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1 – Le rodéo continue

Ô combien de messages rageurs des partisans de Fillon, combien de menaces de désabonnement à Atlantico ai-je reçu pour avoir dit dès le premier quart d’heure de cette affaire que les choses étaient très mal engagées. Mais non, il faut absolument que la discipline de parti, le refus des évidences embrument les esprits.

Quoi qu’il en soit, Fillon a décidé de jouer la confrontation, en réalité l’animosité des Français contre les juges. Il campe sur sa ligne de défense et entretient la confusion entre emploi de sa famille et emploi fictif tout court. Cela peut marcher à ceci près que d’autres révélations viendront sûrement et que ses proches, même s’il est élu président, ne seront pas protégés des jugements et mesures coercitives. Le climat institutionnel serait irrespirable. Bref, c’est une étape supplémentaire dans l’altération du fonctionnement régulier des pouvoirs publics.



2 – Macron : la cristallisation des imbéciles


Dans cette foire d’empoigne et de vanité dénommée campagne pour l’élection du huitième président de la Cinquième république française, tout était jusqu’alors fluide et indécis. Une majorité de Français en avait assez du régime bipartisan du LRPS mais ni le Front national ni celui de gauche n’offraient d’alternative crédible. Quant au centre, c’était l’enfant mort-né de tous les scrutins.

Les choses sont peut-être en train de changer et les opinions et intentions de vote de se solidifier, de cristalliser en quelque sorte. Non par référence au processus décrit par Stendhal où un amoureux idéalise l’objet de ses sentiments mais au sens chimique du terme, quand les opinions passent dans le tamis électoral pour se transformer en vote.

Emmanuel Macron est pour l’heure le principal bénéficiaire de cette réaction chimico-politique. Quel est le ressort profond de son succès temporaire ? Les Français n’ont décidément pas envie de rembourser leurs énormes dettes, les plus de deux mille milliards d’euros contractés depuis des décennies pour entretenir le soi-disant Etat-providence. François Hollande s’était fait élire, en 2012, en faisant croire que la mystérieuse «finance ennemie» paierait les violons du bal. Ce ne fut bien sûr pas le cas.

Arrive alors son clone, qui entend rééditer la mystification, sans même avoir à stigmatiser les milieux financiers et les «riches». Fils spirituel aîné de Hollande et Royal, Macron multiplie les formules incantatoires, sentimentalise la politique, il nous «aime», nous «comprend». En réalité, son programme ne contient aucune mesure difficile, pénible ou curative. Au contraire, il continue de saupoudrer les promesses comme celles qu’il vient de faire aux agriculteurs. Les économies budgétaires qu’il prévoit sont anecdotiques alors qu’il annonce haut et fort une exonération de taxe d’habitation pour 80 % des Français sans expliquer comment elle serait financée.

Macron, c’est le déficit budgétaire mis sous soins palliatifs, travestis de verbeuses considérations sur le renouveau démocratique. Les Français pourront continuer de rêver le temps d’une campagne. Comme sous Hollande, la réalité sera bien sûr très différente. Ce sera celle de la poursuite du processus délétère qui mine la France : une oligarchie financière qui paupérise les classes moyennes et laisse le contrôle des banlieues aux islamistes pour s’assurer de la paix sociale.

Pour réformer l’Etat, il faudrait commencer par supprimer ses grands corps. Pur produit de l’Inspection des finances, Macron ne le fera pas. Pour défendre la laïcité, il faudrait expulser les trente ou quarante mille salafistes qui font de plus en plus régner leur loi sur les banlieues. Macron ne parle que de compromis avec l’islam réactionnaire. Je fais le pari que, Lui-Président, des gamines voilées se présenteraient vite dans les collèges et les lycées et que l’Etat n’osera pas les renvoyer. Pour redonner de l’oxygène aux petites et moyennes industries françaises, principales victimes de la crise depuis trente ans, il faudrait obtenir de la BCE et des Allemands que le taux de change de l’euro soit encore dévalué de 20 % et reste bas durant des années. Macron ne se donnera pas les moyens politiques de l’imposer car cela passe par une menace crédible de sortie de l’Union monétaire.

Bref, pour que rien ne change dans le drame français, il faudra que tout change dans sa comédie. Et Macron n’est que le nom, le personnage de ce troc de rôles. Les imbéciles qui ont cru à Hollande voteront pour lui avec les mêmes probabilités de déchanter rapidement. A ceci près que ni la conjoncture mondiale, ni la majorité de l’Assemblée ne lui seraient aussi favorables qu’à son prédécesseur.

François Fillon aurait pu engager des réformes plus sérieuses. Certes, son projet de plus grande austérité péchait, lui-aussi, par la difficulté de le mettre en œuvre sans desserrer le licou du taux de change de l’euro. Mais son inspiration globale était plus franche et son souci affiché de lutter contre le communautarisme de meilleur augure. Las ! Il s’est pris les pieds dans le tapis d’arrangements crapoteux pour arrondir ses fins de mois. La justice et les médias de gauche ne le lâcheront pas et il reste en zone de grand danger, toujours menacé de relégation en troisième place malgré son choix de se maintenir dans la course coûte que coûte.

