonçant les mensonges municipaux.

On passa ensuite à un exercice de haute voltige effectué par la direction de la voirie et une boîte de com’ au nom prémonitoire : « Bazar urbain ». Çà ne s’invente pas !

Le but du jeu consistait à présenter les résultats de la première phase de « concertation ». Comme par hasard, ils correspondent trait pour trait à ce que le Delanopolis prévoyait dès le début ( voir ici). L’objectif de la mairie est en effet, depuis le départ, de fermer le giratoire autour de la statue de la République et d’y empoter des plantouzes. Cela fait écolo et, surtout, « ça se voit », formule quintessentielle du delanoisme. Il faudra bien, dans la panade du tramway, des Halles, de la tour Triangle et de tant d’autres projets fumeux, montrer quelque chose quelque part …

La présentation par diapositives consista alors à noyer les récriminations et protestations présentes sur les cahiers des charges ouverts en mairie et à mettre tous les types d’argumentaire sur le même plan. Les écrits du public sur le fait qu’il ne fallait pas mettre le chaos dans la circulation étaient désamorcés et accompagnés d’une formule lapidaire : « ceux qui veulent que rien ne change » ou encore « les conservateurs » ! Et bien vite se dégageait la solution dont la mairie veut faire croire qu’elle est consensuelle : réduire la place de l’affreuse automobile au bénéfice d’autres usages ou circulations « douces ».

Pierre Aidenbaum, qui manifestement considère désormais que la mairie du 3ème est un espace où l’expression d’un désaccord avec ses opinions est devenue une insanité, s’arrangea ensuite pour passer la parole à 5 ou 6 intervenants qui, à nouveau par hasard, étaient tous membres de comités de quartier et de groupes de travail ayant participé à la fameuse «concertation ». Avec eux, pas de risque de contradiction …

Mais, sauf à risquer le scandale, il lui fallut se résoudre à donner le micro à Serge Federbusch, l’élu surveillé de près par le Delanopolis après qu’il se soit engagé à défendre la Place de la République. Une fois détenteur provisoire de l’ustensile, ledit Federbusch présenta les comptages de son association qui démentent ceux recueillis pendant la piètre heure relevée par la mairie. Il insista sur le fait que les 6 scénarios préfabriqués par la mairie étaient tous manipulateurs, du fait de ces données lacunaires sur la circulation. Il réclama haut et fort la seule mesure de bon sens : qu’on teste ces hypothèses dans le réel en fermant telle ou telle voie durant un temps suffisant pour observer ce qui se passe.

Cette intervention, applaudie par une partie substantielle de l’auditoire, enragea Aidenbaum qui s’en prit alors courageusement à Martine Weill-Raynal, élue du 3ème arrondissement, qui n’avait pourtant rien à voir avec le schmilblick. Vous lirez dans un billet qu’elle a envoyé à la mairie en nous en donnant copie ce que cette élue pense de la bravoure d’Aidenbaum ce soir là.

Las ! L’exercice de manipulation reprit son cours alors pourtant que, dans la salle, les contestations montaient. On retiendra notamment le rappel, par une riveraine, du désastre des travaux faits par la mairie rue Alibert, près de l'hôpital Saint Louis. Après avoir cassé tout un carrefour sous prétexte de convivialité et de redistribution de l’espace, la mairie, constatant que les bus ne pouvaient plus y passer, a dû récemment tout y remettre en l’état. Un gaspillage qui a dû coûter de centaines de milliers d’euros et dont le Delanopolis vous reparlera bientôt ! Imaginons que cela se reproduise à l’échelle de la place de la République, menacée des mêmes grands principes : cela fait froid dans le dos.

La réunion fut close par Annick Lepetit qui, sourde à toute critique ou suggestion, confirma le calendrier fixé initialement. La soi-disant première phase de concertation étant achevée, la mairie va pouvoir recruter des équipes et lancer un concours sur la base d’un cahier des charges qui correspond évidemment aux six scénarios écrits d’avance. Après ça on blablatera sans conséquence une fois encore mais, comme un jury sera réuni pour choisir le projet, sa décision s’imposera. Bref, la « concertation » sur les choix stratégiques est achevée ! Une mascarade républicaine.

Le sommet fut toutefois atteint dans « le Parisien » daté du lendemain. Reprenant les dires de la mairie, le journal conclut que les bonnes gens « s’accordent avec un ensemble parfait sur le même point : réduire la place de la voiture et faire la part belle aux circulations douces et aux piétons » !!! La perfection, pensions-nous, n’était pas de ce monde, mais les communiqués de la mairie copiés-collés par la presse montrent que nous nous trompions. On se demande surtout à quelle réunion « le Parisien » avait envoyé ses reporters ce soir là.

Ainsi, le projet de réaménagement de la place de la République reprend les pires travers baupinesques, avec une précipitation ayant pour seul objectif d’achever les travaux le plus tôt possible avant les futures élections municipales. Mais, travaux ou pas, les scénarios de la mairie conduiraient, s’ils étaient mis en œuvre, à une congestion durable du centre de Paris et à défigurer la République.

Cœur de la ville haussmannienne, cette place, si elle succombait, risquerait d’entraîner avec elle tout Paris dans la vision étriquée, villageoise et, au fond, profondément réactionnaire et ringarde à laquelle Delanoë et sa bande succombent, à défaut d’avoir le courage de faire entrer notre ville dans le 21ème siècle.


Samedi 4 Avril 2009


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par Hughes Papin le 18/01/2012 19:34
Je suis riverain de la République et sincèrement pas d'accord avec vous. Ca pue. Les enfants sont malades. On ne peut pas traverser la place à pied.
Vivement qu'on puisse s'y promener un peu le dimanche...

2.Posté par Jacques Maréchal le 07/01/2014 23:36
Je tombe par hasard sur votre article et souhaite m'informer car, parisien patenté, je trouve les aménagements de la République très à mon goût - je pense, comme l'équipe dirigeante actuelle qu'il faut réduire ou au moins adapter la circulation des automobiles dans Paris (je vote cependant à droite).
Malheureusement, votre récit ne me semble qu'un ramassis de ragot, de règlement de comptes et d'expression d'états d'âme sans aucun intérêt n'apportant rien de positif au prétendu débat.
Que reproche-t-on précisément et techniquement au projet ?
Merci
JLM.

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