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Paris sous Delanoë : retour vers le futur


Le 3 juin 2003, la Mairie de Paris a diffusé dans une édition spéciale du « Parisien » consacrée au développement durable une carte intitulée : "Paris en 2010" et sous-titrée « voici les principaux aménagements qui seront réalisés au cours des prochaines années dans la capitale ».

Six ans après cette publication et quelques mois avant l’échéance alors indiquée, la confrontation de la réalité et de la propagande est savoureuse.



Paris sous Delanoë : retour vers le futur
Vous retrouverez ci-dessus la carte de ce jardin d'Eden, telle qu'elle ressortait de la propagande municipale.

Ne retenons que quelques exemples de ce vaste exercice d'enfumage :

- dès 2010 une ligne de tramway, faisant le tour complet de Paris était en service ! Plus c’est gros, plus ça passe. La région Ile-de-France a compris le truc et vient de le réutiliser puisque, depuis plusieurs semaines, elle a tapissé les murs du métro d’annonces d’ouverture de 5 nouvelles lignes de tramway pour dans ... 4 ans (dont le fameux prolongement du tramway parisien), c'est-à-dire après les élections régionales ! Quand on connait toutes les incertitudes techniques qui pèsent encore sur l'arrivée du T 3 à la porte de la Chapelle ( voir en cliquant ici l'inventaire exhaustif contenu dans un recours gracieux ) , on se dit qu'en matière de propagande rien n'est impossible ;

- encore plus fort, une seconde rocade de tramway devait également être créée en 2010 pour relier les gares. Mi 2009, aucune étude sérieuse n’a encore été réalisée sur le sujet ;

- des trains de marchandises devaient emprunter les lignes SNCF de la petite ceinture. Là encore, on se demande comment ce schéma pouvait être évoqué alors même qu’aucune étude ni concertation n’ont été lancées ;

- en outre, le centre ville devait être purement et simplement interdit à la circulation. Transformer Paris en ville musée, tel était l’objectif ;

- les principales portes d’entrées dans Paris devaient être réaménagées, on les attend toujours ;

- des villages bucoliques fleurissaient à Ménilmontant, La butte-aux-Cailles, Montmartre, aux Batignolles, etc ;

- cerise sur le gâteau et grand symbole du volontarisme delanoesque contre la voiture : il devait y avoir 250 kilomètres de couloirs de bus protégés, soit tout de même plus de 40% du réseau ! Aujourd’hui, quand on veut connaître le bilan réel, le site « paris.fr » (Déplacements-Projets et réalisations-Couloirs de bus) indique, de façon laconique, « Mise à jour en cours ». Une façon de jeter un voile pudique sur le faible niveau des réalisations par rapport aux annonces sur ce qui fut pourtant le premier symbole de l’action anti-pollution de l’Hôtel-de-Ville.

Face à cet échec, la mairie s'arrange pour manipuler les chiffres. Elle multiplie le kilométrage de couloirs de bus par le nombre de lignes qui y passent pour gonfler le résultat. Ainsi, une section de 3 kilomètres où circulent 3 bus compte pour 9 kilomètres de couloirs et permet à la ville de faire de la gonflette dans ses dossiers.

« Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis » était la phrase fétiche de Delanoë lors des dernières élections municipales. "Moins j'en fais, plus j'en parle" aurait été plus approprié.



Jeudi 14 Mai 2009


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par Cheminade le 19/05/2009 18:58
À propos du tramway, et en réfléchissant, je me suis rendu compte que nos élus, verts et roses, se sont approprié une technique qui était moderne et dynamique, il y a environ un siècle !
En effet, le tramway c'est un bus qui circule sur des rails métalliques pour le guider. La mise en place de ces rails demande un très gros et coûteux chantier.
Or, aujourd'hui, avec le développement des techniques électroniques on peut parfaitement guider un mobile avec des références enterrés dans du bitume et des capteurs sur le mobile.
Donc, une infrastructure bien moins coûteuse.
Sur les boulevards des maréchaux, il suffisait d'installer un site délimité au centre de la chaussée, permettant la circulation de bus à deux voitures, ou un trolley-bus à trois ou quatre wagons (selon les besoins), dans lequel aurait été installé ces rails virtuels.
De plus, de chaque côté de ce site propre au transport collectif, on aurait aménagé une voie pour automobile, et une voie pour cycles.
Cela aurait peut-être demandé de diminuer la largeur des trottoirs, qui sont, franchement trop large, compte tenu de la fréquentation piétonnière sur ces boulevards.

Quant à la facture, il serait resté pas mal d'argent pour des équipements collectifs qui font défaut.

