DELANOPOLIS
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La Truffe de Plumes (4)

Non, Delanopolis ne cherche pas forcément à faire bande à part. Ainsi, nous honorons aujourd’hui un architecte qui vient également d’être distingué par le grand prix national d’urbanisme : David Mangin. Le voilà donc lauréat d’un prix bien plus prestigieux encore, notre célèbre Truffe de Plumes.



La Truffe de Plumes (4)
Durant les cinquante premières années de son existence, ce planificateur incompris avait marqué de son empreinte l’entrée de la station de métro Denfert-Rochereau et les grilles métalliques qui entourent le jardin du boulevard Richard-Lenoir. Il se vengeait de l’indifférence de ses contemporains en envoyant de temps à autres des « poulets » à Libération. Il y fustigeait l’architecture frileuse qui rallie si souvent, en France, les suffrages d’élus traumatisés par les associations de riverains.

Il dut étudier de si près ce triste travers qu’il y sombra lui-même à la première occasion qui lui fut donnée : le concours pour la rénovation des Halles. Il était le « régional de l’étape ». Mais ses prises de position passées suggéraient qu’il ne se soumettrait pas aux diktats des conservateurs qui allaient inévitablement défendre une vision loco-locale du sujet. Soyons indulgent, c’est sans doute parce qu’il avait attendu la reconnaissance trop longtemps qu’il ne put résister à la tentation du reniement. Sa tactique fut simple : trouver le point d’équilibre entre les désidératas de l’association de riverains la plus remuante et ceux des gestionnaires du centre commercial. Dès lors que Delanoë avait fui un dossier qui requérait plus de courage qu’il n’en pouvait avoir, le champ était libre pour le triomphe des intérêts du coin. Mangin gagna en leur servant la soupe.

Depuis, il s’est fait une spécialité d’habiller la frilosité jadis dénoncée des oripeaux du discours progressiste. Il ne s’agit pas de trouille mais de finesse, de contextualité et de modestie. Les élus les plus anxieux en sont tout soulagés. Ce mélange des contraires est bien utile dans notre époque de doute et de confusion. Certes, quand il faut passer à la réalisation, cela ne donne que patchwork et kitsch, comme le manteau d’Arlequin qu’il a dessiné pour le jardin des Halles. Ce n’est pas bien grave puisqu’il ne réalisera rien, retrouvant ainsi le fil conducteur de son œuvre passée.

Cette contribution à nos villes valait bien un grand prix d’urbanisme. Mais son succès est aujourd’hui complet : il est désormais Truffe de Plumes.



Lundi 7 Juillet 2008


Serge Federbusch
Serge Federbusch


1.Posté par Georgesdm le 07/07/2008 21:55
La posture est difficiel. Vouloir en être, mais faire croire qu'on est intransigeant sur les principes. Ne t'inquiète pas Camarade, un moment de honte est vite bu, tandis que la soupe est si bonne.

2.Posté par jeanmart le 17/09/2010 15:56
le grand prix national d’urbanisme à David MANGIN. On rêve ce monsieur qui n'a fait aucune étude aucune réflexion sur l'environnement du quartier dans le cadre de l'aménagement des Halles. Il supprime l'escalator direct rue Pierre Lescot et modifie les autres de façon à ce que les usagers du RER se dispersent dans le centre commercial (il l'a écrit), seul pour lui compte les intérêts du Groupe UNIBAIL et ses amitiés intéressé avec DELANOË

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