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Culturopolis, nouveau zapping branchetouille du Delanopolis !



Pour vous changer des bisbilles à l'UMP et oublier la hausse du chômage et les visages inexpressifs de Hollande et Hidalgo (Ho-Hi), rien de tel qu'un petit détour cette semaine sur les contreforts de Chaillot.



Otage aux mains ou prise de tête chez les Gaullistes ?
Otage aux mains ou prise de tête chez les Gaullistes ?
Commençons par une perspective martiale sur les arts en France de 1937 à 1948, grosso-modo de l'immédiat avant à l'immédiat après-guerre. L'exposition qui nous remémore cette dure époque, au Musée d'art moderne de la ville est exhaustive et magnifique. Certes, il vaut mieux ne pas s'énerver à la lecture du grand panneau de rappel chronologique à l'entrée des salles. Il est truffé d'approximations et d'erreurs et véhicule sans le savoir pas mal de révisionnisme. Ainsi cette irritante tendance à qualifier de "nazie" l'armée qui envahit la France en 1940, la population qui occupa notre pays et le brutalisa avant d'en être chassée. Elle porte en réalité un autre nom, tout simple : les Allemands. Faire mine de considérer qu'une sorte de peuplade extra-terrestre avait débarqué Outre-Rhin, portant le nom de Nazis, pour ensuite prendre ses quartiers en France, traduit la gêne à appeler un chat un chat et Allemand un Allemand. Techniquement du reste, la seule force armée qui pourrait être qualifiée de nazie est la SS. C'est peut-être dur à avaler en ces temps politiquement corrects mais il y eut une adéquation très forte entre le régime hitlérien et les Allemands jusqu'en 1943 au moins.

Quoi qu'il en soit, l'exposition montre bien l'angoisse que traduisait le surréalisme face à la montée de périls mal compris avant-guerre puis les réactions diverses et variées des milieux artistiques français, de la pure et simple collaboration à la résistance totale, peu fréquente pour la première, très rare pour la seconde. Entre les deux, un peuple qui s'employait à survivre et ne put pas faire grand chose, l'aurait-il voulu, pour les étrangers présents sur son sol et qui furent les principales victimes de la furie germano-nazie. Cette fois, je l'ai dis.

Appréciez toutes ces oeuvres magnifiques et poignantes, avec une mention particulière pour la série des otages de Fautrier, une pure merveille d'expressionnisme abstrait.

Non loin de là, à Guimet, le thé infuse dans tous ses récipients, boisson d'harmonie et de raffinement qui fut prétexte à la fabrication de merveilleux objets et au développement des échanges entre l'Orient et l'Occident. La révolution de la porcelaine et les subtilités des noeuds des Geishas et des courtisanes, lacés dans le dos pour les premières, sur le ventre pour les secondes : on redécouvre tant de chose en humant le parfum de cette feuille merveilleuse. Un petit détour devant les estampes et peintures d'Hokusaï, dans la rotonde du deuxième étage, n'est pas sans intérêt.



Mardi 27 Novembre 2012
Serge Federbusch





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