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Les députés n'ont pas osé le Flanxit !



Malgré les exhortations, il est vrai sans illusions, du Pot aux Roses les députés ont préféré voir le match de foot à se débarrasser de Mou-Président.

Tant pis pour eux !



Une existence de tout repos
Une existence de tout repos
1 – La proie et l’ombre

Si les frondeurs socialistes et assimilés étaient parvenus à présenter une motion de censure en réunissant 58 signataires, les députés de droite auraient cédé à la peur de la déflagration immédiate et ne l'auraient sans doute pas votée, préférant voir le match de foot France-Allemagne comme Ponce Pilate se lavait les mains ou prétexter que leur circonscription les retenait ce jour-là.

Les arrière-pensées des caciques Républicains sont en effet nombreuses. La plus importante est l’idée que François Hollande et l’Elysée tomberont comme des fruits mûrs dans leur escarcelle en mai 2017 et que cette victoire aura un effet d’entraînement sur les élections législatives. Mais c’est lâcher la proie pour l’ombre.

Un triomphe de la droite serait quasiment certain si les législatives avaient lieu en septembre, après que la gauche se soit étripée entre pro et anti Hollande. Alors que des événements imprévisibles d’ordre international, des actes terroristes ou des primaires « républicaines » ratées à la fin de 2016 pourraient rouvrir le jeu et sauver in extremis Hollande et le PS si l’on attend l’échéance de 2017. Jusqu’à mercredi, le gouvernement et, par un effet domino, le président étaient des proies. Depuis, ils se sont transformés en des ombres plus difficilement saisissables une fois passé l’écueil de la censure.

Pourtant, si la droite exigeait la démission de Hollande après des élections législatives anticipées en refusant de former un gouvernement, le président serait contraint de se démettre, provoquant avec six mois d’avance la fin de ses souffrances et de celles du pays.

Il faut hélas tenir compte des calculs tordus des uns et des autres dans la perspective des primaires de la droite. Celles-ci n’auraient effectivement plus lieu d’être avant les législatives et seraient plus délicates à organiser après. Juppéistes et Fillonistes peuvent craindre que Sarkozy ait alors une longueur d’avance.

Pourtant, après un triomphe aux législatives, n’ayant plus à redouter ni socialistes ni frontistes, le jeu serait plus ouvert et détendu et le scrutin présidentiel s’inscrirait dans la continuité de celui ayant renouvelé l’Assemblée. Il serait malgré tout possible de découpler primaires et action gouvernementale. Le risque de voir les candidats proches du nouveau président entrer en conflit avec ceux investis par le parti serait conjuré.

Surtout, cette inversion du calendrier électoral rééquilibrerait le fonctionnement institutionnel au profit du Parlement et atténuerait la démente personnalisation du pouvoir qui s’est emparée de la France depuis des décennies. Nous sommes allés trop loin, beaucoup plus loin même que la vision gaullienne, dans l’accentuation du leadership présidentiel. Le pouvoir d’un seul, dans une société aussi complexe et contradictoire que la nôtre, n’est le pouvoir de personne. En réalité, sauf à s’enferrer dans une quête narcissique au résultat hautement aléatoire pour chacun, tous les leaders de la droite auraient à y gagner.

Triangulaires et quadrangulaires, hors effet d’entraînement post-présidentiel, offriraient sans doute un peu plus d’élus au Front national, au Modem et au Front de gauche ce qui leur éviterait l’ostracisme pénible dans lequel ils sont confinés qui n’est pas sain pour la démocratie. Une censure suivie d’une dissolution serait donc une chance pour la France, les effets délétères de l’immobilisme de Mou-Président seraient un peu conjurés et la France gagnerait six mois, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent, pour s’atteler au traitement de ses immenses problèmes.

Hélas, il est peu probable que la Cinquième République déliquescente, par une propension spinozienne à persévérer dans ses erreurs, puisse éviter d’aller au terme de son déclin. Il faut peut-être que rien ne change pour qu’un jour tout change. Du reste, de censure il n'y eut pas ...


2 – L’enfumage fiscal est de retour

D’un côté, le bonimenteur élyséen annonce qu’il sera possible de décider d’une baisse des impôts fin 2017, une promesse qui n’engage que ceux qui n’ont pas compris que des élections se tiendront auparavant. D’un autre côté, son gouvernement fait adopter immédiatement une réforme qui va permettre aux régions d’augmenter la fiscalité locale de plusieurs centaines de millions d’euros. Au total, taxes en tout genre et dépenses publiques continueront de prospérer, donnant une savoureuse traduction aux mirages présidentiels.


3 – My Brexit is rich

Ceux qui à longueur d’année soutiennent Hollande et ses manipulations dilatoires n’ont pas de mots assez durs pour les Britanniques qui n’ont pas déjà achevé le Brexit. Décidément, le fait qu’un peuple ait le courage d’envoyer promener oligarchie et médias dominants continue de les bouleverser.
En attendant, la France de Hollande sera l’une des principales victimes du Brexit et les rodomontades sur la possibilité de récupérer les activités de la City sont des fantasmes. Notre bureaucratie délirante et notre fiscalité ruinent tout espoir en ce sens. En revanche, l’économie britannique va nous concurrencer à plein, stimulée par la baisse de la livre et des impôts.
De plus, l’incertitude sur les marchés financiers et la lumière crue jetée sur la situation du système bancaire continental contribueront à miner un peu plus la confiance en la politique de « Quantitative easing » menée par la BCE.
Une fois encore, la France ferait mieux de songer à tendre la main à Londres et à prendre plus de distances avec Berlin. L’avenir de notre pays passe par son adhésion à une sorte d’AELE refondée, simple accord de libre-échange sans bureaucratie inutile ni tarif extérieur commun, plus que par le maintien d’une Union européenne en état de respiration artificielle.

Samedi 9 Juillet 2016
Serge Federbusch






1.Posté par Ming le 11/07/2016 10:47
les grandes banques américaines ont renouvelé leur confiance à la Grande Bretagne malgré le Brexit, ceux qui espèrent récupérer la place financière de Londres risquent d'être déçus!

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