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The Duchess


Une histoire sèche et archi-sèche



The Duchess
Envahie par une bande-son destinée à souligner tout ce que le film compte de moments coquins ou dramatiques, pour le cas où ils auraient échappé à l’attention du spectateur, « The Duchess » de Saul Dibb bénéficie d’une promotion commerciale à l’artillerie lourde. Malgré tout ce bruit, le risque est grand de vous endormir dès lors que vous seriez un peu fatigué ou que vous auriez cédé à la tentation de quelque repas consistant avant d’entrer dans la salle obscure.

L’argument est simplissime. Une pauvre innocente de la « upper upper class », comme disent les Britanniques avec leur sens aigu de l’étiquette et de la hiérarchie sociale, est mariée à un des pairs les plus puissants du royaume d’Angleterre, le duc de Devonshire. Au début, elle exulte. Oui mais voilà, ce dernier est aussi sensible qu’un varan de Komodo, ne s’intéresse qu’à ses chiens de chasse le jour et à la fabrication d’un héritier mâle la nuit. Notre midinette se voit donc écrasée par le machisme de son époque, contrainte à accepter un ménage à trois et conduite à chercher la consolation dans les idées progressistes du moment et les bras d’un jeune ambitieux qui finira premier ministre.

Dans ce destin qui serait banal s’il s’était inscrit dans la vie du peuple, le scénariste est allé picorer tout ce qu’il faut pour satisfaire le politiquement correct d’aujourd’hui. La pauvrette de luxe subit, subit, subit, elle s’enivre de jeux et de toilettes soyeuses et puis finalement elle se lasse et accepte son triste sort. Le film s’attarde à l’envi à la surface des choses. Mais l’une des rares questions dignes d’intérêt : pourquoi l’opposition libérale de l’époque, qui correspond grosso modo à la gauche d’aujourd’hui, est-elle si facilement acceptée et financée par l’aristocratie la plus conservatrice ? - n’est qu’à peine posée.

Dans cet échantillonnage de sentiments et de situations qui ne font pas une œuvre et même pas une distraction, Keira Knightley, qui incarne la duchesse, trop bien élevée pour déboutonner le corset de son personnage, ne parvient guère à émouvoir.

Bref, si vous êtes un peu fatigué ou si vous avez cédé à la tentation de quelque repas consistant, allez tout de suite vous coucher sans passer par la case Duchesse.



Lundi 17 Novembre 2008


Serge Federbusch
Serge Federbusch

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