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Quand François Fillon et Cécile Duflot échangent leurs crimes !




Une saynette de pure politique-friction du Delanopolis littéraire !



Quand François Fillon et Cécile Duflot échangent leurs crimes !
Le rideau se lève.

La scène se passe dans un bistro parisien qui pourrait s'appeler "la coopérative", ou "la cantine du prolo", un de ces cafés grimés en lieu de mémoire populaire, un fantôme du Paris ouvrier qui vient hululer à l'oreille des intellos précarisés, un attrape-bobos en quelque sorte.


François Fillon et Cécile Duflot se font dos, assis de part et d'autre d'une banquette qui se prolonge d'une vitre opaque montante. Le skaï crisse sous leurs popotins car ils sont nerveux : ils discutent avec leurs conseillers en com' et se font beaucoup de souci.

D'un côté de la banquette : François, premier ministre et Gaëtan, spin doctor ; de l'autre côté, Cécile, apparatchik Verte et Alexandra, spin doctoresse.


François : " Quelle guigne cette Rachida ! Comment s'en débarrasser ? "

Gaëtan : " Nous faire ça, c'est honteux, le parasitage du parachutage."

François : " Et Matignon, ça se trouve où, à Pétaouchnoque ? C'est dans le 7ème que je sache. Vivre et être élu au pays, c'est tout ce que je réclame, elle devrait le comprendre. "

Gaëtan : " On aurait dû la mettre de force en troisième position sur la liste des sénatoriales, son cas était réglé ! "

François : "Je te paye pour avoir des bonnes idées avant, pas après ! Si ça continue, la Cour des comptes va me poser des questions sur la réalité de ton job."

Gaëtan ( l'oeil brillant) : " Et si on la nommait présidente de la Cour des comptes justement ? On débarque le socialo qui nous y emmerde en l'envoyant au Conseil constitutionnel et, à partir de 2012, elle en fera baver à Hollande et sa bande. "

François (considérant avec effroi Gaëtan) : " Tu te fous de moi ou quoi ? Tu imagines l'autre entériner ce montage débile ? "

Au même moment, de l'autre côté de la banquette ...

Cécile : " La poisse ! On n'a pas réussi à trouver le début d'un prétexte à ancrage local à Paris. L'Hidalgo est hystérique et ils sont capables de tout pour m'empêcher de débarquer. "

Alexandra : " Je te répète que la densité d'épicerie bio au kilomètre-carré est la plus forte de France autour du canal Saint-Martin. Bien emballé, ça crée une légitimité. "

Cécile : " Cécile des flots, ça fait un peu penser à la nef parisienne, non ? "

Alexandra : " Enfin, c'est à dire que ..."

Cécile : " Mais non, je plaisante idiote ! "

Alexandra : " Ah, j'ai eu peur."

Cécile : " Comment faire, mais comment faire ?! "


Soudain, François se lève et fait le tour de la banquette.


François : " Par exemple, Cécile Dufflot ! Je vous entendais vous lamenter et j'ai cru que je réfléchissais à haute voix ! "

Cécile : " Et bien moi aussi, figurez-vous ! "

François : " Ce n'est pas une nef mais une galère qui nous attend quai de l'Hôtel de ville. "

Cécile : " Le génie de Paris, c'est pourtant d'accueillir les talents nouveaux, ils devraient le comprendre ces protectionnistes ..."

François : " C'est curieux, tout de même, comme le destin nous rapproche."

Alexandra et Gaëtan, au même moment : "J'ai une idée ! "

Ils se considèrent avec étonnement.

Alexandra et Gaëtan : " Se pourrait-il que ce soit la même ? "

François et Cécile : "Parlez d'une seule voix, car le sort est farceur aujourd'hui."

Alexandra : " Non, je parlerai en premier au nom de la parité. Je vous propose donc d'échanger vos crimes, comme dans un film de Hitchcock."

Gaëtan : " C'est de plus en plus étrange : j'allais vous faire la même suggestion ! "

Alexandra : " François se présente à l'Est et Cécile à l'Ouest."

Gaëtan : "Comme cela, plus d'accusations de circonscriptions de poche et de parachutages qui tiennent ! "

François : " Fort bien mais ... "

Cécile : " Nous allons être battus tous les deux ! "

Alexandra : " Mais non ! L'astuce est simple. François va dans le 10 ème et Cécile dans le 7 ème, têtes hautes et regards au lointain. Nous faisons voter nos militants respectifs en douce pour chacun d'eux. "

Gaëtan : " Exactement. Les Verts et les Bleus, dans ces coins là, ça fait une majorité robuste contre les roses. "

Alexandra : " Les militants sont disciplinés."

Gaëtan : " Ou ils sont virés ! "

François : " Faut voir ..."

Cécile : " Faut réfléchir ..."

François ( à Cécile) : " Cela vous irait ? "

Cécile (à François) : " Et à vous ? "

François : " Pourquoi pas. "

Cécile : " Peut-être bien. "

François : " Ma foi ... "

Cécile : " Allons-y ! "

François : " Banco ! "

Ils tombent dans les bras l'un de l'autre et s'embrassent. Gaëtan et Alexandra les imitent.

François : " Quand j'y pense, ça nous ferait bien une préfiguration d'un gouvernement d'union nationale ça. "

Cécile : " A la grecque ? "

François : " N'exagérons rien ... "

Soudain, les téléphones portables d'Alexandra et Gaëtan se mettent à sonner.

Gaëtan et Alexandra : " Comment ? Nooooon ! "

François et Cécile : " Que se passe-t-il ? "

Gaëtan : " C'est Rachida, elle a craqué, elle adhère à Europe-Ecologie. "

Alexandra : " Et Anne, elle n'en peut plus, elle part à l'UMP ! "

Cécile et François : " Parfait ! nous sommes sauvés ! Nous pouvons reprendre nos projets initiaux ! "

Alexandra et Gaëtan ( regardant leurs chaussures ) : "C'est à dire que ..."

Cécile et François : " Quoi ? "

Gaëtan et Alexandra : " On avait déjà twitté l'échange des crimes ! "

François et Cécile : " Misérables, comment faire maintenant ? Un démentiel démenti ? "

Alexandra et Gaëtan : " Chantez et dansez comme dans un Feydeau, on dira qu'on a appuyé sur la mauvaise touche. "

François et Cécile se prennent par la taille et entament un tango : " Circonscrits en crise ; circonspects en cause ; cir-cons-crip-tions ! "


Le rideau tombe.







Vendredi 4 Novembre 2011
Serge Federbusch






1.Posté par Hipstagazine.com le 08/11/2011 03:34
A cette saynette, talentueuse et drolatique, manque, hélas, la précédente: les échanges avec leurs gourous respectifs, leurs polito-dircoms... ceux dont les honoraires ont pour unité monétaire la RDBG (Rolex Daytona Big Red).
AAActuellement, mieux vaut privilégier les monnaies sûres.

2.Posté par DidierD le 08/11/2011 10:44
Au bon moment à rire du chevalier à la triste figure et de l'hystérique verte. Merci.

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