En réalité, tout l’électorat flottant qui envisageait de voter pour Fillon tout en éprouvant de la réticence pour l’austérité de son programme a désormais un prétexte, celui des « affaires », pour ne plus le choisir. C’est pourquoi sa tentative pour replacer le débat sur le fond des sujets est et restera vouée à l’échec. Il lui faudrait plutôt purger une bonne fois pour toute le « Penelopegate », ce qui ne sera pas possible.

Reste Marine Le Pen qui se renforce jour après jour et a elle-aussi bien fait, politiquement parlant, d’envoyer juges et policiers aux pelotes. C’est un acte concret de résistance à la classe dirigeante susceptible de plaire au-delà de l’électorat frontiste. Certes, ses promesses en matière de retraite, de gel de tout effort réel dans la fonction publique ou de baisse des impôts sont démagogiques elles-aussi. Mais elles lui permettent de ratisser large et de complaire à cette partie très majoritaire du peuple qui espère, sans trop comprendre les mécanismes en jeu, que la montagne de dette publique, dont une grande partie est détenue par des non-résidents, n’aura pas à être remboursée.


Quoi qu’il arrive, la crise politique couve et risque de sa traduire par la figure imposée de toute république finissante : la banqueroute.

Les processus révolutionnaires ne sont souvent qu’une mise en scène inconsciente et collective de la répudiation des dettes. Ceux qui les mettent en œuvre à leur corps plus ou moins défendant finissent mal. Le vainqueur de mai prochain a plus de souci à se faire que les futurs et nombreux vaincus.


Mercredi 1 Mars 2017
Serge Federbusch






1.Posté par Brindille le 01/03/2017 19:09
Courage Serge !
Celui qui dit la vérité sera exécuté ... C'est bien connu !

2.Posté par Rémy le 01/03/2017 19:30
Analyse extrêmement brillante de la situation française actuelle
Tout est résumé dans la phrase : " les Français ne veulent pas rembourser leur dette" et plus encore ils veulent continuer à la creuser pour maintenir un train de vie qu'on leur présente depuis Giscard et Mitterrand comme un dû : le fameux modèle social français
Mais il y a toujours un moment où il faut s’assoir à la table des conséquences et assumer ses choix
Fillon aurait dû être plus agressif voir méchant mais il est trop bien élevé pour ça et le pire est que face aux énormes faits de corruption de la droite gaulliste depuis 58, il est sans doute propre
Cette horrible mascarade me fait penser à l’élection US de 2012 : ils ont refusé Romney, ils ont eu Trump quatre ans plus tard

3.Posté par der garnement le 01/03/2017 20:30 (depuis mobile)
Macron = poudre de perlimpinpin aux yeux, au salon de l'' agriculture il a reçu des oeufs dans la figure ☺ et si Fillon coule, les votes iront à MLP 😏

4.Posté par blaireau de la grande couronne le 01/03/2017 21:36
Cette affaire me donne la nausée, que Fillon ait été pris la main dans le pot de confiture n'est à mes yeux pas pire qu'une gauche parfaitement au courant des frasques de DSK. Seulement dans le cas de Fillon c'est la gauche française bien pensante qui a envoyé les journalistes à la curée alors que dans le cas de DSK un journaliste que je ne nommerai pas à trouvé que les américains s'énervaient beaucoup pour "un simple troussage de domestique".
Je ne voterai pas en ce qui me concerne pour un concept marketing incarné par Macron...je ne voterai pas tout court, car ce lynchage médiatique orchestré montre de quoi sont capables des gens qui n'ont pas la moindre idée d'un programme cohérent et qui n'ont pas été capables de se représenter au bout d'un quinquénat.

5.Posté par aurel le 01/03/2017 22:24
La France va dans le mur, et la zone Euro avec, MLP ou pas; si Trump se maintient au US, l'Euro sera torpillé tôt ou tard : en 2015 c'est Obama qui a empêché Merckel et Schauble de virer la Grèce, à la prochaine crise de la zone Trump ne bougera pas et le mur de la dette va nous tomber sur la tête, avec un pays non dirigé comme la France (Macron n'aura aucune majorité) nous serons à l'épicentre de la crise.
Une seule question terrible : Faut-il faire ses valises ? Et pour aller où ?