2.Posté par Mouloud le 25/05/2009 17:22
Bravo et merci pour cet excellent retour sur le futur ! Le Parisien et autres journaux nationaux se grandiraient à reprendre le contenu de ce bel article documenté! Poudre aux yeux et esbroufe du maire de Paris enfument les Parisiens depuis de trop nombreuses années ! ça suffit !

3.Posté par andrei le 29/05/2009 23:07
@ Cheminade : belle idée, que ces autobus ou trolleybus à guidage optique ou magnétique... Moderne, futuriste, audacieux !

Sauf que les bus, ça pollue. Les trolleybus, ça nécessite une infrastructure d'alimentation électrique assez conséquente, depuis le garage jusqu'aux terminus, puis sur le trajet de la ligne. Le système de guidage, qu'il soit optique, magnétique, à référence affleurante ou enterrée dans la chaussée, est d'une fiabilité parfaite sur le papier, et douteuse dans la pratique. Des engins abusivement nommés "tramway sur pneus" ont subi des "déguidages" en France, Italie et en Chine (heureusement, sans faire des victimes). A Rouen, les bus "Teor" utilisent le guidage optique seulement à l'approche et à la sortie des arrêts, pour des raisons de sécurité. Bref, entre s'embarquer dans une expérience grandeur nature au frais du contribuable, et utiliser une technique eprouvée, on a choisi cette dernière - le tramway.

Tout ça, c'est le côté technique. Maintenant, abordons le côté "qualité du voyage" : étant donnée la fréquentation de la desserte Maréchaux Sud, seul le tramway est à même d'offrir un service de qualité décente. Par exemple, en heure de pointe, on attache deux rames pour doubler la capacité du "train" : essayez donc de faire pareil avec des bus ou trolleybus (avec ou sans guidage)... Il y a des lois limitant la longueur des véhicules routiers !

4.Posté par Cheminade le 30/05/2009 09:31
Cher Andrei,

Il est vrai que la soupe est toujours meilleure dans les vieux pots !
Ce manque de confiance dans des techniques contemporaine, est aussi ancien que le progrès de l'humanité. À chaque fois qu'une proposition nouvelle, innovante est proposée, on trouve toujours des personnes pour hocher la tête, et émettre des doutes, en préconisant de continuer comme on faisait « avant ».
La pose de caténaires ce n'est pas cela qui est coûteux, mais l'implantation d'un ballast avec des rails mécaniques, là où il existe tout un réseau de câbles, de canalisations voire de tunnels de services, ça c'est d'un coût exorbitant et les travaux durent de longues années.
Aussi, l'utilisation de trolleybus électrique (pour la pollution) cela aussi a existé. Ce n'est pas si nouveau.
Ce qui vous inquiète, ce sont les rails virtuels.
Vous; doutez des possibilités technique de l'électronique. Pourtant, aujourd'hui, avez)-vous réfléchi que toute votre existence et la pérennité de celle-ci est garantie par des dispositifs électroniques.
Il y a dix ans, auriez-vous eu confiance dans un chirurgien qui vous aurait opéré à travers deux trous, en visionnant l'intérieur de votre corps sur un écran de télévision ?
Alors, les bus électrique à guidage électronique, ce n'est pas du rêve utopique, c'est une réalité technique.
De nombreux entrepôts fonctionnent avec des chariots entièrement guidés, et cela depuis déjà au moins vingt ans.
Ayez confiance dans vos enfants, et pas uniquement en vos grands parents !

5.Posté par Cheminade le 30/05/2009 10:13
Pour compléter, ceux qui utilise Orlyval et la ligne 14 du métro parisien peuvent se rendre compte combien l'électronique est capable de mener à bien des taches complexes, en toute sécurité.
Ceux qui utilisent des voitures automobiles sont depuis longtemps bien protégés et aidés par des systèmes électroniques (embrayage et boîte de vitesses robotisés, ABS, et autres systèmes de surveillance de la conduite).
Des essais ont été fait pour le guidage par rails virtuels. Personne dans le public ne connaît le résultat, qu'il soit négatif ou positif.
Si ces systèmes ne voient pas le jours, il faut plutôt chercher du côté des influences d'industriels qui n'ont pas intérêt à voir leurs rentabilités mises en cause.
Comme les pétroliers ont pendant des décennies empêché le développement des voitures électriques.
La « Brandt 50 » présentée eau Salon de l'Auto de Paris en 1949 a été éclipsée puis détruite.
C'était pourtant une véritable révolution.
Il est probable que des mobiles reprenant les dispositifs imaginés par M. Brandt voient le jour dans les années à venir.
Le progrès verra toujours des conservateurs lui barrer la route. Heureusement, la nature humaine est progressive, et avance toujours, ne recule jamais, même si, parfois elle fait un peu de surplace.

