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Cambadélis et Hollande : oui aux paradis artificiels, non aux paradis fiscaux !



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1 - Moscovici, Bruxelles lui réussit

«La révolution de la transparence est partie, elle ne s’arrêtera pas» vient de déclarer à propos des «Panama papers» le sans-culotte et sans épargne apparente Pierre Moscovici, ambassadeur des déficits français à Bruxelles. Il était interrogé par le Monde, qui passe son temps à agiter ce sujet ou la minuscule affaire des écoutes téléphoniques de Thierry Solère pour faire oublier les déboires du pouvoir.

Rappelez-moi, en fait de transparence, comment s’est illustré Moscovici dans l’affaire Cahuzac ? L’air de Bruxelles a dû le réveiller.


2 - Mou, mou, mou le printemps sera mou !

Il faut résister à la tentation de se moquer des jeunes et moins jeunes qui se remontent le moral place de la République. Certes, ils sont manipulés par les crypto-mélenchonistes et autres agités d’Attac qui pensent, qu’avec 58 % du PIB englouti dans les dépenses publiques, la France ne donne pas assez dans le socialisme. Mais comprenons-les, beaucoup sont traumatisés, rêvent d’être allocataires ou fonctionnaires, ont peur de l’horrible exploitation de l’homme par l’homme qui domine dans l’entreprise, n’ont rien appris de l’échec systématique de toutes les formules socialistes depuis des siècles.

Les plus sincères méritent notre compassion tant il est vrai que la France réserve un triste sort à sa jeunesse, qui va de stages en stages, de CDD en CDD, d’études inutiles en emplois bidons. Bien sûr, les discutailleurs de la place de la République confondent la cause et les effets. Ce qui les prive des opportunités qui s’offrent à d’autres, c’est précisément le système qu’ils veulent défendre, celui voulu par des bureaucrates repus et des rentiers planqués qui leur mangent discrètement la laine sur le dos. Les embusqués de la politique et du secteur public font peser sur le système productif une charge qui explique en grande partie les déboires de la France et les difficultés de sa jeunesse.

Quelle chance a, dans ces conditions, le mouvement né la semaine dernière de perdurer et d’amplifier ? Elles sont très faibles. Valls a vidé la loi El Khomri de tout contenu sauf celui qui taxe davantage les entreprises. Il a commencé la distribution des sucettes à la récré : les aides en tout genre, bourses d’études sans études et autres revenus de solidarité sans solidarité, annoncées pour désamorcer la mobilisation avoisinent déjà les sept cents millions d’euros annuels. Pour marquer les esprits, on prononcera bientôt le mot magique de «milliard». Puisque Bruxelles, c’est à dire Moscovici encore lui, a décidé de ne même plus faire semblant de s’offusquer des déficits français pourquoi se priver ?

Beaucoup de syndicalistes «jaunes», flattés par un rendez-vous à Matignon et rêvant d’une carrière d’apparatchik après leur passage à l’Unef sont prêts à clore doucettement les festivités. Mieux encore, Cambadélis parle d’autoriser les paradis artificiels au moment où Hollande veut combattre les paradis fiscaux !


Pourtant, un danger menace l’Etat : le beau temps. En effet, l’homme, surtout jeune, ne vit pas que d’argent ou d’un peu de cannabis émollient. Il lui faut de l’épopée, de la poésie, de l’élan. La machine à subventions ne suffira peut-être pas, le temps d’un printemps, à combler son besoin de gaité et d’enthousiasme, d’amours éphémères sur le pavé de Paris, de chants et de danses. Woodstock à la République : c’est drôlement plus excitant tout de même que de reprendre le chemin des amphis et des examens même en tirant de temps à autre une taffe odorante.

Valls, qui n’a jamais travaillé autrement que dans la politicaillerie, connaît ses classiques. il lui faut à tout prix éviter la bastonnade, le coup de matraque, le mort accidentel qui embraserait facultés et lycées. La police va devoir se tenir à carreau dans les jours qui viennent. On lui a donc promis, pour adoucir ses peines, quelques centaines de millions d’euros elle aussi. Quant aux syndicats de salariés, qui pourraient être tentés de joindre le mouvement s’il connaissait une brutale emballée, ils seront bercés de tendres paroles.

Bref, tant que le gouvernement, ou ce qu’il en reste, peut continuer à creuser des déficits qui ne se réduisent que facticement, la machine à acheter la paix sociale sera en mesure de circonscrire les veilleurs de gauche au piètre et marginal destin de ceux de droite il y a deux ans. Enfin ... en politique, on n’est jamais à l’abri d’une surprise et d’un prurit printanier.


3 - Primaires démontées

Cambadélis a renvoyé à décembre la tenue d’éventuelles primaires à gauche, pile poil le moment où il sera trop tard pour les organiser. N’importe quel prétexte fera alors l’affaire. Le ludion Cohn-Bendit proclame déjà qu’elles risquent de ne pouvoir se tenir alors qu’il prétendait en être l’un des organisateurs. Bah ... du moment que Montebourg, Hamon et autres Liennemann décident de s’y colleter coûte que coûte, ce n’est pas très grave.


4 - Macronprinz

Dernier avatar des candidats fabriqués par les médias et les agences de com’, Macron distraie la galerie des portraits de présidentiables. Puisque le pouvoir a été transféré à Bruxelles et Francfort, certains imaginent même un magnifique «ticket» d’inspecteurs des finances pour gérer les affaires courantes, un vieux de droite à l’Elysée avec Juppé, un jeune de gauche à Matignon avec Macron, la différence idéologique entre les deux étant aussi épaisse que la feuille du papier à cigarette que Cambadélis veut dealer avec la jeunesse.

La France, enfer fiscal naturel.

Mercredi 13 Avril 2016
Serge Federbusch





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