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Conseil à mes amis allemands : quittez l'euro tant qu'il est temps !



Votre pot aux roses de la semaine !



Au bon vieux temps
Au bon vieux temps
1 - Veuillez cacher ces chiffres que les médias ne sauraient rassembler

En quinze jours à peine, dix-sept innocents ont été occis par trois tarés qui y ont laissé leur peau ; huit militaires ont péri dans un accident stupide sur un tarmac espagnol et un quidam a été descendu dans un hôtel de Tripoli. Tout cela s’est produit au moment où le cadavre d’Hervé Gourdel était rapatrié. Dans le climat de concorde nationale sur-jouée et de glorification médiatique de Valls, ces nombres cruels ne sont pas mis bout à bout. Ils témoignent pourtant que la vie des Français a quelque chose de fragile ces derniers temps. N’inquiétons pas nos compatriotes, il faut qu’ils se réjouissent de vivre dans une France apaisée et sereine vantée par leur président.

Comment ? Que dites vous ? Au même moment le chômage a pulvérisé tous ses records ? Cinq millions cinq cent mille victimes en comptant les Dom mais en excluant tous les stages et contrats bidons et la masse de ceux qui renoncent à s’inscrire à Pôle emploi ou sont déclarés inaptes pour raisons soi-disant médicales. La réalité est que la France compte quasiment autant de chômeurs que l’Espagne. Mais, là aussi, le sujet ne tient que quelques heures à la «une» des journaux.

Le Français est un produit en solde, c’est de saison.


2 - Conseil à mes amis Allemands : quittez vite l’euro !


Bien chers Teutons,

Pour vous, l'heure est grave. Coup sur coup, on vous a conviés à deux parties de bonneteau jouées par les pays dits du Sud sous le regard complice des institutions européennes qui servent de «barons», selon le vocabulaire en vigueur pour ces attrape-nigauds.

Cela a commencé par la draghinade dite de l’assouplissement quantitatif. A raison de 60 milliards d’euros par mois, la BCE et les banques centrales de l’Euroland vont racheter de la dette publique. On remarquera d’abord que la BCE ne prend à sa charge qu’un cinquième de l’opération. L’essentiel du risque sera logé dans les comptes des banques centrales nationales. Voilà une forme discrète de détricotage du système monétaire commun.

Bah, l’essentiel, nous dit-on, est que les banques commerciales seront incitées à réorienter leurs prêts vers les entreprises et les particuliers, ce qui réduira les taux d’intérêt pratiqués. Hum ... curieusement, ces taux sont déjà au plus bas et quelques dixièmes de points en moins n’auront que peu d’impact. Aux Etats-Unis, Mecque du «Quantitative easing», ils sont d'ailleurs plus élevés qu’en Europe. Mais passons ...
Et espérons que les banques commerciales, censées prêter davantage, ne préfèrent pas tout simplement se délester de leurs obligations d'Etat les plus douteuses sans distribuer quelque crédit supplémentaire que ce soit. Après tout, rien ne les y oblige et leur rentabilité actuelle est déjà correcte. Il faut dire que les Etats leur ont racheté une grosse partie de leurs créances pourries. Le crime est presque parfait.

Depuis trois ans, la relance de l’activité, notable en Amérique, moindre en Grande-Bretagne et qui donne déjà des signes de faiblesse au Japon, est due à la baisse des devises de ces pays autant qu’à la création monétaire. Tout comme le recul du chômage est lié à des réformes du marché du travail. La BCE aurait pu doper l'économie européenne en rachetant du dollar, du Yen et du Sterling, ce qui aurait assuré une dépréciation de l'euro vis-à-vis de l’ensemble de ces monnaies et pas seulement du dollar. Mais elle a préféré prendre un marteau pour partir à la chasse aux mouches.

Admettons même que l’activité soit légèrement ragaillardie par la planche à billets. Que vont faire les Etats cigales, soulagés des milliards qu’ils n’auront pas à faire avaler aux marchés? Aucune réforme structurelle nouvelle n'est envisagée. Si l'on prend l'exemple français, une fois suspendus les colifichets de Macron, Hollande est bien décidé à ne plus toucher à rien pour ne pas s'attirer les foudres de l'aile gauche du parti socialiste. Le chemin est long d'ici la présidentielle, surtout quand on fait du surplace ... Et le gouffre sans fond des subventions aux régimes spéciaux, des allocations en tout genre et des dépenses d'administrations pléthoriques n’est près d'être comblé.

Dans ce contexte, le cas grec est on ne peut plus inquiétant pour vous, chers Allemands.

On distrait actuellement l'opinion avec la dette hellène. Le FMI et la BCE ne veulent pas renoncer à leurs créances ni même les ré-échelonner pour cause de statuts. Ce sera donc aux Etats européens de s'y coller et ils devront y griller une partie de la facilité de financement que la BCE va leur offrir. On fera beaucoup de mimiques et de grimaces mais, comme la coalition internationale de technocrates qui nous gouverne ne veut pas perdre ses jobs, on finira sans doute par trouver un accord.

Certes. Mais Tsipras n'est pas arrivé au pouvoir avec ce seul programme de renégociation des dettes. Il a aussi annoncé une vaste régalade d'emplois publics, de hausse de salaires et de dépenses électoralistes diverses. Sauf à perdre très rapidement tout crédit et le contrôle du parlement, il va devoir les mettre en oeuvre. Les difficultés grecques reviendront dare-dare et le déficit budgétaire repartira à la hausse, rendant inévitable une nouvelle crise de la dette à moyenne échéance.

Ce petit jeu finira par lasser les marchés et l'étau dans lequel est prise votre épargne, amis Allemands, se resserrera. La baisse de l'intérêt doublée d'une baisse de l'euro siphonnera une bonne partie des économies que vous avez durement constituées. Pas terrible, pour un pays qui compte tant de retraités dont le capital est davantage investi en produits financiers qu'en immobilier ... Pour vous, la politique du Pirée est la pire des politiques.

Bref, amis allemands, il serait temps d'envisager la poudre d'escampette. Si vous retrouvez votre bon vieux mark, vos exportations en souffriront peut-être mais elles sont tellement vigoureuses aujourd'hui que le problème est bénin pour longtemps. En revanche, votre épargne sera à l'abri et votre capital se valorisera face à tous ces méridionaux laxistes.
Mais ces derniers ne vous en voudront pas ! Conservant un euro déprécié, ils n'auront pas à renégocier leur dette avec des créanciers floués, au contraire de ce qui se produirait s'ils rétablissaient franc, lire, peseta ou drachme. Avec une banque centrale définitivement à leur solde, ils pourront redécouvrir les délices de la dévaluation compétitive, qui répugnait peut-être aux Pères-la-rigueur mais qui, ma foi, produisait davantage de croissance et mettait plus directement les gouvernements devant les conséquences de leur impéritie. L'inflation est une fièvre, l'endettement un cancer. Et, de deux maux, il faut choisir le moindre.

Chers amis Allemands, n'écoutez pas ceux qui vous parlent de solidarité européenne. Soyez libéraux : c'est en défendant vos intérêts personnels que vous oeuvrerez à l'intérêt collectif. C’est notre alternative pour l’Allemagne.



Jeudi 29 Janvier 2015
Serge Federbusch





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