6.Posté par andrei le 02/06/2009 17:02
Mon cher Cheminade,

Vous mélangez allégrement progrès technique et haute technologie d'un côté, et techniques ultramodernes ayant prouvé leur manque de fiabilité de l'autre côté. Oui, c'est avant-gardiste, un trolleybus optoguidé ou un "tramway sur pneus" mais ça a lamentablement "dérraillé" dans plusieurs villes et pays... Je l'ai déjà écrit, mais vous ne l'avez pas lu (ou pas compris?). Et puis, il y a le problème de la capacité : pour obtenir la même capacité horaire, là où l'on fait passer 20 trams par heure, il faut faire passer 30 trolleybus articulés par heure... Optoguidés, magnétoguidés, ferroguidés, ces trolleybus ou "trams sur pneus" souffrent d'un prix plus élevé que celui du tram classique, pour une capacité plus faible. Vous n'avez pas lu la fin de mon message (ou pas compris) ?

Et puis laissez tomber SVP ma réticence supposée aux technologies d'avant-garde, ou mon conservaitsme. Je suis informaticien, spécialiste des réseaux et des systèmes d'exploitation des serveurs.

7.Posté par Cheminade le 03/06/2009 00:10
Cher Andrei,
Non, je ne mélange rien. Dans ces échanges, ce qui est dommage, c'est que dans un tel site, il est difficile de poursuivre cet entretien en l'étoffant davantage, que je trouve pourtant très intéressant.
Juste pour tout de même vous répondre, je dirai que vous refusez d'utiliser une technique et une technologie simplement parce que certains essais se sont révélés insatisfaisants.
Premièrement ce n'est pas exact. Il y a eu dans différents endroits des essais très satisfaisants. L'un d'eux s'est fait entre Choisy-le-Roi et le carrefour Belle Épine à Thiais.
Sans suite, probablement parce que des personnes comme vous, un peu frileuses, ont eu peur de pousser l'expérience plus loin. Et le « lobby » pétrolier est passé par là.
Regarder dans l'historique du chemin de fer. Si les ingénieurs de l'époque (début du XIXe siècle) avaient tenu compte de tous leurs échecs, il n'y aurait jamais eu de chemin de fer.
Même chose pour le chemin de fer souterrain dans les villes.
Et l'aviation ?
Enfin, pour terminer, vous qui doutez de la fiabilité du guidage virtuel d'un mobile, avez-vous songé au très bon fonctionnement de vos CD et DVD ? Pourtant ces disques fonctionnent sans aucun contact mécanique entre la tête de lecture et le sillon porteur des informations !
Vous êtes informaticien, j'ai été pendant trente ans électronicien. Certes c'était dans la maintenance. D'ailleurs au début j'étais un « réparateur de radio puis de télé ». Mais quand j'ai terminé ma vie professionnelle, j'étais patron d'une grande station technique et j'embauchais des personnes qui, entre temps étaient devenus des « techniciens en électronique de type grand public ».
Tout est dans l'appellation ! Comme les balayeurs devenus des techniciens de surface !
Je termine en vous faisant mes compliments pour votre courtoisie, assez rare dans les forums pour le signaler.
Bonne nuit, vu l'heure.

8.Posté par andrei le 03/07/2009 13:23
"Juste pour tout de même vous répondre, je dirai que vous refusez d'utiliser une technique et une technologie simplement parce que certains essais se sont révélés insatisfaisants.
Premièrement ce n'est pas exact. Il y a eu dans différents endroits des essais très satisfaisants. L'un d'eux s'est fait entre Choisy-le-Roi et le carrefour Belle Épine à Thiais. "

Non, pas certains essais : tous les essais. Y compris celui de Choisy - Thiais : non concluant. D'autres opérateurs ont été moins frileux et ont adopté la technologie d'avant-garde : ceux de Nancy et de Caen. Résultats : accidents, incidents en série, voyageurs excédés, gouffre financier.

Ensuite, je ne doute pas de la fiabilité du guidage virtuel, mais JE SAIS suite aux expériences malheureuse évoquées plus haut, qu'il n'est pas encore fiable. Il le sera certainement vers 2015... Element très important à retenir : ce n'est pas le guidage virtuel qui a été refusé pour Paris ! C'est le coût exorbitant, le manque de capacité et de fiabilité par rapport au tramway, des véhicules à guidage virtuel ! Nuance...

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