6.Posté par bouquiniste1 le 02/03/2017 10:48
pour moi je vais vous choquer , il faut viré tout le monde et faire d urgence un veritable pays de l europe les etats unis d europe voila ce qu il faut et cela fait tres peur aux americains et pas seulement a eux .

a si charlemagne avait tuer 2 de ses fils nous n en serions pas la

7.Posté par Menfin le 02/03/2017 11:26
Si ça continue comme ça, entre le torpillage de Fillon par la Gestapo Elyséenne, et la mise en avant du gigolo sans autre programme que continuer à piller (et islamiser) la France, on va se retrouver avec un second tour Mélenchon/Le Pen ou Hamon/le Pen.
En effet il ne reste que les valises.

8.Posté par Jean-Pierre le 02/03/2017 13:11
Une fois n'est pas coutume, je ne partage pas la très intéressante analyse de SF !
Non pas que je croie encore en les chances de Fillon, qui a raté la porte de sortie que certains lui montraient à droite. C'est hélas bien fini pour lui, ses adversaires surtout socialistes de la rue du Faubourg Saint Honoré, le tiennent et ne le lâcheront pas. Il est grillé définitivement pour 2017.
Je pense que l'élection Présidentielle n'est pas une affaire de programme, condition aujourd'hui importante mais dépassée, insuffisante, mais plutôt d'adhésion ou de refus / rejet d'une personnalité.
Fillon a certes convaincu la droite de la nécessité de réformes "dures", mais on doit aussi constater qu'il a clairement éliminé l'homme Sarkozy comme l'homme Juppé, en en caricaturant les défauts personnels.
A la suite de sa brillante performance de la primaire, un long passage à vide de près de 2 mois lui a fait perdre un grand nombre d'intentions de vote, plus encore que l'affaire Pénélope. Se retrancher dans le mutisme alors que les français voulaient faire sa connaissance, c'était l'erreur fatale. On comprend que celui qui se découvre est attaquable alors que celui qui disparait ne l'est pas, mais on perçoit le manque d'empathie, de contact avec les français à travers les médias qui s'imposait, à mon sens.
L'affaire Pénélope, dérisoire au fond, n'aurait jamais eu prise dans l'opinion si Fillon avait fait passer le courant avec les Français.
Inversement, on voit bien que Macron comme Le Pen brillent dans cette faculté de paraitre et de plaire même sans offrir de programme crédible, raisonnable.
L'idée que la fuite des français devant la nécessité de rembourser la dette et de faire des efforts de redressement me semble tout à fait secondaire.
Je pense que Fillon a échoué à imposer sa personne plutôt que son programme, ce que ses adversaires font à merveille. Il est trop froid, trop distant, trop secret, pour le poste. Ce qui est acceptable pour un Premier Ministre, gestionnaire du pays, ne l'est pas pour le Président dans lequel une majorité de français doit se reconnaitre.

9.Posté par Béret vert le 02/03/2017 17:59
Quelle analyse convaincante. Dit en passant, j'ai vu deux interventions à la TV dernièrement qui m'ont assez impressionné. Celle de monsieur Federbusch la semaine dernière sur LCI, et ensuite hier sur LCP Dupont-Aignan plus en verve que d'habitude. Il est vrai que pour NDA, le cas Fillon a de quoi lui donner des ailes.

10.Posté par Parisien le 02/03/2017 18:55
Cette histoire de Fillon pose 2 questions de fond: qu'est ce qu'un emploi fictif et Fillon est-il à la hauteur de la responsabilité à laquelle il postule?
Si un emploi est fictif quand la rémunération n'est pas associée à un travail au bénéfice de celui qui la verse et en rapport avec la paye, alors il faut considérer en emploi fictif une bonne partie des syndicalistes qui sont payés par les entreprises mais détachés au syndicat (j'en ai connu qui touchaient même des jetons de présence comme les autres administrateurs). Ajoutons les municipaux qui sont placés comme électeurs, à Paris on connait (on s'est déplacé 5 fois en mairie pour une simple modification d'adresse sur une carte grise). Ajoutons encore les planqués par le gouvernement dans les entreprises d'état pour ne pas plomber le chiffre du chomage (j'ai connu quand Balamou était 1ier ministre). Etc... Donc si on tire sur Fillon, il ne faut pas oublier de dénoncer les autres abus, ceux de gauche en particulier.
Autre question, Fillon est-il à la hauteur? Incapable de réunir son camp, jouant la victime, hier de Copé aujourd'hui des juges, demain de Poutine, de Trump? Pas d'anticipation, droit dans ses bottes, est-ce une vertu d'un politique? On a vu avec notre président normal.
Donc cet épisode de la campagne est un révélateur du parti pris des accusateurs et de l'incompétence du postulant.

11.Posté par jibehem le 03/03/2017 22:15
la dette d'un état n'est pas un prêt immobilier sur 20 ans, cette dette ne se rembourse jamais, un état de meure pas, elle se finance au jour le jour. aujourd'hui moins cher cher qu'hier, et demain qui sait. Berlusconi a bel et bien été éjecté en quelques jours, par une manipulation massive du taux de la dette italienne. Tsipras aussi a du céder fissa. mais leurs dettes n'ont pas bougé

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