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OH CALLE COÛT T'AS !

Aberrantissimo ! Paris va devoir payer plus de 8.200 euros pour quelques coups de fil de Sophie Calle, artiste très conceptuelle, qui aura le privilège de conserver par-devers elle ses babillages téléphoniques.



OH CALLE COÛT T'AS !
Oh certes, il y a des gaspillages bien pires à la mairie de Paris, les lecteurs du Delanopolis ne le savent que trop bien. 8.291 euros, ce ne sont après tout que quelques centaines de repas chauds pour les pauvres l’hiver. Et il ne faut pas se mettre à dos l’art, comme aurait pu le dire le regretté Salvador Dali qui savait dessiner et ne se prenait pas au sérieux, lui.

Vous vous souvenez peut-être, chers lecteurs, que, pour agrémenter le parcours de son tramway de l’inévitable intervention d’artistes officiels, la mairie avait passé commande à Sophie Calle d’une cabine téléphonique en forme de pétale de fleur conçue par Franck Gehry (que diable allait-il faire dans cette galère ?).

La prêtresse de l’art discursif à la française était censée appeler ladite cabine de temps à autre avec son téléphone cellulaire et, si d’aventure un passant lui répondait, elle pouvait garder pour elle le fruit de ces babillages en les enregistrant.

Ces intenses moments de poésie urbaine ont toutefois un coût, et il va devoir être révélé au prochain conseil de Paris : 8291 euros ( voir le projet de délibération ici). Si l’on regarde les chiffres dans le détail, il s'agit quasi exclusivement du prix de l'abonnement, seuls 32 euros relevant des communications en près d'un an. Allez, cela doit bien faire une ou deux conversations par mois en moyenne ! Manifestement, Sophie craint les effets délétères du portable sur son cortex.

Ce qui a permis la révélation de ce grotesque épisode, c’est que la prise en charge de la facture a donné lieu à un de ces nombreux loupés de la mairie delano-girardienne. Un pataquès entre le gestionnaire de ce monument hystérique et les services municipaux a fait que la société qui fournit la prestation téléphonique (ils sont donc trois organismes à intervenir au total !) a été réglée par le premier et non par les seconds. D’où la délibération alambiquée et morveuse que la direction des affaires culturelles va bientôt soumettre au Conseil de Paris. Le Guinness Book va pouvoir enregistrer bientôt un nouveau record en matière de coût unitaire de la communication téléphonique. Et ce sont les Parisiens qui auront le fabuleux privilège d’en être les payeurs.

Merci qui ?

Cette ridicule histoire valait-elle un édito, alors que Delanoë s’apprête à malmener les Halles, la place de la République ou la porte de Versailles et à mettre Paris sur la paille, si on ne l’arrête pas ? Mettons que ce soit comme une cerise sur un gâteau. En pleine période de fêtes, une telle gourmandise ne se déguste pas seul.


Dimanche 7 Décembre 2008


Serge Federbusch
Serge Federbusch

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