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Parti socialiste : ça sent le Sapin ...


On approche enfin du premier des très nombreux dénouements qui marqueront la tragi-comédie socialiste dans les années qui viennent.



Parti socialiste : ça sent le Sapin ...
Il s’agit, n’en doutez pas, d’une pièce promise à de multiples rebondissements. Au centre de toutes ces gesticulations : François Hollande. Sort singulier que celui de cet insubmersible apparatchik, incapable de susciter l’engouement mais rompu à l’art de se rendre incontournable. François Hollande et le PS, c’est un peu le « ni avec lui ni sans lui » des films de Truffaut.

Ayant réussi, par sa force d’inertie plus quelques manœuvres dont de rares initiés doivent connaître les secrets, a ankyloser la déjà pesante campagne de Delanoë, il est en passe de neutraliser le plus nocif de ses concurrents. Il lui faut maintenant trouver un premier secrétaire insusceptible de s’imaginer candidat à l’élection présidentielle, même dans ses rêves les plus fous.

Sachant que les seconds couteaux risquent, sitôt élus, de se sentir appelés par le destin, il doit descendre assez bas dans le désordre protocolaire socialiste. Il se dit à Solferino que le bon François aurait trouvé l’oiseau rare : Michel Sapin.

Vieux complice de Hollande, acceptable par Ségolène dont il soutint jusqu’au bout la campagne de 2007, sans passif particulier avec Aubry, Fabius ou DSK et ayant eu l’intelligence de rester à l’écart des rivalités de ces derniers mois et de ne parler que de crise économique, il ferait un parfait pape de transition. Pour autant que les ailes ne lui poussent pas à son tour… Hollande doit avoir quelques solides garanties car, connaissant le personnage, il est peu probable qu’il fasse un pari risqué.

Sinon, qui choisir ? Collomb, Lebranchu, un quinzième couteau, un junior, un revenant ? Les quelques jours qui vont s’écouler entre le congrès et le vote des militants sur le nom du premier secrétaire promettent en tous cas une fameuse consommation de café aux protagonistes. Par souci de vérité, cette plante devrait remplacer la rose comme symbole socialiste.

Qu’adviendra-t-il de Delanoë, dans ces conditions ? Il tentera bien sûr d’expliquer qu’il ne s’agissait pas, pour lui, d’être d’ores et déjà candidat à l’élection présidentielle. Et se mettra donc aussitôt dans la file d’attente pour le coup suivant en savonnant la planche du nouveau premier secrétaire. Pourtant, s’il est battu, surtout sèchement, son édifice médiatique commencera à se lézarder. A Paris, les problèmes masqués par sa communication, comme l’inflation des dépenses municipales, l’échec de ses politiques de transport ou du logement, la superficialité de son action culturelle, les chantiers enlisés, le recul de la ville sur la scène internationale : tout cela ressurgira dans un climat de rivalité entre ses lieutenants. Bref, ce sera le début du grand détricotage. Croisons donc les doigts et espérons, au moins, que le congrès nous amuse …


Dimanche 2 Novembre 2008
Serge Federbusch





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