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Trois cents mots pour le dire

Rassurez-vous chers lecteurs, nous ne sommes pas victimes d’une névrose obsessionnelle et ne faisons aucune fixation sur un certain personnage, en vérité secondaire, de la vie politique française. D’ailleurs, nous inaugurons cette semaine une rubrique destinée à s’étoffer progressivement : Delanopolis hors les murs.



Les genres en varieront : critiques de films, de livres ou d’expositions, analyse de faits politiques, économiques ou culturels, etc. La règle sera la brièveté et la synthèse du propos. Tout devra être dit en trois cents mots pile poil.

Attention, le décompte a commencé. Aujourd’hui, une note de lecture : « De la race en Amérique » de Barack Obama, dont les idées sont en réalité encore peu connues hors des Etats-Unis. Il s’agit d’un discours de campagne destiné à faire taire une polémique montante sur les déclarations du pasteur d’Obama, le révérend Wright de la Trinity Church de Chicago. Cet ecclésiastique a un peu dérapé dans un sermon : « le 11 septembre était un signal pour que l’Amérique n’oublie pas qu’il y a des Noirs et des Arabes », « que Dieu la maudisse », etc. Cela fait désordre venant de quelqu’un qui a marié le sénateur de l’Illinois, baptisé ses enfants et qui fut présenté comme son père spirituel.

Le candidat démocrate tente de s’en sortir en élevant le débat. Il faut comprendre, nous dit-il, la colère des Noirs américains mais Wright se trompe en pensant que des progrès n’ont pas été faits vers plus de justice. Le projet politique d’Obama est de parfaire l’Union en achevant cette marche vers l’égalité.

Ce discours résume bien toute la stratégie d’Obama : une candidature de réconciliation et de consensus. Sortir d’Irak sur la pointe des pieds, faire cesser les tensions raciales et reculer les inégalités sociales, etc. Les limites du raisonnement apparaissent au fil des pages. Les difficultés américaines viennent toutes, pour lui, directement ou indirectement, du mauvais traitement de la question raciale. Il y a donc, sous-jacente, l’idée qu’unie face au monde extérieur, l’Amérique réglera ses problèmes. C’est le paradoxe d’Obama : il est le premier homme politique mondialisé (père noir africain, mère blanche américaine, éducation et belle-famille asiatique) mais son discours politique est en réalité étroitement nationaliste. Qu’importe, battue par le brillant stratège David Axelrod, la mayonnaise a pris. Et l’Amérique va peut-être élire un président métis et isolationniste à la fois.

Dimanche 22 Juin 2008


Serge Federbusch
Serge Federbusch

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