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Précis de démacologie



Le Delanopolis a décidé d'ouvrir une nouvelle rubrique : l'étude de la démacologie, le mélange détonnant de la démagogie, de la com' et de l'écologie.

Ce phénomène triomphe à Paris depuis 2001 et a produit, entre autres, les aménagements des boulevards de Magenta ou Saint-Marcel, le T3, la halle Pajol, les projets de Canopée aux Halles et bien d'autres aberrations. Sous prétexte d'écologie, on réalise des opérations qui sont autant d'esbroufes au bilan environnemental calamiteux.

Nous allons donc désormais nous intéresser à des chantiers emblématiques de cette dérive pseudo-écologiste.

Aujourd'hui, un jardin pignon dans le 19ème arrondissement, dont Jacques Gauthier vous narre la cocasse et douloureuse gestation.



Précis de démacologie
La photo ci-contre représente le mur pignon gauche de l'immeuble sis 70 rue de Meaux (Paris 19ème) et son jardin grimpant qui illustre la NPE (nouvelle pensée écologique) de la mairie de Paris. Comme la surface au sol manque pour étendre les espaces verts et qu'il faut bien sacrifier à la mode, la municipalité a décidé de végétaliser des murs aveugles qui bordent les voies publiques.

Pour le 70 rue de Meaux, on n'a pas lésiné : excavation en pied de mur, étanchage des fondations, construction d'un mur de souténement entre trottoir et partie plantée avec garde-corps métallique et portillon d'accès à la fosse, supports et câbles en inox sur 5 niveaux de hauteur, reposoirs en tôle perforée à chaque étage pour permettre aux plantes grimpantes de souffler au cours de leur ascension. Vous pouvez imaginer le bilan carbone de tout ce remue-ménage ...

Bref, rien que du bonheur pour des végétaux soucieux d'échapper à l'air pollué de la rue et d'atteindre le toit de l'immeuble. L'ennui c'est que les plantes existantes ne sont guère tentées par l'aventure des sommets pignonesques et se contentent d'une croissance plus que molle à hauteur de jardinier !

Bien entendu cette expérimentation hasardeuse a un coût qui n'a jamais été révélé mais qui pourrait dépasser celle ratée du mur de clôture du cimetière Montparnasse (110 000 €)

Le jardin pignon ton pierre n'est pas la seule innovation de la NPE, notons le bien. Il y a, par exemple, celle de la bourbière, c'est-à-dire la réalisation dans tout nouvel espace vert de la capitale d'une zone humide alimentée par un réservoir d'eau pluviale. Ces accueillants espaces ont comme conséquence de réduire la surface ouverte à la promenade et de la limiter à quelques passages surélevés survolant la bourbière comme l'illustre la partie est du jardin des Grands Moulins (Paris 13ème).

Dans un proche avenir, le 19ème devrait s'enrichir de deux bourbières importantes : la forêt linéaire à deux rangées de baliveaux entre périph' et immeubles de bureaux ( site Claude Bernard ) et la grande bourbière de la confluence entre canal Saint-Denis et darse d'Aubervilliers destinée à devenir l'aéroport écolo des oiseaux migrateurs du nord-est parisien.

La 3ème révolution à venir de la NPE, promise par Anne Hidalgo, sera celle de la transformation des toitures-terrasses des HLM en jardins partagés dont le coût pharaonique n'a pas encore été chiffré. Mais ne craignez rien, le Delanopolis sera là pour vous tenir au courant !


Samedi 14 Novembre 2009


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par Gaspardgrognard le 04/01/2010 14:15
La folie écologique est contagieuse, et, hélas, il n'existe pas actuellement de vaccin pour en protéger ceux, et celles qui en sont victimes.
Entre le « réchauffement climatique » bien confirmé par l'hiver actuel, assez rigoureux, l'implantation de verdure un peu partout, à grands frais, les autres dépenses comme des pistes cyclables sur les trottoirs, les réductions de chemin pour les autos générant d'immenses embouteillages pendant lesquels les moteurs des deux et quatre roues polluent à souhait, les financements en hausse continuelle pour entretenir un parc de vélos, appelés à Paris, Vélib's, sorte de jouet pour bobos en goguette et vandales professionnels, et l'insuffisance et la vétusté des aménagements de transport en commun qu'il conviendrait d'agir pour cela ne soit plus ainsi, les « écolos » ont choisi tout ce qui coûte cher et n'apporte pas grand chose à chacun de nous.
Mais quand on est sûr d'avoir raison et qu'on dispose du pouvoir, on ne se gène pas.

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